Présidentielle américaine: Facebook lance une nouvelle campagne d’incitation au vote

Présidentielle américaine 2020

Présidentielle américaine: Facebook lance une nouvelle campagne d’incitation au vote

Agence France-Presse
NEW YORK — Facebook lance cette semaine une nouvelle initiative visant à inciter les Américains à aller voter lors des prochaines élections présidentielles, dernier effort en date du réseau social qui cherche à prouver qu’il est désormais un acteur responsable à l’approche du scrutin.

Le groupe démarre lundi une vaste campagne de sensibilisation encourageant à aller visiter ses centres virtuels d’information sur le vote où les gens peuvent regarder comment s’enregistrer pour voter, comment voter par correspondance ou comment se porter volontaire pour prêter main forte dans les bureaux de vote.  

Elle sera diffusée sur les principales chaînes de télévision et radios du pays, ainsi que sur les sites internet d’informations.  

Et depuis samedi, le groupe présente des informations similaires sur ses applications Facebook, Instagram et Messenger. 

Le groupe de Mark Zuckerberg prévoit également de diffuser mardi sur l’appli Facebook une heure de programme spécial baptisé «Vote-A-Thon» et où figureront plusieurs stars et personnalités publiques. 

Le réseau social estime avoir d’ores et déjà aidé 2,5 millions de personnes à s’enregistrer sur les listes électorales.  

«Nous avons encore du travail à faire pour atteindre notre objectif d’aider plus de 4 millions de personnes à s’inscrire cette année, mais nous sommes heureux des progrès que nous faisons pour aider les gens à utiliser leur voix pour voter», a souligné le groupe dans un communiqué. 

Environ 39 millions de personnes au total se sont jusqu’à présent rendues sur les centres d’informations sur le vote de Facebook et Instagram. 

Le réseau social cherche à montrer qu’il n’est plus un moyen de désinformation massive comme dans les scrutins de 2016, dont la présidentielle aux États-Unis et le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, marqués par des campagnes d’influence déguisées principalement orchestrées depuis la Russie. 

Il a par exemple annoncé début septembre qu’aucune nouvelle publicité politique ne pourrait être diffusée sur sa plateforme dans la semaine précédant l’élection présidentielle américaine du 3 novembre. 

Comme les autres géants d’internet, Facebook multiplie aussi depuis des mois les annonces sur des cyberattaques déjouées et opérations de propagande démantelées.

Les rassemblements politiques de Trump font fi des règles sanitaires [PHOTOS]

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Les rassemblements politiques de Trump font fi des règles sanitaires [PHOTOS]

Jill Colvin
Associated Press
WASHINGTON — Le président Donald Trump se présente comme le candidat de la loi et l'ordre. Cela ne l'empêche pas, ainsi que sa campagne, de défier ouvertement les ordres d'urgence des États et de bafouer les directives de sa propre administration concernant le coronavirus, alors qu'il organise des rassemblements toujours plus nombreux dans les États cruciaux.

Les gouverneurs démocrates et les dirigeants locaux ont exhorté le président à reconsidérer les événements, avertissant qu'il mettait des vies en danger. Mais ils n'ont en grande partie pas essayé de bloquer les rassemblements de milliers de personnes, que M. Trump et son équipe considèrent comme des «manifestations pacifiques» protégées par le premier amendement.

«Si vous pouvez rejoindre des dizaines de milliers de personnes qui manifestent dans les rues, jouer dans un casino ou incendier de petites entreprises lors d'émeutes, vous pouvez vous rassembler pacifiquement sous le premier amendement pour entendre le président des États-Unis», a déclaré dans un communiqué Tim Murtaugh, un porte-parole de la campagne Trump.

Le refus de M. Trump de respecter les directives en matière de santé - même celles élaborées par sa propre administration - souligne à quel point il pense que projeter une image de normalité est essentiel pour gagner en novembre, alors même que le pays approche de 200 000 décès dus à la COVID-19.

Le vote par anticipation s'amorce aux États-Unis

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Le vote par anticipation s'amorce aux États-Unis

AFP
Agence France-Presse
FAIRFAX — «Il n’y a rien de plus important». Affrontant parfois plusieurs heures d’attente, masqués contre la COVID-19, des électeurs se sont pressés vendredi dans les bureaux de vote de la Virginie, l’un des premiers États américains à autoriser le vote anticipé en personne pour l’élection du 3 novembre.

À moins de 50 jours du scrutin qui opposera Donald Trump à Joe Biden, de nombreux électeurs américains peuvent déjà voter.  

«Nous ne voulons pas prendre le risque» que nos bulletins par correspondance soient perdus, affirme à l’AFP David Apatoff.  

Quitte à attendre pendant des heures pour voter malgré la menace de la COVID-19 ? «Cela en vaut la peine. Il n’y a rien de plus important», déclare-t-il.

«Il y a eu tellement d’inquiétudes concernant les tentatives d’attaquer la poste et le vote par correspondance, et les tentatives d’ingérence dans le scrutin, que nous voulions enregistrer notre bulletin aussi vite que possible», renchérit son épouse Nell Minow.  

Dans ce bureau de vote de Fairfax, en grande banlieue de Washington, certains électeurs confient avoir attendu quatre heures pour déposer leur bulletin.

La Virginie avait voté pour Hillary Clinton en 2016 face à Donald Trump et les sondages donnent encore cette fois l’avantage au démocrate Joe Biden face au président républicain sortant. Le comté de Fairfax avait donné une large victoire à l’ancienne secrétaire d’État.  

Jouant sur l'empathie et la colère anti-Trump, Biden retrouve les électeurs

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Jouant sur l'empathie et la colère anti-Trump, Biden retrouve les électeurs

Elodie Cuzin
Agence France-Presse
SCRANTON — C'est devant un public rassemblé en mode «ciné-parc» que Joe Biden a retrouvé les électeurs américains, jouant, grâce à des questions plutôt clémentes, sur son point fort, l'empathie, et critiquant vivement la gestion «presque criminelle» de la pandémie par son rival Donald Trump. 

«Ce président devrait démissionner», a lancé jeudi soir le candidat démocrate à propos du républicain qu'il défiera dans les urnes le 3 novembre.

Déplorant sa gestion de la crise sanitaire qui a fait près de 200 000 morts aux États-Unis et plombé la première économie mondiale, l'ex-vice-président de Barack Obama a fait allusion aux propos du milliardaire américain, qui avait déclaré au journaliste Bob Woodward, avoir délibérément décidé de «minimiser» la pandémie.

«Il le savait et il n'a rien fait. C'est presque criminel», a accusé Joe Biden.

À moins de 50 jours du scrutin, le candidat de 77 ans a choisi les alentours de sa ville natale de Scranton, dans l'État-clé de Pennsylvanie, pour son retour dans le ring électoral en affrontant directement, pour la première fois depuis sa victoire à la primaire, les questions des Américains.

