Après avoir été stoppés par la Ville de Bromont, les travaux ont repris sur le site du projet Arborescence, jeudi.

Problèmes financiers de Knightsbridge: onde de choc à Bromont

La compagnie immobilière KnightsBridge est en pleine restructuration en raison de problèmes financiers. Ces déboires plomberont-ils le projet Arborescence à Bromont, piloté par une de ses filiales ? La question a mis bien des gens sur le qui-vive, jeudi, à commencer par de futurs propriétaires de condos à flanc de montagne. Idem pour la municipalité de Bromont, qui ne veut surtout pas se retrouver avec un « éléphant blanc ». Le point sur la question.

Des rumeurs de toutes sortes se sont propagées à vitesse grand V sur les réseaux sociaux lorsque le chroniqueur économique Pierre-Yves McSween a lancé, jeudi matin sur les ondes du 98,5, que KnightsBridge est en fâcheuse position financière. Au point où plusieurs hypothèques légales auraient été prises sur des immeubles liés à leurs projets.

Une douche froide pour plusieurs acquéreurs potentiels d’unités dans le projet Arborescence. Sylvain Rose est du nombre. « Ça fait environ deux mois qu’on fait des démarches pour acheter un condo. On devait signer la semaine prochaine. On demandait beaucoup de modifications au contrat pour se protéger. On va être sur nos gardes, a-t-il mentionné à La Voix de l’Est. Quand ça brasse avec KnightsBridge, les autres entreprises autour écopent aussi. »

Une des plus récentes transactions dans le dossier du projet Arborescence est une hypothèque mobilière d’environ 8,1 millions $ contractée auprès de Desjardins, enregistrée le 31 octobre dernier. Une douzaine de lots y sont associés et aucune hypothèque légale n’était enregistrée en date de jeudi.

Selon le président de KnightsBridge, Simon Gervais-Boyer, cette somme sert à financer les travaux d’infrastructures en cours, notamment l’ouverture de rues sur le vaste site. Le promoteur prévoit la construction d’une cinquantaine d’unités dans la phase initiale.

Solvabilité

Les problèmes financiers de KnightsBridge sont bien réels.

« Nous tenons à vous informer quant à certaines difficultés récentes qui touchent l’un des partenaires du projet Arborescence, soit la compagnie KnightsBridge. Elle éprouve certaines difficultés structurelles, ce qui rend sa participation à la construction du projet peu probable. [...] Malgré cette situation, nous tenons à vous rassurer de la solvabilité du partenaire financier principal qui appuie le projet et en assure la viabilité, soit le fonds d’investissement géré par Claridge. [...] En aucun cas vos mises de fonds ne sont à risque », indique la compagnie dans un courriel envoyé à des acheteurs, dont La Voix de l’Est a obtenu copie.

Appelé à préciser la teneur des problèmes financiers de l’entreprise phare du groupe, Simon Gervais-Boyer est demeuré évasif. « C’est une restructuration qui était nécessaire », a-t-il dit, refusant de s’avancer davantage.

Des acheteurs potentiels d’unités dans la phase 1 du projet Arborescence nous ont indiqué que la date de livraison avait été reportée au printemps 2021, plutôt qu’à l’hiver 2020. Ce qu’a corroboré M. Gervais-Boyer. La crise que traverse Knightsbridge est-elle en cause ?

« Ça n’a rien à voir avec la situation actuelle, a affirmé le président. C’est seulement les délais qu’on a eus avec la Ville. Le protocole d’infrastructures pour la période hivernale a fait en sorte que c’est repoussé. »

Selon le directeur général de Bromont, Éric Sévigny, les délais « n’ont rien à voir avec la Ville ». Le promoteur a plutôt eu des « difficultés de chantier », a-t-il évoqué, entre autres avec des contraintes du terrain, parsemé de roc.

Conditions

Étant donné les nombreuses interrogations concernant la poursuite du projet Arborescence, la municipalité de Bromont a fait stopper le chantier jeudi matin, a indiqué Éric Sévigny.

Suite à cet arrêt, un des importants partenaires du projet est entré en communication avec la Ville. Rappelons qu’on retrouve notamment parmi ceux-ci la société d’investissement Claridge et Ivanhoé Cambridge.

« On nous a assurés que la poursuite d’Arborescence n’était pas compromise et que les ressources financières sont en place pour mener le projet à terme », a mentionné le DG. La Ville a donc finalement autorisé la poursuite des travaux.

Par ailleurs, le projet est très balisé, car le conseil municipal a exigé une série de conditions au promoteur dans le protocole d’entente, autorisé en janvier dernier.

« Je suis très content que le conseil municipal ait décidé d’être sévère dans le dossier. Le promoteur voulait ouvrir plusieurs rues et d’autres en même temps, ce qui venait avec du déboisement. On a décidé d’être extrêmement prudents et notre choix s’est avéré le bon. Peu importe ce qui arrive, grâce aux cautions exigées, on pourra exiger de terminer les travaux. Pas question de se retrouver avec un éléphant blanc », a indiqué en entrevue le maire de Bromont, Louis Villeneuve.

Parmi les exigences, notons « la surveillance environnementale par un ingénieur civil, la surveillance du déboisement par un ingénieur forestier, l’obligation de fournir des plans d’aménagement, des garanties de suivi et des droits de regard. »