Les conférenciers Léon-Maurice Lavoie, Véronique Doyon (notre photo), Nathalie Jean, Mélissa Malboeuf et Caroline Roy ont notamment pris la parole samedi.

Prévention du suicide: de vibrants plaidoyers pour la vie

«Quand on pense que le trou noir est devant nous, il y a toujours une parcelle de soleil, même si elle peut être embrumée. Il faut oser faire le pas pour demander de l’aide, pour dire que ça ne va pas.» Mélissa Malboeuf a livré un témoignage émouvant lors de la journée-conférences organisée au profit du Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska.

Samedi avant-midi au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, la Granbyenne d’origine a abordé — pour la toute première fois devant public — l’un des épisodes les plus sombres de sa vie.

Alors qu’elle avait 25 ans, Mme Malboeuf a tenté de mettre fin à ses jours en avalant une quantité excessive de médicaments. «Je me disais : je vais maintenant dormir, je vais arrêter de souffrir», a-t-elle expliqué en entrevue avec La Voix de l’Est.

«Quand on arrive à un point où le suicide nous fait face, c’est qu’il y a déjà une dépression en amont. (...) Moi, j’étais dans une relation affective complètement dysfonctionnelle. J’ai aussi vécu un abus sexuel lorsque j’étais très jeune.»

Ayant été victime de rejet lors de son enfance, Mélissa Malboeuf a éventuellement développé une dépendance pour certaines drogues, dont la cocaïne. Les effets positifs ressentis à court terme se sont toutefois estompés.

«Quand tu consommes de la drogue ou de l’alcool, tu fais des niaiseries. Tu vis du ressentiment. (...) Tu frappes un mur, tu crois que personne ne t’aime.»

Mélissa Malboeuf dit avoir vécu une véritable révélation alors qu’elle se trouvait à l’hôpital, au lendemain de sa tentative de suicide. «Tu te rends compte que ta mère et ton père sont là. Que ta famille et tes amis sont là», a-t-elle raconté, la voix chargée d’émotions.

La Granbyenne d’origine dit avoir vécu une véritable révélation alors qu’elle se trouvait à l’hôpital, au lendemain de sa tentative de suicide. «Tu te rends compte que ta mère et ton père sont là. Que ta famille et tes amis sont là», a-t-elle raconté, la voix chargée d’émotions.

Mme Malboeuf a plus tard «osé» demander du support. Diverses cures et formations, jumelées à un éveil spirituel, l’ont aidé à dresser la barre. Le chemin fut parsemé d’embuches, mais elle se considère aujourd’hui en plein contrôle de sa vie.

«Je suis une femme épanouie, je fais ce que j’aime. Je suis conférencière en entreprise et auteure. Je fais de la gestion événementielle et du coaching. J’aide les gens», a indiqué Mélissa Malboeuf, remplie de fierté.

C’est d’ailleurs afin de donner au suivant qu’elle a accepté de témoigner «dans son patelin» samedi.

Des messages positifs

Une dizaine d’intervenants se sont succédé au micro dans le cadre cette initiative pour la prévention du suicide.

Outre Mélissa Malboeuf, les conférenciers Léon-Maurice Lavoie (en remplacement du docteur en psychologie du sport Sylvain Guimond, absent pour cause de maladie), Véronique Doyon, Nathalie Jean et Caroline Roy ont notamment pris la parole.

Toujours selon une approche très positive, chacun a partagé son bagage d’expériences et sa vision de la vie. Des outils pour favoriser une meilleure gestion des émotions ont été suggérés.

«Jamais une bonne option»

Marquée par un triste événement, la coach d’affaires Lyne St-Amand est à l’origine de cette journée-conférences.

«En février dernier, une de mes bonnes amies s’est enlevé la vie. Je crois que c’était sa troisième tentative. Ça a été un moment très difficile. (...) On ressent toujours un peu de culpabilité, on se demande ce qu’on aurait pu faire. J’ai donc contacté le Centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska pour leur proposer cette activité-bénéfice», a mentionné la Granbyenne.

«Notre but est de parler ouvertement de ces problématiques. De montrer que le suicide n’est jamais une bonne option.»

Selon les données publiées par l’Association québécoise de prévention du suicide, trois Québécois s’enlèvent la vie chaque jour. En 2015, près de 75 % des suicides répertoriés dans la province ont été commis par des hommes.