L'occasion pour lui de tester une nouvelle ligne d'attaque contre le milliardaire américain, en soulignant ses origines humbles dans cette ville ouvrière.

«Je vois vraiment cette campagne comme une campagne entre Scranton et Park Avenue», la chic avenue de Manhattan à quelques pas de l'immense Trump Tower.

Joe Biden mène de loin dans les sondages nationaux, mais l'écart est plus serré dans une demi-douzaine d'État pivots, qui font en réalité les élections américaines en basculant d'un parti à l'autre.

Connu pour ses gaffes, moqué par son rival républicain, qui le surnomme «Joe l'endormi», pour sa petite forme supposée, le septuagénaire a été scruté pendant l'heure de cette curieuse émission. Et a évité les gros faux pas, adoptant un ton décidé, à la limite du surjoué parfois.

Biden croit à un vaccin contre la COVID-19, mais doute de Trump

Présidentielle américaine 2020

Biden croit à un vaccin contre la COVID-19, mais doute de Trump

Elodie Cuzin
Agence France-Presse
Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON — Joe Biden a attaqué frontalement mercredi son adversaire Donald Trump sur le thème de la COVID-19, remettant en cause sa crédibilité, lui qui agite la promesse de l’arrivée imminente d’un vaccin alors que le pays approche la barre des 200 000 morts.

La gestion de la pandémie de nouveau coronavirus depuis le début de l’année 2020 «disqualifie totalement» le milliardaire républicain pour le second mandat qu’il entend briguer le 3 novembre, a asséné l’ancien vice-président de Barack Obama lors d’un discours mercredi après-midi dans son fief de Wilmington, dans le Delaware.  

«La première responsabilité d’un président est de protéger le peuple américain et il ne le fait pas», a-t-il lancé, faisant de la pandémie le symbole le plus tragique de ce qu’il considère être l’inaptitude du président à gouverner. 

Mardi soir, Donald Trump a de nouveau cherché à rassurer la population lors d’une émission de télévision en affirmant que le coronavirus finirait par disparaître avec le temps – alors que près d’un millier d’Américains meurent encore chaque jour du virus, et que le bilan officiel va atteindre 200 000 morts dans les prochains jours, un bilan lui-même sous-estimé. 

«Tout va bien se passer, c’est en train de disparaître. Et cela disparaîtra encore plus vite avec les vaccins», a dit l’ancien homme d’affaires sur la chaîne ABC. 

Il a ensuite évoqué la construction d’une immunité collective, c’est-à-dire la contamination naturelle d’une proportion suffisamment élevée de la population pour stopper la circulation du virus, un niveau qui est atteint en contrepartie d’un nombre de décès proportionnel.  

Mais il s’est apparemment trompé de mot puisqu’il a dit «mentalité de groupe» («herd mentality» au lieu de «herd immunity»). 

«Pas confiance en Trump» 

«Trump a confirmé ce soir, encore, qu’après avoir laissé empirer pendant huit mois la pire crise sanitaire depuis 100 ans, non seulement il n’a pas de plan, mais il ne comprend rien», a dit la porte-parole de Joe Biden, Kate Bedingfield. 

Toujours est-il que la course aux vaccins avance vite aux États-Unis, avec deux candidats (Pfizer et Moderna) sur le point d’avoir recruté 30 000 participants dans leurs essais cliniques contre placebo. 

«Nous sommes à quelques semaines d’en avoir un», a répété Donald Trump mardi, sans préciser s’il parlait de la disponibilité de résultats ou d’une autorisation officielle. «Cela pourrait être trois, quatre semaines». 

«Je fais confiance aux vaccins, je fais confiance aux scientifiques, mais je n’ai pas confiance en Donald Trump. Et en ce moment, les Américains ne peuvent pas avoir confiance non plus», lui a répondu Joe Biden mercredi.  

Même si les essais cliniques étaient concluants avant l’élection du 3 novembre, ce qui est jugé improbable par des responsables et des experts, la distribution de doses sera initialement «très limitée» et réservée à certaines populations prioritaires, peut-être à partir de novembre ou décembre, a dit mercredi au Congrès le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Robert Redfield. 

«Si vous me demandez quand le reste des Américains pourra bénéficier du vaccin pour revenir à une vie normale, je ne pense pas avant le deuxième ou troisième trimestre de 2021», a-t-il prédit. 

Sur l’économie et l’immigration, les conservateurs près des républicains

Présidentielle américaine

Sur l’économie et l’immigration, les conservateurs près des républicains

Jean Philippe Angers
La Presse Canadienne
S’il y a certainement des rapprochements à faire entre les vues de partisans conservateurs au Canada et républicains aux États-Unis, de même qu’entre partisans libéraux et démocrates, le fossé idéologique est beaucoup moins marqué au Canada que chez les voisins du sud, laisse croire un nouveau sondage de Léger et de l’Association d’études canadiennes. Et en fait, sur quelques sujets, les conservateurs canadiens ne sont pas si loin des démocrates américains.

Sur des enjeux comme l’économie et l’immigration, les «familles idéologiques», si l’on peut dire, sont généralement bien campées.

Ainsi, 64 % des conservateurs sondés et 61 % des républicains soutiennent une réduction du rôle du gouvernement dans l’économie. Les démocrates ne sont tout de même pas si loin, à 57 %, tandis qu’ils sont seulement 33 % des libéraux à privilégier une telle approche moins interventionniste.

Pour ce qui est de l’appui à des baisses d’impôt importantes, partisans libéraux canadiens et partisans du Parti démocrate aux États-Unis sont main dans la main à 61%, tandis que 81% des conservateurs et 78% des républicains privilégient une telle avenue politique.

Nul besoin de souligner que l’immigration a eu tendance à être un enjeu particulièrement polarisant : 73 % des libéraux et 72 % des démocrates sondés sont favorables à l’accueil de plus d’immigrants dans leur pays, tandis que seulement 28 % des conservateurs et 33 % des républicains sont de cet avis.

Aussi, les questions touchant à l’environnement apportent leur lot d’opinions tranchées.

Pétrole, climat, COVID...

En outre, 51 % des libéraux et 66 % des démocrates appuient une réduction de la production de pétrole dans leur pays; ils sont seulement 21 % des conservateurs et 28 % des républicains sondés à faire de même.

Tout de même, sur la question fondamentale de la réalité du réchauffement de la planète — «Est-ce que vous estimez que le changement climatique est réel?» — le fossé est beaucoup plus grand aux États-Unis, avec 35 % des républicains répondant «non», comparativement à 6 % des démocrates. Au Canada, 18 % des conservateurs ayant répondu au sondage semblent nier l’existence du changement climatique, contre 5 % des libéraux.

La gestion de la crise de la COVID-19 par l’administration Trump occupera une place centrale dans la présente campagne, et la minimisation des risques par le président a certainement rejoint l’avis de plusieurs Américains, et en a indigné de nombreux autres.

