Quarante-cinq mille livres d'équipements et cinq kilomètres de câblage. C'est ce dont les artisans du ciel auront besoin pour relier les 13 200 livres d'explosifs qui illumineront la voûte céleste, le 21 juillet, au-dessus du parc historique du Fort William, près de Thunder Bay.

Prestation historique pour Royal Pyrotechnie

Ces jours-ci, les bureaux, les entrepôts et l'atelier d'assemblage de Royal Pyrotechnie fourmillent plus qu'à l'habitude. C'est que l'équipe de la firme de Saint-Pie, plus que cinquantenaire, s'apprête à livrer la plus flamboyante performance de son histoire. Le plus grand feu d'artifice au Canada, rien de moins.
Dans l'ordre, les deux designers de Royal Pyrotechnie Éric Fréchette et Yanick Roy, en compagnie d'Alain Bouthillier, responsable du projet du Fort William pour la firme de Saint-Pie.
Quarante-cinq mille livres d'équipements et cinq kilomètres de câblage. C'est ce dont les artisans du ciel auront besoin pour relier les 13 200 livres d'explosifs qui illumineront la voûte céleste, le 21 juillet, au-dessus du parc historique du Fort William, près de Thunder Bay, dans le cadre de l'événement Karnival on the Kam soulignant le 150e anniversaire de l'Ontario. «C'est un énorme défi que l'on est très fiers de relever. On parle d'un record canadien en terme de quantité d'explosifs», a indiqué en entrevue le responsable du projet chez Royal Pyrotechnie, Alain Bouthillier. 
Un des aspects les plus singuliers de cette prestation s'articule autour du nombre de bombes de gros calibre utilisées. On parle de plus de 400 pièces de 200 à 300 mm qui éclateront entre
800 à 1200 pieds d'altitude.
À titre comparatif, les feux de la Saint-Jean-Baptiste à Granby atteignent un maximum de 700 pieds.
Les tirs d'engins pyrotechniques seront également répartis sur trois zones d'une dimension globale qui sort du cadre habituel, soit 425 mètres. Il s'agit de plus du double de ce qui est prévu à l'International des Feux Loto-Québec, où les pièces explosives sont regroupées en dedans de 150 mètres, a mentionné M. Bouthillier. «Ce sera notre plus gros spectacle à ce jour. Ça prendra tout le champ périphérique des spectateurs pour voir l'amplitude complète des feux.»
À vitesse grand V
Le spectacle pyromusical sera scindé en cinq actes et durera 25 minutes au total. «L'oeuvre sera à la fois grandiose et tout en nuances. [...] À travers les feux d'artifice, on raconte l'histoire du Fort William, son passé et son futur, en passant par les Premières nations, les coureurs des bois, les Écossais... Ce sera tout simplement grandiose», a fait valoir M. Bouthillier.
Concocter une telle prestation a dû se faire à vitesse grand V, car Royal Pyrotechnie a obtenu le contrat en avril, après avoir remporté l'appel d'offres public lancé quelques semaines auparavant. «Par chance, le client avait déjà une bonne idée de ce qu'il voulait, a fait valoir celui qui mène le projet. Il savait où il s'en allait. On savait déjà avec les critères que ça allait être un feu de très haute envergure. [...] En même temps, c'est un défi à la fois créatif et logistique parce que la période pour réaliser le projet est très courte.»
Les deux designers de la firme maintes fois primée, Yanick Roy et Éric Fréchette, ont donc été à pied d'oeuvre durant 150 heures pour ficeler la trame musicale et pyrotechnique. En parallèle, l'entreprise devait honorer ses nombreux autres contrats aux quatre coins de la province dans le cadre de la Fête nationale des Québécois ainsi que celle du Canada, quelques jours plus tard. «Ça a été tout un blitz. Il faut avoir les reins solides pour boucler tout ça», a concédé M. Bouthillier.
L'équipe de Royal Pyrotechnie, composée notamment de 15 artificiers triés sur le volet, prévoit deux semaines de travail sur le site pour compléter les préparatifs. «On a une banque d'environ 400 artificiers. On a dû faire une sélection pour s'assurer que la chimie opère rapidement dans l'équipe, car dans l'ensemble de nos spectacles, il n'y a pas de place à l'erreur.»
Des camions de transport «chargés à ras bord» sont partis de Saint-Pie mercredi en direction de Thunder Bay. L'équipe technique fera de même ce vendredi. «On est très fébriles! a lancé Alain Bouthillier. On va vivre un grand moment de l'histoire de l'entreprise, mais aussi de celle du pays.»