La transfusion du plasma qui contient des anticorps vise à permettre aux malades d'éliminer plus vite le virus et de limiter les dégâts sur l'organisme.
La transfusion du plasma qui contient des anticorps vise à permettre aux malades d'éliminer plus vite le virus et de limiter les dégâts sur l'organisme.

Trump annonce l'autorisation élargie du traitement au plasma

Thomas Urbain
Agence France-Presse
WASHINGTON — Donald Trump a annoncé dimanche soir l'autorisation en urgence de la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus à des patients hospitalisés, un traitement déjà largement utilisé aux états-Unis. 

Quelques minutes seulement avant le début de la conférence de presse du président américain, l'agence américaine du médicament (FDA) l'avait devancé en annonçant cette autorisation en urgence, qui est de son ressort et non de celui du chef de l'état.

Critiqué pour sa gestion de la pandémie, Donald Trump cherche à se relancer en s'appuyant sur des avancées thérapeutiques, même si aucun traitement efficace ou vaccin ne sont attendus avant le scrutin présidentiel du 3 novembre.

La transfusion de ce plasma qui contient des anticorps vise à permettre aux malades d'éliminer plus vite le virus et de limiter les dégâts sur l'organisme.

Si le traitement a déjà produit des résultats, son efficacité exacte fait encore débat. Et il présente un risque d'effets secondaires et de transmission d'agents infectieux.

Donald Trump a qualifié l'annonce de «percée historique» pour le traitement de la COVID-19, de nature à «sauver un nombre considérable de vies».

Mais la FDA autorisait déjà la transfusion de plasma de personnes remises du coronavirus sous certaines conditions, dans le cadre d'essais cliniques ou pour des malades en situation désespérée.

Le ministre américain de la Santé Alex Azar

Plus de 70 000 patients ont déjà reçu une transfusion de plasma prélevé sur des personnes convalescentes, selon le ministre américain de la Santé, Alex Azar.

L'autorisation délivrée dimanche va permettre d'élargir la population des patients susceptibles de recevoir une transfusion.

Le ministre américain de la Santé Alex Azar a indiqué que les premiers résultats faisaient état d'un taux de survie supérieur de 35% pour les patients ayant bénéficié d'une transfusion.

Dans son annonce dimanche, la FDA a néanmoins rappelé qu'il n'existait pas, pour l'heure, de preuve formelle que l'utilisation de plasma était efficace.

«Le plasma de personnes convalescentes marche probablement, même s'il faudrait le confirmer par des essais cliniques, mais pas comme traitement d'urgence pour des patients gravement atteints», prévient le Dr Len Horovitz, interne spécialisé en pneumologie à l'hôpital Lenox Hill de New York.

Selon lui, il serait plus efficace s'il était administré aux tout premiers signes de la maladie, ce qui sera désormais possible en vertu de l'autorisation publiée dimanche.

Donald Trump a appelé les personnes remises du coronavirus à faire don de leur plasma, via une plateforme nationale en ligne.

Le traitement au plasma a déjà été autorisé en France, en Autriche, en Suisse, à Cuba ou en Chine.

Une société polonaise de biotechnologie, Biomed Lublin, a annoncé, cette semaine, le lancement de la première phase de production d'un médicament contre la COVID-19 à base de plasma de mineurs guéris.

+

DONNÉ BATTU, TRUMP VEUT SE RELANCER AVEC LA CONVENTION RÉPUBLICAINE

En retard dans les sondages face à Joe Biden, Donald Trump aborde la convention du parti républicain qui s’ouvre lundi à Charlotte, en Caroline du Nord, avec l’obligation de se relancer et de rassembler au-delà de sa base.

Tout comme son pendant démocrate, qui s’est achevé jeudi sur le discours d’investiture de Joe Biden, la convention républicaine va être majoritairement virtuelle pour cause de coronavirus et très peu d’intervenants s’exprimeront depuis Charlotte.

S’il sera bien à Charlotte lundi, contrairement à Joe Biden qui ne s’est pas rendu à Milwaukee, où se tenait la convention démocrate, Donald Trump n’aura pas le droit à la grand-messe populaire sur laquelle il comptait beaucoup, seule une poignée de délégués ayant fait le déplacement.