Concernant la COVID-19, 88 % des démocrates estiment qu’elle est «plus dangereuse» que la grippe saisonnière. Cet avis n’est partagé que par 47 % des républicains — 38 % des partisans du «GOP» croyant qu’elle est «aussi dangereuse» que la grippe saisonnière.

Le lien entre le réchauffement et les événements extrêmes est clair, dit Biden

Présidentielle américaine

Le lien entre le réchauffement et les événements extrêmes est clair, dit Biden

James McCarten
La Presse Canadienne
WASHINGTON — Donald Trump est un «pyromane climatique», a avancé son adversaire démocrate, lundi, alors que l’enjeu des changements climatiques s’est heurté à la politique présidentielle américaine dans le cadre de la course à la Maison-Blanche.

Joe Biden a choisi d’exploiter le mépris de M. Trump envers la crise climatique au moment même où le président sortant se rendait en Californie pour faire le point sur les violents incendies de forêt qui font rage le long de la côte ouest des États-Unis.

Pour M. Biden, l’arrivée d’un ouragan de catégorie 1 dans le golfe du Mexique au large de la Floride, avec un barrage de tempêtes tropicales qui s’aligne derrière lui dans l’océan Atlantique, n’aurait pas pu survenir à un meilleur moment.

«Le déni climatique de Donald Trump n’a peut-être pas provoqué ces incendies, ces inondations et ces ouragans records, mais s’il obtient un second mandat, ces événements infernaux continueront de devenir plus courants, plus dévastateurs et plus meurtriers», a prévenu Joe Biden, depuis le Delaware.

Comme il l’avait fait il y a deux ans, Donald Trump a tenté lundi d’attribuer les incendies de forêt californiens à l’incapacité de l’État à procéder à un «ratissage et nettoyage» approprié de ses sols forestiers.

Une soixantaine de pompiers québécois participent actuellement à la lutte contre un brasier dans le nord Californie, et Ottawa ne prévoit pas dépêcher d’autres renforts à moins qu’on lui en fasse la demande.

Lors de la mise à jour de lundi, Jake Cagle, du Service des forêts des États-Unis, a toutefois signalé que les ressources commencent à manquer.

Et la fumée qui se dégage des feux se fait déjà sentir de l’autre côté de la frontière canado-américaine, relève le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, qui représente la circonscription de Vancouver Nord. Il dit y voir une «leçon importante pour nous tous sur le fait que nous devons réfléchir à la crise qui se profile à l’horizon», c’est-à-dire la crise climatique.

Trump augmente ses dépenses publicitaires pour contrer Biden

Présidentielle américaine

Trump augmente ses dépenses publicitaires pour contrer Biden

Brian Slodysko
Associated Press
WASHINGTON — La campagne de réélection du président Donald Trump annonce qu’elle augmente ses dépenses publicitaires dans les États cruciaux, une décision qui intervient face à l’inquiétude croissante de certains de ses alliés de voir le démocrate Joe Biden la dépasser ces dernières semaines.

La campagne Trump a annoncé mardi l’achat à «huit chiffres» d’annonces, mais a refusé de dire spécifiquement combien sera dépensé dans des États qui incluent la Caroline du Nord, la Floride, la Géorgie, le Michigan, le Minnesota, le Wisconsin, l’Arizona et la Pennsylvanie. La campagne a également déclaré qu’elle avait l’intention de diffuser des annonces ciblant des districts du Congrès du Maine et du Nebraska — deux États où le gagnant ne remporte pas tous les électeurs en jeu.

M. Trump a une capacité démesurée à attirer l’attention des médias nationaux et s’est souvent montré apte à façonner les termes du débat politique à son avantage. Mais après avoir peiné à éroder considérablement la position de M. Biden dans les sondages d’opinion publique, la publicité reste l’un des meilleurs outils disponibles pour aider à modifier la trajectoire d’une élection qui approche rapidement.

Cela présente un dilemme aux enjeux élevés aux responsables des dépenses de la campagne Trump, à un moment où les démocrates ont fracassé les records de collecte de fonds et plus que comblé le formidable avantage financier dont jouissaient précédemment les républicains.

«La campagne publicitaire de cette semaine poursuit notre plan stratégique pour suivre les dates du calendrier, les États qui votent tôt, les données qui guident toujours notre prise de décision et notre chemin», a déclaré dans un communiqué le directeur de campagne de M. Trump, Bill Stepien.

100 M$ pour Bloomberg

Pourtant, alors même que la campagne annonçait cet engagement renouvelé, elle continuait d’être dépassée par M. Biden. Selon les données de la société Kantar / CMAG, le candidat démocrate a également réservé une quantité importante de temps d’antenne dans des États que M. Trump a remportés facilement en 2016, dont 15 millions $ US pour l’Ohio.

La campagne Trump a également brusquement annulé une partie de son temps d’antenne à la dernière minute, y compris une série de publicités qui devaient être diffusées la semaine dernière en Arizona, au New Hampshire et en Pennsylvanie. La campagne a expliqué que ces décisions faisaient partie d’un changement plus large des dépenses publicitaires.

Pendant ce temps, dans l’État adoptif de M. Trump, en Floride, l’ancien maire milliardaire de New York Michael Bloomberg a annoncé le week-end dernier qu’il dépenserait au moins 100 millions $US de son propre argent pour vaincre M. Trump à cet endroit. Cela risque de désavantager M. Trump, à moins qu’il n’augmente les 32,6 millions $US de temps publicitaire qu’il a réservés dans l’État.

Les publicités que M. Trump lance contre M. Biden utilisent la voix de gens ordinaires pour attaquer l’ancien vice-président et essayer de transformer sa longévité en tant que politicien à Washington en désavantage.

«Joe Biden ne pourrait jamais gérer l’économie après la COVID. Il n’y a aucun moyen. Ce serait un désastre, dit une femme identifiée comme la propriétaire d’une petite entreprise. Joe Biden n’a absolument rien fait pour l’Amérique en 47 ans.»

Une autre annonce dépeint M. Biden comme doux envers la Chine et favorable aux «mauvais accords commerciaux» qui ont aidé à délocaliser des emplois bien rémunérés.

Les publicités «se concentrent sur l’économie, qui sera la question déterminante de la course, et opposent le solide bilan économique du président Trump aux 47 années d’échec de Joe Biden», a déclaré la campagne Trump dans un communiqué.

«Les publicités diffusées à la télévision locale à partir de mardi mettent en vedette de vraies personnes dont la vie a été positivement affectée par les politiques du président Trump.»


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COVID: TRUMP COMPARE SA STRATÉGIE À CELLE DE CHURCHILL

Une ex-employée de Facebook accuse le groupe de laxisme face aux manipulations politiques

Monde

Une ex-employée de Facebook accuse le groupe de laxisme face aux manipulations politiques

AFP
Agence France-Presse
NEW YORK — Facebook pourrait en faire davantage pour faire cesser la manipulation politique de sa plateforme par divers gouvernements, estime une spécialiste des données, récemment licenciée par le réseau social.

