Vingt-quatre locataires ont été relocalisés, vendredi, après que plusieurs d’entre eux ont présenté des problèmes respiratoires. L’immeuble a été touché par un incendie il y a trois semaines.

Problèmes respiratoires: 24 locataires évacués

Les locataires de 14 logements du 1160, boulevard Simonds Sud, à Granby, ont été relocalisés par précaution, vendredi. La Direction de la Santé publique de l’Estrie avait été alertée il y a quelques jours de symptômes apparus chez plusieurs­ personnes.

Déjà, une partie de l’immeuble avait été évacuée le 21 septembre suite à un incendie de friture dans l’un des appartements. De l’amiante avait été découvert et cette partie du bâtiment de plus de vingt unités avait été condamnée en attendant des travaux de rénovation.

Or, depuis l’incendie, plusieurs des locataires restants se sont plaints des mêmes symptômes.

« Les gens tombent tous malades les uns après les autres depuis trois semaines. On est pogné ici dans la gorge, montre Guy Lafond, surintendant de l’immeuble. On a des difficultés respiratoires, on essaie de tousser, ça accroche, rien ne veut sortir. Ce sont les principaux symptômes qu’on a. »

M. Lafond relate même qu’en travaillant au niveau de la chambre électrique, jeudi, il s’est senti mal. Quelques secondes de plus et il perdait connaissance. Il a réussi à se rendre difficilement à son appartement, raconte-t-il aujourd’hui, jugeant la situation paniquante.

« On est tous malades, affirme elle aussi Geneviève Joyal, qui vit avec son fils et ses chiens, dont l’un tousse lui aussi. Ça m’empêche de travailler. Je travaille à l’hôpital, je ne suis pas pour aller tousser dans la figure des personnes âgées. J’ai de la misère à faire de grandes distances. Mon fils n’a jamais été asthmatique, mais il a commencé à tousser sans arrêt. J’ai déjà été asthmatique et on dirait que c’est revenu. »

Une autre, Georgina, confie avec inquiétude que son jeune fils, André, « présente des signes de maladie ».

« On parle de symptômes surtout respiratoires et irritatifs, les yeux rouges, le nez qui pique, mal de gorge, la toux, et toute une série de symptômes associés », confirme la docteure Linda Pinsonneault, de la Direction de la santé publique de l’Estrie.

Une résidente a été trouvée inconsciente chez elle, mais Dre Pinsonneault assure que son état n’était pas relié à la situation.

Le petit André est le seul de sa famille à présenter des signes de maladie, explique sa mère, Georgina.

Précautions à prendre

La Direction de la Santé publique a été avisée récemment de la situation et une équipe est allée rencontrer les 24 locataires, jeudi, pour prendre connaissance des signes et symptômes rapportés. L’analyse de ces rencontres était encore en cours, vendredi après-midi.

Tout un branle-bas de combat a été déployé vers 15 h avec, en assistance, les pompiers et cinq bénévoles de la Croix-Rouge canadienne.

« Les pompiers ont pris des relevés pour voir s’il y avait des gaz quelconques, mais nos détecteurs ne relèvent pas tout », indique Simon Boutin, directeur par intérim du Service incendies de Granby, en faisant notamment référence à la moisissure.

« On vient de faire une série de tests [pour détecter la présence] de produits chimiques et tout est à zéro, observe Dre Pinsonneault. Est-ce [à cause de] l’incendie ? Est-ce que l’eau a causé de la moisissure ? On a des hypothèses et on les teste une par une. On entend la préoccupation des gens. »

La présence d’amiante dans le bâtiment n’est pas une hypothèse envisagée puisque les symptômes reliés à l’inhalation de l’amiante ne se manifestent que 20 à 30 ans plus tard, précise-t-elle par ailleurs.

« On ne trouve pas la cause, mais on prend ça au sérieux, enchaîne-t-elle. Pendant qu’on continue notre investigation, il y a une recommandation de relocaliser les locataires temporairement par mesure de précaution. »

La relocalisation de 72 heures « est une recommandation, donc si quelqu’un refuse de quitter, on ne l’obligera pas ».

Personne n’a cependant refusé de quitter les lieux. Douze ménages ont choisi d’aller à l’hôtel pour 72 heures, le temps de l’évacuation préventive, et deux autres se sont dirigés vers de la famille, confirme Lucille Whissell, responsable des communications de la Croix-Rouge dans la Haute-Yamaska. L’hébergement et l’alimentation sont offerts par l’organisme.