Francis Yergeau (sur la photo) est accusé, avec un complice allégué, du meurtre prémédité de Nancy Beaulieu et de Martin Bélair.

Procès de Francis Yergeau: l’arme achetée par…un ami

L’arme qui a servi à tuer la Granbyenne Nancy Beaulieu et Martin Bélair, un crime commis à Acton Vale en 2015, aurait été achetée grâce à un ami de ce dernier.

C’est toutefois contre son gré que Patrick Bélanger a utilisé son permis d’achat d’armes de chasse pour rendre service aux deux hommes aujourd’hui accusés d’avoir mis fin aux jours du couple, qui gérait un bar de danseuses nues à Saint-Hyacinthe.

« Je ne dormais plus », a expliqué le garagiste de 38 ans, lundi, au palais de justice de Saint-Hyacinthe. Il a raconté avoir eu peur et s’être senti intimidé.

M. Bélanger témoignait au procès de Francis Yergeau, accusé, avec un complice allégué, du meurtre prémédité de Mme Beaulieu et de M. Bélair. Une ordonnance de non-publication empêche les médias de nommer son coaccusé, qui doit éventuellement subir son propre procès.

Comportement

Le témoin était proche de M. Bélair, qu’il visitait souvent à son bar de la rue des Cascades Ouest. « C’était un bon chum, un gars vraiment smatte, a dit M. Bélanger. Il voulait toujours te mettre un sourire au visage. »

Mais le comportement du propriétaire du Cabaret Flamingo a changé quand, à la fin de 2014, il s’est mis à fréquenter assidument le présumé complice de M. Yergeau, un habitué du bar.

Au dire du témoin, M. Bélair est devenu plus distant et se retirait souvent dans son bureau avec cet homme qui « prenait beaucoup de place » et se faisait passer pour « un haut placé de la mafia italienne ».

Petit à petit, le complice allégué de Francis Yergeau a exigé de Patrick Bélanger qu’il les accompagne dans une boutique de chasse et pêche pour acheter une arme, sinon « quelque chose de grave » allait lui arriver.

« Je sauvais ma vie », a dit le témoin.

Sablage

L’achat s’est fait à Ottawa en décembre 2014 « parce qu’à l’époque, il n’y avait pas de registre [des armes à feu] en Ontario, donc c’était plus facile à camoufler », a dit M. Bélanger.

« Il disait que c’était pour des gars qui allaient commettre un crime, comme un vol de fourgon. »

À leur retour au Québec, M. Yergeau et son coaccusé, face à qui il paraissait subordonné, ont exigé du témoin qu’il sable le numéro de série de l’arme, un Remington 870 Tactical, un type de fusil à coulisse communément appelé « un 12 ».

Des exercices de tir ont ensuite eu lieu — mais avec une autre arme — à l’intérieur de la cimenterie Groupe MBM d’Acton Vale, où M. Yergeau et son complice allégué travaillaient.

Quelques jours plus tard, soit le 6 janvier 2015, les victimes étaient assassinées, criblées de sept balles, et leurs corps abandonnés dans le parc industriel de Mascouche, dans Lanaudière.

Le mobile du crime n’a pas encore été révélé, mais il pourrait être lié à une transaction de cocaïne.

Projectiles

Un expert en balistique a indiqué, lundi, que les trous de balle retrouvés chez Groupe MBM ne correspondaient pas à un Remington 870 Tactical, mais bien à un fusil de type mitrailleur.

C’est toutefois bel et bien une arme de type « 12 » qui a tué Mme Beaulieu et M. Bélair, a confirmé le balisticien judiciaire Guillaume Arnet, qui a évalué que les projectiles avaient été tirés d’une distance inférieure à deux mètres.

Le procès de Francis Yergeau se poursuit mardi devant le juge Daniel Royer, de la Cour supérieure.