Dans une note à charge de 6600 mots, publiée lors de son dernier jour chez Facebook et obtenue par Buzzfeed News, Sophie Zhang accuse le géant californien d’avoir ignoré ou d’avoir tardé à agir contre de faux comptes utilisés pour saper les élections et la vie politique de nombreux pays.

«J’ai décelé de multiples tentatives flagrantes par des gouvernements étrangers d’exploiter notre plateforme à large échelle dans le but de tromper leurs propres citoyens», y écrit Mme Zhang.

«J’ai du sang sur les mains», poursuit-elle.

Dans l’un des exemples cités, Mme Zhang révèle qu’il a fallu neuf mois à Facebook pour prendre des mesures contre une campagne se servant «d’actifs inauthentiques» utilisés à des fins de manipulation en faveur du président du Honduras Juan Orlando Hernandez.

Le rapport mentionne également des efforts concertés pour harceler, tromper ou manipuler des citoyens en Azerbaïdjan, Ukraine, Bolivie, Équateur, Inde et dans d’autres pays, ainsi que des tentatives de manipulation électorale aux États-Unis et au Brésil.

Le magazine<em> </em>Scientific American soutient Biden, une première en 175 ans

Présidentielle américaine 2020

Le magazine Scientific American soutient Biden, une première en 175 ans

David Bauder
Associated Press
NEW YORK — C’est la première fois en 175 ans d’histoire que le magazine Scientific American appuie un candidat présidentiel, mais son éditrice en chef a confié mardi qu’il n’y a pas eu de grands débats à l’interne avant de se ranger derrière Joe Biden.

Laura Helmuth a expliqué que l’administration du président Donald Trump a été encore pire pour la communauté scientifique que ce qu’elle craignait.

Le magazine a annoncé son choix en ligne mardi, 24 heures après que M. Trump eut remis en question la science des changements climatiques en lien avec les incendies qui ravagent la Californie. Mme Helmuth assure toutefois qu’il s’agit d’une coïncidence et que l’éditorial a été composé au cours des deux derniers mois.

Scientific American écrit que «les preuves et la science démontrent que Donald Trump a fondamentalement endommagé les États-Unis et son peuple en rejetant les preuves et la science».

L’éditorial condamne vertement la gestion de la pandémie de coronavirus par M. Trump. On lui reproche aussi d’avoir sabré dans le financement scientifique et d’avoir nui à la réponse américaine aux changements climatiques.

M. Biden, poursuit le magazine, «a démontré qu’il suit les données et se laisse guider par la science».

Incendies: «Ça finira par se refroidir», lance Trump en Californie

Présidentielle américaine 2020

Incendies: «Ça finira par se refroidir», lance Trump en Californie

Jerome Cartillier
Agence France-Presse
Laurent BANGUET
Agence France-Presse
Cyril Julien
Agence France-Presse
MCCLELLAN PARK — «Ça finira par se refroidir»: le président Donald Trump a balayé lundi d’une phrase les inquiétudes sur le réchauffement climatique lors d’une visite en Californie, en proie comme toute la côte Ouest des États-Unis à des incendies meurtriers d’une ampleur historique, aggravés par une sécheresse chronique. 

Les dizaines de brasiers qui dévastent la côte depuis des jours ont déjà fait au moins 35 morts depuis le début de l’été, dont 27 rien que cette semaine dans les trois États de Washington, Oregon et de Californie.

«Ça finira par se refroidir», a assuré le président américain lors d’un échange avec Wade Crowfoot, un responsable local de l’agence de protection des ressources naturelles de Californie.

«Je ne pense pas que la science sache réellement», a ajouté le candidat républicain, qui tient régulièrement des propos climatosceptiques.

«Les preuves observées parlent d’elles-mêmes: le changement climatique est réel et il aggrave» les incendies, a insisté pour sa part Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie.

Le président américain a effectué lundi un bref déplacement à Sacramento, la capitale de l’État, pour s’informer de la situation avant de repartir pour faire campagne en Arizona.

Trump reconnaît qu’il s’entend mieux avec les dirigeants «durs et méchants»

Présidentielle américaine 2020

Trump reconnaît qu’il s’entend mieux avec les dirigeants «durs et méchants»

Agence France-Presse
WASHINGTON — Le président américain Donald Trump reconnaît, dans un enregistrement rendu public lundi, qu’il s’entend mieux avec les dirigeants étrangers «durs et méchants». 

Ces confidences, enregistrées par le journaliste d’investigation Bob Woodward, ont été diffusées par la chaîne NBC à la veille de la publication du livre Rage, une chronique de sa présidence basée sur 18 entretiens entre les deux hommes. 

Dans cet extrait, Donald Trump revient sur ses liens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a muselé la presse et emprisonné des dizaines de milliers d’opposants après une tentative de coup d’État en 2016.  

«Je m’entends très bien avec Erdogan, même si je ne suis pas censé parce que tout le monde dit: “Quel horrible type”», confie-t-il dans cet enregistrement en date du 22 janvier, avant d’élargir son propos à l’ensemble de ses homologues étrangers.  

«Je peux vous dire que, plus ils sont durs et méchants, mieux on s’entend», dit-il. «Vous m’expliquerez ça un jour, OK?», demande-t-il à son interlocuteur. «Les plus faciles sont peut-être ceux que j’aime le moins, ou plutôt avec lesquels je m’entends le moins bien.» 

Une réunion en salle de Trump indigne les autorités locales aux États-Unis

Présidentielle américaine 2020

Une réunion en salle de Trump indigne les autorités locales aux États-Unis

Agence France-Presse
WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a tenu dimanche sa première réunion entièrement en intérieur depuis des mois, indignant les autorités locales qui avaient averti que le rassemblement pourrait enfreindre les restrictions liées au coronavirus concernant la jauge autorisée.

La réunion programmée dimanche dans la ville de Henderson, dans le Nevada, a attiré les foudres des autorités locales qui ont signalé que les évènements rassemblant plus de 50 personnes n’étaient pas autorisés à cause du coronavirus. 

«La ville de Henderson a fait parvenir une lettre formelle et un avertissement verbal à l’organisateur de l’événement expliquant que l’événement, tel qu’il était programmé, violait directement les directives d’urgence liées à la COVID-19 du gouverneur», a déclaré la porte-parole de la ville Kathleen Richards dans un communiqué. 

Trump s’est servi du rassemblement de dimanche à Henderson, dans la banlieue de Las Vegas, pour applaudir sa propre gestion de la pandémie, qui a tué près de 195 000 Américains, le bilan le plus élevé au monde. 

«Nous avons fait un travail incroyable, nous n’obtenons absolument aucune reconnaissance pour le travail que nous avons fait», a dit M. Trump à la foule réunie, ajoutant que son leadership a «sauvé des millions de vies». 

Actions «irréfléchies et égoïstes»

Le gouverneur de l’État, Steve Sisolak, a écrit sur Twitter que «ce soir, le président Donald Trump mène des actions irréfléchies et égoïstes, qui mettent d’innombrables vies en danger ici au Nevada». 

