Le directeur général du centre de traitement des dépendances L’Envolée Nicolas Bédard

Prévention des surdoses d’opioïdes: pas un sou pour L’Envolée

Le centre de traitement des dépendances L’Envolée ne pourra toucher un sou de l’enveloppe de 35 millions de dollars annoncée mercredi par la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois. Puisqu’il n’est pas reconnu comme un « organisme communautaire », le centre est exclu du Plan d’action interministériel en dépendance (PAID) et de la Stratégie nationale pour prévenir les surdoses d’opioïdes.

Une réalité qui met en rogne le directeur général de L’Envolée, Nicolas Bédard. « Le gouvernement n’a pas reconnu d’organisme en dépendance depuis au moins 10 ans. [...] En Estrie [le territoire couvert pour le CIUSSS de l’Estrie], les centres de désintoxication ne peuvent pas faire de demandes pour être reconnus comme communautaires, le gouvernement n’en veut pas d’autres. »

Selon ses dires, L’Envolée répond à tous les critères qui encadrent l’accréditation comme organisme communautaire, tout comme la vingtaine d’autres centres qui sont dans la même situation. Mis ensemble, ces centres traitent plus d’un millier de toxicomanes chaque année.

M. Bédard, également président de la Coaltion des organismes communautaires en dépendance, demeure tout de même confiant de pouvoir profiter de cette annonce. « On a retiré la semaine dernière notre demande pour être reconnu comme un CRD [Centre de réadaptation en dépendance], à la suite d’une conférence téléphonique avec le directeur des [programmes de santé mentale et des] dépendances et la sous-ministre. Ils nous ont encouragés à continuer nos démarches comme organismes communautaires », explique Nicolas Bédard.

« On sait que les règles de programmes de soutien aux organismes communautaires seront revues et annoncées incessamment, ajoute-t-il. On est prêt à écouter les recommandations du ministère et à changer ce qui doit l’être. »

Comme président de la COCD, ce dernier a multiplié les efforts pour souligner la problématique auprès des élus à Québec. « Nous avons montré les chiffres du PSOC [Programme de soutien aux organismes communautaires] en 2016 à la ministre. On lui a montré combien il y avait de lits vides dans les organismes qu’elle finance à coups de centaines de milliers de dollars, de disparité et une inégalité dans le financement des organismes. »

Elle aurait, selon M. Bédard, reconnu les arguments proposés et aurait manifesté sa volonté d’apporter des modifications aux règles existantes.

L’Envolée reçoit actuellement son financement du CIUSSS et des programmes d’aide sociale, mais l’ajout de quelques centaines de milliers de dollars pourrait assurer la modernisation de ses installations.

« S’ils ajoutent la vingtaine de centres qui ne sont pas reconnus, je pense que 2 ou 3 millions, ça serait suffisant. Si j’avais 200 000 ou 300 000 $ de plus par année, ça serait suffisant pour qu’on aille de l’avant avec notre plan d’expansion, mais pour l’instant je dois le mettre sur la glace », explique M. Bédard.