Il va se rattraper en intervenant lors de chacune des quatre journées de la convention, alors que les candidats ne s’expriment traditionnellement qu’en clôture, à l’apogée de l’événement.

Le chef de l’État prononcera son discours d’investiture jeudi depuis la Maison-Blanche, ce qui a fait grincer quelques dents, y compris côté républicain, certains goûtant peu le mélange entre président et candidat.

La convention du parti républicain s'ouvre lundi, en Caroline du Nord.

Largement devancé dans tous les sondages nationaux depuis des semaines, donné battu dans de nombreux États-clés, le chef de l’État américain veut reprendre de l’élan, comme il avait été capable de le faire en 2016 après un été difficile.

Pour y parvenir, l’équipe de campagne table sur une convention «très optimiste et gaie», a indiqué le conseiller Jason Miller dimanche sur la chaîne NBC.

L’idée, selon l’ancienne porte-parole de la Maison-Blanche sous Donald Trump, Sarah Sanders, est de trancher avec le ton supposé apocalyptique de la convention démocrate, entièrement tourné vers la menace d’une réélection de l’actuel président.

«Toute leur convention a été consacrée à critiquer Donald Trump», a renchéri la bru du président, Lara Trump, sur ABC samedi. «C’était une vision sombre, désastreuse et vraiment déprimante de l’Amérique. Nous allons proposer l’opposé.»

Défendre son bilan 

L’objectif est aussi de défendre le bilan du 45e président américain, actuellement malmené pour sa gestion de la pandémie de COVID-19 et dont la carte maîtresse, à savoir la santé de l’économie, n’est plus un atout.

Donald Trump devait entamer la contre-attaque dès dimanche avec l’annonce, par le président lui-même, d’une «percée» thérapeutique dans la recherche de traitements contre le coronavirus.

«Vous allez entendre le président, et d’autres, parler de tous ses succès des quatre dernières années» durant la convention, a annoncé Sarah Sanders, évoquant notamment de «meilleurs accords commerciaux, des salaires plus élevés et une fiscalité allégée».

Depuis le Proche-Orient, où il effectue un déplacement, le secrétaire d’État Mike Pompeo devrait évoquer les avancées diplomatiques du gouvernement Trump, une intervention inhabituelle pour ce type d’événement.

«Nous allons montrer l’impact sur les vraies gens qu’a eu le gouvernement Trump-Pence», a expliqué Kellyanne Conway, proche conseillère de Donald Trump, sur Fox News. «Vous allez les entendre directement.»

Est notamment prévue l’intervention de Tanya Weinreis, gérante d’un café dans le Montana, qui a bénéficié d’un prêt fédéral au printemps pour faire face aux conséquences de la pandémie sur son activité.

La convention s’est aussi assuré la présence de plusieurs orateurs afro-américains, pour tenter de rallier une partie de l’électorat noir qui lui est globalement hostile, parmi lesquels Tim Scott, seul sénateur républicain noir.

Mais beaucoup s’attendent à ce que le président américain revienne rapidement à sa rhétorique habituelle, qui polarise plutôt qu’elle rassemble.

Lors des jours qui ont précédé l’ouverture de la convention républicaine, Donald Trump a ainsi adopté une tonalité très différente de celle que son parti et son équipe de campagne voudraient imprimer à l’événement.

«Je suis la seule chose qui sépare le rêve américain de l’anarchie totale, de la folie et du chaos», a expliqué le président vendredi.

Il reprenait là son angle d’attaque favori des dernières semaines et mettait en garde contre une victoire de démocrates présentés comme laxistes sur les plans de l’ordre public, de l’immigration et des finances publiques.

«Il continue à creuser sa tombe», a estimé l’ancien directeur de campagne de Barack Obama en 2008, David Plouffe, sur Fox News. «Et la question est de savoir s’il sera capable de changer la semaine prochaine.»

Si Donald Trump reste sur sa ligne, prévient-il, «sa base va adorer, ils vont s’enthousiasmer, mais le reste de l’Amérique va zapper.»