«Il semblerait que le président ait oublié que son pays est encore en plein milieu d’une pandémie mondiale», a-t-il souligné. 

Donald Trump a qualifié M. Sisolak, un démocrate, d’être un «amateur en politique» et a exhorté la foule à «dire à votre gouverneur d’ouvrir votre État». 

La pandémie a privé la campagne présidentielle américaine de son flot habituel de réunions, mais à moins de deux mois du scrutin, Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden ont accéléré le rythme de leurs apparitions. 

L’équipe de campagne de M. Trump a fait savoir que des prises de température seraient faites à l’entrée de la réunion et que des masques seraient remis aux participants, encouragés à les porter. 

«Si vous pouvez rejoindre des dizaines de milliers de personnes manifestant dans les rues, jouer dans un casino ou brûler des petits commerces lors d’émeutes, vous pouvez vous réunir pacifiquement selon le premier amendement pour écouter le président des États-Unis», a déclaré à des journalistes le directeur de la communication de la campagne de Donald Trump, Tim Murtaugh. 

En juin, Donald Trump avait déjà été lourdement critiqué après avoir tenu à Tulsa, dans l’Oklahoma, une réunion en salle, plus tard soupçonné d’avoir été à l’origine d’un pic de cas de COVID-19. La plupart des participants n’avaient pas respecté les consignes de distanciation et refusaient de porter des masques. 

Les cas de coronavirus à Tulsa avaient largement augmenté dans les semaines suivant cette réunion Tulsa, les autorités sanitaires locales précisant qu’il était «plus que probable» que de grands rassemblements y aient contribué.

Dernière réunion de la Fed avant l’élection présidentielle

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Dernière réunion de la Fed avant l’élection présidentielle

Julie Chabanas
Agence France-Presse
WASHINGTON — La Banque centrale américaine tient mardi et mercredi sa réunion monétaire, la dernière avant l’élection présidentielle du 3 novembre, alors que démocrates et républicains sont dans l’impasse sur le vote d’un nouveau plan d’aide à l’économie américaine.

À l’issue de cette réunion, la Fed dévoilera ses prévisions pour l’économie américaine jusqu’en 2023, des données très attendues dans le contexte de grande incertitude générée par la crise de la COVID-19.

Les membres du comité monétaire devraient ainsi miser sur «une reprise (économique) lente, une reprise lente de l’inflation», anticipe Steve Englander, de la banque Standard Chartered.

Avant l’été, la Fed tablait sur un recul de 6,5 % du produit intérieur brut des États-Unis en 2020, avant un rebond de 5 % en 2021 et une hausse de 3,5 % en 2022.

Côté chômage, elle projetait un taux de 9,3 % en 2020, avant de tomber à 6,5 % en 2021 et 5,5 % en 2022.

Mais, les chiffres du mois d’août ont été meilleurs que prévu avec un taux de chômage réduit déjà à 8,4 % contre un pic historique de 14,7 % en avril.

Le PIB s’est, lui, contracté de 31,7 % au deuxième trimestre en rythme annualisé.

Acteurs du marché impatients

Un autre sujet devrait particulièrement intéresser les observateurs : le changement de politique annoncé fin août par l’institution.

Cette évolution, majeure, doit permettre à la Fed d’être plus efficace, notamment pour atteindre le plein emploi et faire profiter à tous d’une reprise économique, notamment aux minorités.

Son président Jerome Powell a ainsi profité de la réunion annuelle des Banques mondiales, virtuelle cette année, pour expliquer qu’une inflation supérieure à l’objectif des 2 % pourra être tolérée pendant un certain temps sans entraîner une augmentation automatique des taux d’intérêt.

Jusqu’alors, la politique habituelle voulait que les taux d’intérêt soient abaissés pour stimuler l’économie, mais rehaussés lorsque l’inflation est trop forte.

«Beaucoup attendent de la Fed qu’elle modifie sa déclaration de fin de réunion et ses prévisions pour refléter» ce changement, a également indiqué à l’AFP David Wessel, économiste pour la Brookings Institution.

Nouveau plan d’aide

«Je vais m’intéresser de près à la manière dont Jerome Powell parle de la politique budgétaire [du gouvernement]. Il a été assez prudent, tout en expliquant que la Fed espère que le Congrès fournira prochainement un soutien budgétaire à l’économie», a-t-il également souligné.

Démocrates et républicains ne parviennent pas, depuis plus d’un mois, à s’entendre sur un nouveau plan d’aide pour les ménages, entreprises, collectivités, écoles, etc.

Et, les deux camps se rejettent la responsabilité de l’échec, s’accusant mutuellement de calcul électoral à un mois et demi de l’élection.

L’hypothèse qu’il n’y ait au final pas de nouveau plan d’aide d’ici là n’est désormais plus à exclure.

Jerome Powell et d’autres responsables de la Fed ont régulièrement fait état de l’importance d’un nouveau plan d’aide pour permettre à la première économie du monde de repartir.

«Il va continuer à encourager un soutien budgétaire, sans prendre parti», a commenté Steve Englander.

Les responsables de la Fed devraient également bien se garder de commenter le duel entre Donald Trump et Joe Biden, à un mois et demi de l’élection.

«Si la question lui est posée [pendant la conférence de presse], [Jerome Powell] répondra qu’il ne fait pas de commentaire», avance Jay Bryson, chef économiste pour la banque Wells Fargo.

Rien à attendre non plus du côté des taux d’intérêt.

Ils ont été ramenés à zéro en mars face à la propagation de la COVID-19 aux États-Unis et à la mise en place des mesures de confinement. Et ne devraient pas bouger pendant plusieurs années, selon un entretien du président de la Fed à la radio publique NPR, le 4 septembre.

COVID-19: Biden critique la visite «irresponsable» de Trump dans le Nevada

Présidentielle américaine 2020

COVID-19: Biden critique la visite «irresponsable» de Trump dans le Nevada

Agence France-Presse
WASHINGTON — Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden a critiqué samedi la décision « irresponsable » de Donald Trump de se rendre dans le Nevada samedi pour une rencontre de campagne, dont le lieu a dû être changé pour respecter les restrictions liées à la COVID-19.

Le président américain, qui brigue un second mandat en novembre, doit s’exprimer près de Reno, troisième grande ville du Nevada, un des États clés qui pourrait faire basculer l’élection. 

M. Trump «ne peut nier la réalité», a estimé le candidat démocrate. «Plusieurs mois après avoir reconnu avoir trompé les Américains sur la pandémie, il n’a toujours aucun programme pour endiguer la COVID-19, un virus qui a tué plus de 1400 habitants du Nevada, atteint plus de 72 000 résidents et détruit les moyens de subsistance de centaines de milliers de travailleurs dans l’État». 

«La population du Nevada n’a pas besoin de nouvelles fanfaronnades du président, elle n’a pas besoin de ses rencontres de campagne irresponsables qui ignorent la réalité de la COVID-19 et menacent la santé publique»,  a-t-il ajouté. 

