La ministre de l’Environnement Isabelle Melançon était à Mont Sutton, vendredi, pour annoncer l’octroi de la subvention à Conservation de la nature Canada (CNC). Elle était accompagnée de Joël Bonin, de CNC.

Prévoir des corridors écologiques

Des corridors écologiques doivent être prévus et maintenus au Québec pour assurer la pérennité d’espèces animales et végétales menacées par les changements climatiques. C’est le but que s’est donné Conservation de la nature Canada (CNC).

L’organisation misera sur une subvention de 915 000 $ sur trois ans du gouvernement du Québec dans le cadre du programme Action-Climat-Québec. L’argent aidera des groupes de protection de l’environnement dans dix régions administratives à sensibiliser les citoyens, municipalités et entreprises à l’importance de prévoir de tels corridors.

Les changements climatiques pousseront des espèces animales que l’on retrouve dans le nord-est des États-Unis à migrer au nord, explique Joël Bonin, vice-président associé de CNC au Québec. « On prévoit au Québec que les habitats des espèces se transféreront de cinq kilomètres par année vers le nord. On parle d’amphibiens, de mammifères, d’oiseaux. Comment peut-on améliorer l’utilisation du territoire et adapter notre développement pour assurer de la place pour tout le monde, pas seulement les bipèdes ? Ensemble, on peut s’adapter », soutient le biologiste.

CNC réfléchit aux corridors écologiques depuis le début des années 2000, a dit M. Bonin. Des pas de géants ont été réalisés depuis dans la région alors que de grandes superficies forestières ont acquis des statuts de protection. Il faut poursuivre dans cette voie, souligne-t-il, en impliquant l’ensemble des communautés. « On ne dit pas qu’il faut mettre une cloche de verre par-dessus nos forêts. Il faut trouver des moyens d’avoir des corridors écologiques, mais qui permettent aussi d’autres utilisations », a-t-il dit. Des activités forestières sont compatibles avec cet objectif tout comme des activités récréatives, estime-t-il.

Corridor appalachien a déjà mis la main à la pâte pour promouvoir les corridors écologiques. L’organisme a organisé l’automne dernier un colloque international à Québec sur l’écologie routière, a indiqué Martine Ruel, directrice des opérations. Des visites de terrains ont aussi été organisées avec des élus municipaux pour leur montrer les effets des changements climatiques sur leur territoire, a-t-elle dit. D’autres sorties du genre sont au programme.