Chantal Routhier est économiste senior aux études économiques du Mouvement Desjardins, et auteure principale du document Survol des régions du Québec : à quoi s’attendre en 2020?.

Prévisions 2020 pour la Montérégie: une économie en bonne santé

La Montérégie affiche de bons indicateurs économiques et devrait « continuer de bénéficier de sa croissance démographique », selon Chantal Routhier, économiste senior aux études économiques du Mouvement Desjardins et auteure principale du document Survol des régions du Québec : à quoi s’attendre en 2020 ? rendu disponible cette semaine.

Si la croissance démographique ralentira quelque peu ces prochaines années en Montérégie, elle contribuera à placer cette grande région administrative parmi les bons élèves du Québec. Tous les secteurs d’activités montérégiens en profiteront, du secteur manufacturier au commerce de détail, en passant par les services et le marché de l’habitation.

Tout ne sera pas rose cependant, le défi de la main-d’œuvre restant en 2020 l’épine dans le pied de l’économie du Québec, avec des départs à la retraite qui vont continuer à se multiplier. La Montérégie affiche les gains migratoires les plus élevés après Montréal, mais « il faut rester prudent », tempère Mme Routhier.

« Il n’existe pas de solution unique aux besoins de main-d’œuvre », dit-elle, alors que la grande région de la Montérégie affiche 4 % de postes vacants, soit parmi les plus hauts taux de la province. Les secteurs du tourisme et de la restauration resteront particulièrement affectés.

Selon l’économiste, les gains migratoires ne sont pas la solution unique aux besoins de main-d’œuvre rencontrés par les entreprises. « L’innovation et la robotisation vont être très importantes pour alimenter la croissance des entreprises, indique Mme Routhier. Les entreprises devront augmenter la productivité des employés. »

Ceux-ci devront aussi être suffisamment formés afin de pouvoir répondre adéquatement aux défis du virage numérique et technologique au Québec.

La capacité à retenir ou à attirer les travailleurs de 65 ans et plus et la rétention des travailleurs spécialisés font partie de la solution. « La clé du succès est de jouer sur plusieurs tableaux à la fois », explique-t-elle. En effet, le manque de main-d’œuvre empêche selon elle les entreprises d’aller chercher leur plein potentiel de croissance.

Faible taux de chômage

Le taux de chômage de 3,8 % place la Montérégie dans le top 5 des régions affichant les taux les plus faibles au Québec (après Chaudière-Appalaches, la Capitale-Nationale, l’Abitibi-Témiscamingue et à égalité avec le Centre-du-Québec).

Cet indicateur confirme que l’économie va bien. De façon globale, l’économie en Montérégie est vigoureuse, tirée notamment à l’ouest du territoire par l’arrivée prochaine du Réseau express métropolitain. « La structure de son économie est diversifiée — elle ressemble beaucoup à celle du Québec dans son ensemble —, les revenus des particuliers sont en hausse », évoque Mme Routhier.

Il faut mettre cela dans la perspective où la part de la population en âge de travailler, soit les 15 à 64 ans, sera toutefois en baisse au cours des prochaines années dans toutes les régions du Québec.