M. Trump avait initialement prévu de s’exprimer dans un hangar de l’aéroport international de Reno, mais les autorités locales avaient prévenu que l’évènement dépasserait le nombre limite de personnes autorisées à se rassembler pendant la pandémie (50). 

Le président s’est replié sur un aéroport plus petit, celui de Minden-Tahoe Airport, à 70 km de là. 

Selon le dernier bilan de l’université Johns Hopkins, plus de 6,4 millions d’Américains ont été atteint de la COVID-19 depuis le début de l’année, et plus de 193 000 en sont morts.

11-Septembre: Trump et Biden évitent la controverse malgré des cérémonies rivales

Présidentielle américaine 2020

11-Septembre: Trump et Biden évitent la controverse malgré des cérémonies rivales

Brendan Smialowski
Agence France-Presse
Catherine Triomphe
Agence France-Presse
NEW YORK — Donald Trump solennel, évitant la controverse en Pennsylvanie, Joe Biden dans l’empathie au mémorial de «Ground Zero» à New York : les candidats à la présidentielle américaine ont globalement respecté vendredi la trêve que représente la commémoration des attentats du 11 septembre 2001, même si des cérémonies rivales ont entamé ce vœu apparent d’unité.  

Après le 11-Septembre, «nous étions unis par notre conviction que l’Amérique est le pays le plus exceptionnel au monde, béni par les plus incroyables héros, et que ce pays vaut la peine d’être défendu jusqu’au dernier souffle», a déclaré le président américain depuis Shanksville, en Pennsylvanie, où s’écrasa un des quatre vols détournés par les membres d’Al-Qaïda.  

«C’est le symbole de ce que nous sommes en tant qu’Américains, car ce jour-là, nous nous sommes rassemblés, formant une seule nation», a ajouté le président, accompagné de sa femme Melania. 

Il a profité de ce discours pour rappeler que les forces américaines avaient, sous sa présidence, tué «le tueur sauvage» et chef de l’État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi en octobre 2019, puis le général et «boucher» iranien Qassem Soleimani en janvier 2020. 

Il n’a, en revanche, pas mentionné l’élimination, en mai 2011, d’Oussama ben Laden, chef d’Al-Qaïda et inspirateur des attentats du 11-Septembre, sous la présidence de Barack Obama. 

«Expérience personnelle» 

Au même moment, son rival démocrate Joe Biden, qui a récemment accéléré le tempo de sa campagne après des semaines cloîtré dans sa maison du Delaware, était lui sur le site de «Ground Zero» à New York, au milieu des proches des près de 3000 victimes des attaques du World Trade Center. 

Le candidat avait promis, avant son arrivée à New York, qu’en ce jour d'anniversaire il ne parlerait «que du 11-Septembre» et que sa campagne avait suspendu toutes les publicités pour l’occasion.  

«C’est une journée solennelle, et on va faire en sorte qu’elle le reste», avait-il déclaré, avant d’appeler, depuis New York, le peuple américain à l’unité pour faire face à la pandémie de coronavirus, à l’instar des jours qui suivirent le 11-Septembre.  

Pendant que les haut-parleurs résonnaient de la longue liste des noms des victimes, préenregistrée cette année pour cause de pandémie, le candidat de 77 ans a témoigné de son empathie notoire à une nonagénaire, qui a perdu un fils dans les attentats.  

La douleur «ne disparaît jamais» lui a-t-il dit, main sur le cœur. 

Il a ensuite encore souligné son expérience du deuil devant quelques journalistes. «Je sais d’expérience, ayant perdu ma femme, ma fille, mon fils, que vous revivez ce moment, comme s’il se reproduisait, c’est dur», a-t-il déclaré. 

Accompagné du gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo et d’autres élus démocrates new-yorkais, l’ex-vice-président de Barack Obama a brièvement salué, du coude, le vice-président républicain Mike Pence. 

«Marquer des points»

Mais à moins de deux mois de la présidentielle, la polarisation du pays n’était pas oubliée pour autant : une autre cérémonie était organisée, à quelques rues de Ground Zero, par des dignitaires républicains, à laquelle se sont rendus l’ex-maire républicain de New York et avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, ainsi que Mike Pence. 

Joe Biden s’est ensuite rendu à Shanksville, quelques minutes seulement après le départ de Donald Trump, rentré à Washington en fin de matinée.  Il s’est entretenu avec les familles de trois passagers de l’appareil d’United Airlines qui s’est écrasé à Shanksville le 11-Septembre. 

Si ces commémorations sont censées être «dépourvues de rhétorique politicienne», elles constituent des évènements très médiatisés et «le seul fait d’être présent, de faire preuve de leadership et d’empathie, permet de marquer des points», souligne Robert Shapiro, professeur de sciences politiques à l’université Columbia. 

Le choix par les deux candidats de la Pennsylvanie, où les derniers sondages les donnent au coude-à-coude, illustre «les calculs évidents» derrière ces évènements, selon lui. 

Longtemps démocrate, la Pennsylvanie, État natal de Joe Biden, avait basculé à une courte majorité pour Donald Trump en 2016, contribuant à la victoire-surprise du magnat new-yorkais sur Hillary Clinton. 

Rentré à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a pas attendu la fin de cette journée anniversaire pour reprendre ses attaques contre les démocrates, les accusant, via Twitter, de vouloir utiliser le Congrès pour aider les États où ils sont aux affaires.

Les géants internet sur le front russe... et intérieur

Présidentielle américaine 2020

Les géants internet sur le front russe... et intérieur

Julie Jammot
Agence France-Presse
SAN FRANCISCO — Les géants de la tech sont mobilisés contre les menaces qui pèsent sur la présidentielle américaine, de Microsoft qui a détecté de nouvelles cyberattaques contre les équipes de campagne venues de Chine et de Russie, aux réseaux sociaux qui anticipent des résultats contestés.

Depuis des mois, Facebook, Twitter, Google et Microsoft multiplient les annonces sur des cyberattaques déjouées et opérations de propagande démantelées, orchestrées depuis l’étranger, notamment de la Russie.

Jeudi, Microsoft a ainsi révélé, entre autres, qu’un groupe de pirates russes, Strontium, avait attaqué plus de 200 organisations impliquées dans la campagne présidentielle (partis, consultants, etc).

Jeudi aussi, les États-Unis ont sanctionné un Ukrainien considéré comme un «agent de la Russie» pour avoir tenté de «discréditer» Joe Biden, et dont les montages censés incriminer le candidat démocrate à l’élection du 3 novembre avaient été relayés par son rival, Donald Trump lui-même.

Le rapport de Microsoft prouve que «la Chine, l’Iran et la Russie essaient de saboter notre démocratie et d’influencer nos élections», a réagi le ministère de l’Intérieur américain.

Pékin a dénoncé vendredi des accusations «inventées de toutes pièces» du géant informatique.

