Des parents dont les enfants fréquentent Le Petit soleil de Dunham n’entendent pas rester les bras croisés en attendant que ne se décide le sort de l’établissement. Une lettre a été envoyée au ministre de la Famille Mathieu Lacombe, l’enjoignant à permettre au milieu de garde de poursuivre ses activités malgré le retrait préventif de sa responsable.
Des parents dont les enfants fréquentent Le Petit soleil de Dunham n’entendent pas rester les bras croisés en attendant que ne se décide le sort de l’établissement. Une lettre a été envoyée au ministre de la Famille Mathieu Lacombe, l’enjoignant à permettre au milieu de garde de poursuivre ses activités malgré le retrait préventif de sa responsable.

Privés de garderie, des parents interpellent le ministre Lacombe

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Passant du jour au lendemain d’une garderie subventionnée à une garderie privée avec les coûts que cela implique, les parents dont les enfants fréquentent Le Petit soleil de Dunham n’entendent pas rester les bras croisés en attendant que se décide le sort de l’établissement. Une lettre a été envoyée au ministre de la Famille Mathieu Lacombe, enjoignant à celui-ci de permettre au milieu de garde de poursuivre ses activités malgré le retrait préventif de sa responsable.

Rappelons que Cynthia Lussier, responsable du service de garde (RSG) Le Petit Soleil, un milieu familial subventionné à Dunham, a appris il y a cinq semaines qu’elle était enceinte de son deuxième enfant. Comme la garderie représente la seule source de revenus de son ménage, son conjoint Jean-Philippe Mailloux étant son assistant, elle a tenté par tous les moyens de maintenir son milieu ouvert tout en bénéficiant d’un retrait préventif chapeauté par la Commission des normes, de l’équité et de la sécurité au travail (CNESST) auquel les RSG en milieu familial ont désormais droit en vertu de la loi.

Malheureusement, même si son conjoint est en voie de compléter la formation lui permettant de la remplacer au pied levé, le ministère de la Famille a opposé une fin de non-recevoir le 25 septembre dernier à la Dunhamienne, qui devait choisir entre fermer sa garderie ou renoncer à son retrait préventif.


« Mes enfants m’ont clairement exprimé qu’ils ne veulent pas changer de garderie. Et moi, en tant que mère, je ne peux me réé́soudre à̀ leur briser le coeur »
Geneviève Larivière, maman de deux enfants fréquentant la garderie

En attendant que son dossier soit considéré de nouveau, après des démarches menées avec le bureau coordonnateur Les Pommettes Rouges et l’équipe de la députée Isabelle Charest, Mme Lussier a fait passer sa garderie au privé et au nom de son conjoint pour que les parents puissent toujours y confier leurs enfants et pour assurer sa propre famille d’un revenu. « Mon conjoint ne peut être reconnu comme RSG si les règles ne sont pas assouplies ou si on ne fait pas l’objet d’une dérogation, explique-t-elle. Le ministère ne reconnaît qu’un seul RSG par adresse.»

Coûts et tracas

Les mères Geneviève Larivière et Véronique Marier ont pris sur elles d’interpeller elles-mêmes le ministre de la Famille afin qu’il accorde la dérogation souhaitée à la garderie de Mme Lussier.

Dans leu missive datée du 8 octobre, elles souhaitent informer le ministre «des impacts majeurs qu’a pour effet la lenteur de [son] ministère» et le somment «d’agir au plus vite» et de régler la situation qui entraîne coûts et tracas pour six familles.

La hausse d’environ 30$ par jour que doivent défrayer les parents passe mal, mais ceux-ci ont accepté de la payer parce qu’ils souhaitent maintenir le service de garderie. «Des garderies avec des places, il n’y en a pas à tous les coins de rue. Encore moins qui ouvrent à 6h30», explique Andréanne Lachance, dont le fils fréquente Le Petit Soleil.

Une autre mère dont l’enfant fréquente la garderie doit choisir entre faire remplacer les freins de sa voiture ou payer le plein prix pour le service de garde, a-t-on appris.

«On a eu très peu de délais pour réagir et maintenant qu’on est passés au privé, on doit avancer des sommes importantes, dont une partie ne nous sera remboursée que vers la mi-novembre», explique Mme Larivière, pour qui cette augmentation représente plus de 2000$ en frais de garderiétant donnénu qu’elle a deux enfants au Petit Soleil. «La seule manière de trouver cette somme est de faire des heures supplémentaires au travail.»

Comble de malheur, en raison des mesures plus strictes imposées par la pandémie de COVID-19, elle se retrouve plutôt à devoir rester à la maison avec ses enfants qui ont la fièvre.

«Nous, on est très satisfaits du service, complète une quatrième mère, Cynthia Guay, dont la fille fréquente la garderie depuis la fin août, quand la RSG de son ancien milieu a pris sa retraite. C’est un endroit exceptionnel, autant que le précédent. Pour nous, c’était rassurant.»

Même si son conjoint est en voie de compléter la formation lui permettant de la remplacer à pied levé, le ministère de la Famille a opposé une fin de non-recevoir à Cynthia Lussier, qui devait choisir entre fermer sa garderie ou renoncer à son retrait préventif. Elle a finalement choisi de passer au privé.

Surtout, les enfants ne souhaitent pas changer de garderie, soutiennent ces parents. «Ma fille a déjà changé une fois cette année, ça serait un stress supplémentaire de la déraciner à nouveau d’un milieu qu’elle aime», soutient Mme Guay.

«Mes enfants m’ont clairement exprimé qu’ils ne veulent pas changer de garderie. Et moi, entant que mère, je ne peux meé ré́soudre à̀ leur briser le coeur», écrit Mme Larivière.

Qui plus est, les deux enfants de cette dernière, qui accusent un retard langagier, perdent aussi l’accompagnement que leur prodiguait Mme Lussier. «Comme milieu subventionné, la garderie touchait un montant supplémentaire pour ma fille pour qu’elle ait accès à des outils éducatifs pour l’aider à combler son retard», fait-elle savoir.

Le ministre préoccupé

«C’est choquant, lâche la Cowansvilloise au téléphone. Cynthia et Jean-Philippe avaient trouvé une solution simple, applicable et qui convenait à tout le monde, mais au ministère, c’est considéré comme un plan C. Pour nous, c’est le plan A et il devrait s’appliquer maintenant!»

«C’est aberrant quand on sait que ça pourrait être réglé de manière si simple et que la décision du ministère est prise sans tenir compte de la réalité», martèle également Mme Guay.

Une demande d’entrevue a été effectuée au cabinet du ministre Lacombe, vendredi matin. L’attaché de presse du ministre, Antoine de la Durantaye, a indiqué que la lettre avait atteint sa destination et que le cabinet était au courant de la situation particulière de Mme Lussier.

«Le ministre est très sensible à la situation de ce couple et des parents qui auront à trouver une autre place en garderie si on ne trouve pas de solution alternative», a-t-il fait savoir, ajoutant que des fonctionnaires se penchent actuellement sur le dossier.