Claudie Lessard, formatrice, André Charbonneau, président du CPS H-Y, Mélodie Millette-Lamoureux, organisatrice de la Marche pour la vie, et Yves Bélanger, directeur du CPS H-Y.

Prévention du suicide: ouvrir le dialogue

Du 4 au 10 février, la population sera invitée à parler du suicide. Le nouveau thème de la Semaine de prévention du suicide, « Parler du suicide sauve des vies », a été choisi afin de favoriser la prise de parole et, ainsi, prévenir les actes irréversibles.

En plus d’une campagne publicitaire à la télévision et à la radio, d’un site web et d’une conférence, diverses activités sont prévues pour permettre d’ouvrir le dialogue.

Le premier outil sera lancé au début du mois prochain par l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS). « Des fois, on a l’intention de parler, mais on ne sait pas trop comment et on ne veut pas se mettre les pieds dans les plats, explique Claudie Lessard, formatrice au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska (CPS H-Y). Le 1er février, l’AQPS lancera un tout nouveau site Internet : commentparlerdusuicide.com. On y trouvera des outils pour aborder un proche, quelqu’un qui nous inquiète ou quelqu’un qui a perdu un proche par suicide. »

Les spots publicitaires de 2017 mettant en relief l’importance de l’entourage d’une personne suicidaire reviendront en ondes, du 28 janvier au 10 février. En collaboration avec JEVI Centre de prévention du suicide de Sherbrooke et le Regroupement des ressources communautaires en santé mentale de l’Estrie, 39 publicités radio de 30 secondes s’ajouteront, durant lesquelles des mythes vis-à-vis le suicide seront déboulonnés. Il faudra toutefois écouter Rouge fm Estrie pour les entendre. 

La conférence annuelle du CPS H-Y sera offerte gratuitement par l’ex-joueur de football et animateur Étienne Boulay, qui se demandera « Comment donner plus de sens à sa vie ? », le 29 janvier à 19 h. 

« On ne cherche pas à parler de suicide ou de prévention, mais plutôt à travailler sur nos facteurs de protection, dont notre estime de soi, notre confiance en soi, relève le directeur du CPS H-Y, Yves Bélanger. L’expertise d’Étienne Boulay va venir nous enrichir dans cette optique-là. »

Des initiatives pour la cause

Enfin, une soirée de reconnaissance est prévue le 8 février pour les personnes qui ont participé à — ou initié — une activité de financement au bénéfice du CPS H-Y. Qu’ils aient couru à Lac-Brome ou à Granby avec Courir pour la vie, joué au dek hockey, aux quilles ou au golf dans un tournoi, qu’ils aient rassemblé 1000 personnes le temps d’un spectacle ou même qu’ils se soient fait épilé au profit de la prévention du suicide, ils seront remerciés pour leur contribution.

Une adolescente fait partie de ces personnes qui seront remerciées. Il s’agit de Mélodie Millette-Lamoureux, qui pouvait difficilement être plus fière, mardi, alors qu’elle a dévoilé le montant de 3315 $ qu’elle a remis au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska, à la suite de la Marche pour la vie qu’elle a organisée le 7 janvier, à Farnham. Cette marche était son projet de finissante du programme d’éducation intermédiaire de l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand.

La cause de la prévention du suicide allait de soi. « Quand j’avais 11 ans, mon père s’est enlevé la vie. Ça a été une expérience assez difficile à vivre, surtout que la mort est un sujet assez abstrait pour un enfant et que le suicide ça peut être difficile à comprendre pour les adultes, alors pour les enfants c’est tout aussi complexe. Malgré toutes les tempêtes que le départ de mon père a apportées dans ma vie, j’ai eu la chance de compter sur ma famille, mes amis, mon entourage. J’ai aussi eu de l’aide extérieur. Le but de ma marche était surtout de faire parler du suicide parce que c’est considéré comme un sujet très tabou. » Mission accomplie, lance-t-elle.

Les maillons, un succès

De son côté, le projet-pilote Les maillons a été renouvelé avec l’unité psychiatrique de l’hôpital de Granby. Mis sur pied l’an dernier, Les maillons organisent des rencontres entre patients, et d’autres entre des proches de ceux-ci. Il y a eu moins de rencontres avec l’entourage des patients que prévu, mais la formule a été adaptée pour les rejoindre et leur offrir des outils.

« On a eu de super beaux résultats avec le groupe des patients. On a rencontré 22 personnes et la participation de ces personnes a été vraiment incroyable. Vendredi passé, on a été invités pour présenter ce projet-pilote au centre de recherche et d’intervention sur le suicide, enjeux éthiques et pratiques de fin de vie de l’UQAM. On a été très bien reçu », rapporte Claudie Lessard. 

Le projet a suscité un tel intérêt qu’il pourrait être exporté ailleurs au Québec, renchérit Yves Bélanger.