Les entreprises et les autorités ont à coeur de montrer leur investissement pour éviter une répétition des scandales de 2016.

Il y a quatre ans, la campagne avait été marquée par des opérations massives d’influence déguisées, principalement menées par des organisations proches du Kremlin, comme la «Internet Research Agency» (IRA), en faveur de Donald Trump.

Menace intérieure

Les plateformes s’attendent aussi à des tactiques de type «hack-and-leak», où des entités liées à des États donnent des informations piratées aux médias et se servent des réseaux pour les propager.

C’est ce qui s’était passé avec des courriels d’Hillary Clinton, la candidate démocrate en 2016.

Mais ces deux dernières années, les plateformes, en collaboration avec le FBI et d’autres agences, sont devenues expertes en réseaux de faux comptes qui répandent de fausses informations, théories du complot, incitations à la haine et vidéos détournées.

Elles font désormais surtout face à un contexte national extrêmement tendu, entre la pandémie et la vague de manifestations contre le racisme, qui entraînent régulièrement des violences.

Sans compter un acteur majeur, très actif sur les réseaux sociaux, le tempétueux président américain.

Donald Trump met régulièrement en doute la fiabilité du vote par correspondance, une méthode prisée et éprouvée aux États-Unis, et cruciale en période de crise sanitaire. Il a même récemment suggéré à ses partisans de voter deux fois.

Facebook et Twitter ont sévi à plusieurs reprises, en épinglant des notes d’information à ce genre de messages, et en redirigeant le public vers des informations vérifiées.

Un plus grand recours au vote par courrier signifie aussi que les résultats pourraient mettre plus longtemps que d’ordinaire à être connus et confirmés.

Prudence

Les deux groupes californiens, ainsi que YouTube (propriété de Google), se préparent à des scénarios catastrophes au cas où leurs plateformes seraient utilisées pour proclamer des résultats ou appeler à les contester, par exemple.

Dans une interview sur Fox News, en juillet, le locataire de la Maison-Blanche avait refusé de dire s’il accepterait les résultats sortis des urnes.

Twitter, qui a interdit les publicités politiques il y a près d’un an, a fait savoir jeudi qu’il allait désormais retirer ou «étiqueter» les «messages faux ou trompeurs», sapant la confiance du public dans les élections, y compris d’éventuels tweets s’arrogeant la victoire avant l’annonce officielle.

Trois types de propos sont concernés : les messages qui «créent de la confusion» sur le processus démocratique ou les autorités responsables du scrutin, les informations non vérifiées sur de soi-disant fraudes, et ceux qui interfèrent avec le décompte, comme «les comportements illégaux qui visent à empêcher une transition pacifique».

Facebook a de son côté créé un centre d’information en ligne sur le scrutin et annoncé qu’aucune nouvelle publicité politique ne pourrait être diffusée dans la semaine précédant l’élection.

Sur YouTube, Google tente aussi d’afficher en priorité les informations jugées fiables.

Le géant des algorithmes a en outre pris jeudi une nouvelle mesure contre la désinformation.

La fonction d’autoremplissage dans la barre Google ne prédira plus la suite des phrases avec des options «pouvant être interprétées comme des allégations contre des candidats ou des partis», a expliqué Pandu Nayak, un vice-président responsable du moteur de recherche.

Cela concerne aussi les détails pratiques. Par exemple, si un utilisateur tape «voter par...», Google ne proposera plus «par téléphone» dans le menu déroulant.

Dans l'Amérique de Trump, plus rien n'est comme avant

Présidentielle américaine 2020

Dans l'Amérique de Trump, plus rien n'est comme avant

Calvin Woodward
Associated Press
WASHINGTON — Nous ne tenons dorénavant plus pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes.

- Une élection présidentielle aura lieu tous les quatre ans aux États-Unis.

- Les forces armées ne seront pas impliquées dans ces élections.

- Ou dans des manifestations au pays.

- Les médicaments seront approuvés quand la science déterminera qu'ils sont sécuritaires et efficaces, pas parce qu'un politicien veut qu'ils soient approuvés avant le jour du vote.

- Les États-Unis donnent l'exemple au monde lors d'un transfert pacifique du pouvoir.

- Vous recevrez vos chèques, factures, lettres - et bulletins de vote - à temps, dans votre boîte aux lettres.

Dans l'Amérique de Donald Trump, des vérités auparavant tellement évidentes qu'elles n'avaient pas besoin d'être énoncées doivent maintenant l'être.

C'est un pays où même la cruelle réalité de quelque 190 000 morts causées par le coronavirus est contestée par ceux qui prêtent l'oreille aux théories du complot et à la science de mauvaise qualité. Où le bien commun est évincé par des affrontements tribaux entre les masqués et les non-masqués. Et où le président crie à la fraude électorale avant même qu'un seul vote ait été déposé.

Le président Trump s'aventure là où ses prédécesseurs n'ont jamais osé aller, piétinant les traditions, brouillant les lignes - comme on le dit à Washington - disant à voix haute ce qu'on chuchote habituellement. Ses partisans en redemandent. Ses adversaires n'en peuvent plus. Personne ne peut y échapper.

Le vaccin contre la COVID-19 s'invite dans la campagne américaine

Présidentielle américaine 2020

Le vaccin contre la COVID-19 s'invite dans la campagne américaine

Agence France-Presse
WASHINGTON — L'éventualité d'un vaccin pour protéger les Américains de la COVID-19 s'est invitée dans la campagne électorale, quand le président Donald Trump a accusé les démocrates de «dénigrer» à des fins politiques un vaccin qui, a-t-il assuré à plusieurs reprises, pourrait être disponible avant les élections. 

«C'est tellement dangereux pour notre pays, ce qu'ils disent, mais le vaccin sera très sûr et très efficace», a promis le président lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

M. Trump a lancé l'accusation après que la sénatrice Kamala Harris, la candidate à la vice-présidence des démocrates, eut déclaré qu'elle «ne ferait pas confiance à sa parole» pour obtenir le vaccin. «Je ferais confiance à la parole des experts en santé publique et des scientifiques, mais pas à Donald Trump», a déclaré Mme Harris.

Quand on a demandé au candidat présidentiel démocrate Joe Biden s'il recevrait un vaccin contre la COVID-19, il a répondu que oui, mais qu'il souhaite également voir ce que les scientifiques en pensent.

M. Biden a rappelé que M. Trump a dit «tant de choses qui ne sont pas vraies, je suis inquiet si nous avons un très bon vaccin, les gens vont être réticents à le prendre. Il mine donc la confiance du public».

Pourtant, l'ancien vice-président a déclaré: «Si je pouvais me faire vacciner demain, je le ferais, me si cela me coûtait l'élection, je le ferais. Nous avons besoin d'un vaccin et nous en avons besoin maintenant».

Biden devance Trump chez les électeurs hispaniques américains

Présidentielle américaine 2020

Biden devance Trump chez les électeurs hispaniques américains

AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON —  Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden, devance largement Donald Trump dans les intentions de vote des électeurs hispaniques pour la présidentielle du 3 novembre aux États-Unis, selon un sondage publié mardi. 

