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L’une des présumées victimes du restaurateur Baris Ugurlu (photo) a tenté de se suicider à la suite de l’infraction reprochée.
L’une des présumées victimes du restaurateur Baris Ugurlu (photo) a tenté de se suicider à la suite de l’infraction reprochée.

Procès de Baris Ugurlu: une plaignante a tenté de s’enlever la vie

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
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«Quand j’ai repris contrôle de moi, j’avais le bras tout ouvert. J’avais pesé le plus fort que je pouvais avec une lame. Je me trouvais dégueulasse.»

Un quart de travail en 2019 s’est terminé de façon tragique pour l’une des trois présumées victimes de Baris Ugurlu. L’homme de 47 ans est accusé d’avoir agressé sexuellement trois employées de son restaurant de Sutton.

À son retour chez elle, ce soir-là, la plaignante alors âgée de 17 ans a attenté à sa vie, honteuse de ce qui se serait passé au sous-sol du commerce de la rue Principale.

Résultat: une dizaine de points de suture et une adolescente qui s’isole pendant un an avant d’être convaincue de porter plainte à la police.

«J’ai appris qu’il y a eu d’autres filles et ça m’a démoli», a déclaré la jeune femme au tribunal, vendredi, ses paroles émanant d’une salle séparée et traduites en turc au bénéfice de l’accusé. «J’ai eu peur qu’il arrive quelque chose de pire.»

Alcool et proximité

Toujours selon son témoignage, à son entrée comme serveuse au restaurant Le sultan, l’adolescente trouve «cool» que son patron lui offre de l’alcool.

«Je trouvais que ç’aurait été impoli de refuser et j’étais contente. J’avais 17 ans: pour moi, boire de l’alcool, c’était rare.»

Elle remarque aussi que M. Ugurlu est «très colleux». Cela la rend mal à l’aise «mais je me disais que c’était sa façon d’être, que c’était normal».

À son troisième et dernier quart de travail, il lui offre plusieurs verres très alcoolisés. En fin de soirée, elle se rend fumer au sous-sol. Son patron la rejoint et lui passe le bras par-dessus l’épaule. Ses mains sont baladeuses.

«Beaucoup au niveau de ma poitrine, de mes fesses... Il faisait de plus en plus de mouvements déplacés. Je ne savais pas quoi faire, j’étais sous le choc. C’est là que j’ai réalisé que j’étais dans une situation où je ne voulais pas être.»

Nausées

Un peu plus tard, Baris Ugurlu aurait tenté de l’embrasser de force. Deux heures s’écoulent ensuite desquelles elle n’a aucun souvenir. Sinon que sa mère, venue la chercher à son travail, aurait enguirlandé l’accusé.

Puis elle s’est mise à vomir à son arrivée chez elle et se sentait très bizarre, incapable d‘articuler ou d’ouvrir une poignée de porte correctement.

Son témoignage fait écho à celui des autres plaignantes entendues mercredi, deux femmes âgées de la jeune vingtaine au moment des faits reprochés. Elles aussi ont dit s’être fait offrir de l’alcool par leur patron et avoir subi des agressions. L’une d’elles a également eu de fortes nausées par la suite.

Le procès de M. Ugurlu, qui a plaidé non-coupable, se poursuivra à une date ultérieure.