65 % des électeurs hispaniques envisagent de voter pour l’ancien vice-président de Barack Obama, tandis que 24 % prévoient de donner leur vote à l’actuel président, selon un sondage de l’organisation NALEO et l’institut de sondage Latino Decisions.

Parmi les principales préoccupations des sondés latino-américains à s’être détachées : la pandémie, la crise économique qui en découle et le mouvement de protestation historique contre le racisme, soit les thèmes marquants de la campagne électorale.  

52 % des personnes interrogées ont déclaré désapprouver fortement la gestion de la pandémie par le président républicain.  

Pour les électeurs hispaniques consultés, le président élu en novembre devra s’atteler en priorité à gérer la pandémie (47 %), puis à réduire le coût des soins de santé (31 %).  

L’enquête d’opinion révèle aussi que l’élection présidentielle de 2020 intéresse plus les Hispaniques que celle de 2016.  

62 % des sondés se disent plus intéressés cette année qu’il y a quatre ans et 78 % ont affirmé qu’ils se rendraient aux urnes de façon «quasi certaine», mais de préférence par correspondance (55 %) plutôt qu’en présentiel (45 %).  

55 % des électeurs latinos interrogés pensent que Joe Biden et les démocrates font «du bon travail» pour s’occuper des problèmes de la communauté hispanique, tandis que 45 % considèrent que Donald Trump et les républicains sont «hostiles» à leur communauté.  

La présidence de Donald Trump a été marquée par un durcissement de la politique anti-immigration américaine, le projet d’érection d’un mur à la frontière avec le Mexique et de nombreuses saillies visant des immigrés mexicains, qualifiés de «violeurs» et «criminels» durant la campagne de 2016.  

Les Hispaniques sont la première minorité aux États-Unis et représentent 60 millions de personnes, soit plus de 18 % de la population totale du pays.  

Un nombre record de 32 millions d’électeurs hispaniques pourrait voter lors de l’élection de novembre, selon l’institut Pew Research Center.  

Le sondage NALEO/Latino Decisions a été réalisé entre le 1er et le 6 septembre sur un échantillon de 400 Hispaniques inscrits sur les listes électorales, avec une marge d’erreur de plus ou moins 4,9 %.  

Laminé dans les sondages, Trump revient fort chez les parieurs

Présidentielle américaine 2020

Laminé dans les sondages, Trump revient fort chez les parieurs

Thomas Urbain
Agence France-Presse
NEW YORK — Les sondages sont à sens unique et donnent systématiquement Joe Biden vainqueur de l’élection présidentielle américaine, mais la cote de Donald Trump remonte en flèche chez les parieurs, tout comme en 2016.

Mal en point fin juillet, le chef de l’État américain est désormais au coude-à-coude avec le candidat démocrate, voire même favori chez quelques bookmakers britanniques ou australiens.

Parier 100 $ sur Donald Trump aujourd’hui rapporterait environ 190 $ en cas de victoire du candidat républicain, le rapport étant sensiblement le même pour son concurrent.

«Il n’y a aucun doute que le vent a tourné en faveur du président Trump», affirme Rupert Adams, porte-parole de la maison britannique William Hill, qui a déjà accepté près d’un million de livres (1,32 million $US).

Les paris sur des élections locales ou nationales sont interdits aux États-Unis. Tout se passe sur des sites étrangers, parfois accessibles aux Américains.

Après un ralentissement des paris lié au coronavirus, «l’intérêt est revenu ces dernières semaines», constate Lee Price, porte-parole de Paddy Power, enseigne irlandaise, et «nous pensons que le facteur Trump va maintenir l’attention des parieurs».

Beaucoup se prennent à rêver d’un retournement similaire à celui de 2016, qui avait vu l’ancien promoteur immobilier revenir fort chez les parieurs avant de l’emporter à la surprise générale.

«Regarder où va l’argent»

Le bookmaker britannique Betfair a lui pris 10 millions de livres de paris (13,29 millions $US) depuis le 23 août, veille du début de la convention républicaine, et porté le total en jeu à 72 millions de livres (96 millions $US), contre 33 (44 $US) à la même époque lors de la campagne en 2016.

La maison s’attend donc à battre le record de 199 millions de livres pariés en 2016, dont la moitié après la fermeture des bureaux de vote, explique Darren Hugues, son porte-parole.

Outre la victoire finale, Paddy Power propose aussi de miser sur la possibilité qu’un aéroport mexicain se rebaptise Donald Trump ou que le chef de l’État américain fasse repeindre la Maison-Blanche couleur or.

Mais l’intérêt pour ces paris fantasques a un peu décru reconnaît Lee Price. «Trump est moins farfelu, bizarre ou marrant», qu’il ne l’était auparavant aux yeux du public, «et davantage effrayant, semble-t-il».

Matthew Collins, consultant australien de 29 ans, a placé 21 paris différents avant la convention républicaine, la presque totalité sur Donald Trump, vainqueur final, mais aussi gagnant dans plusieurs États, pour environ 20 000 dollars australiens, somme qu’il avait gagné grâce à un pari sur le ticket Biden/Harris côté démocrate.

Pour celui qui se décrit comme de gauche, l’accélération du candidat Trump est en partie liée à la convention républicaine, qui s’est tenue fin août, juste après son équivalent démocrate. «Les républicains ont donné l’impression qu’ils aimaient l’Amérique. […] Je n’ai pas entendu ça chez les démocrates, donc je pense que leur message ne passe pas.»

Nick Freiling, qui a parié 300 $US sur une victoire de Donald Trump dans le Minnesota, rappelle qu’il est classique que l’écart se resserre à l’approche du scrutin.

Autre facteur, selon lui, la COVID-19, qui a valu au président en exercice d’être sévèrement critiqué pour sa gestion de la crise, «n’est plus aussi présent dans nos esprits et les gens sont moins énervés, en général» qu’il y a quelques mois.

«Je ne pense pas que les sondages soient représentatifs de la réalité», dit Matthew Collins, pour qui «la marge d’erreur doit être très élevée».

«Les sondages chez les votants probables donnent peut-être Biden gagnant, mais qu’en est-il de l’enthousiasme des électeurs pour leur candidat, qui a un lien avec la participation ? Trump l’emporte haut la main là-dessus», fait valoir Nick Freiling.

«Il faut regarder où va l’argent», insiste Matthew Collins, qui s’attend aussi à ce que Donald Trump domine nettement les trois débats présidentiels. «C’est ça qui compte pour les gens. Ils ne vont pas mettre de l’argent s’ils ne pensent pas que c’est possible», tandis que «les gens peuvent mentir aux instituts de sondage, il n’y a aucune conséquence financière.»

Des parieurs voient aussi dans la proportion sans doute historique de votes par correspondance, pour cause de coronavirus, un aléa supplémentaire, qui pourrait être favorable au président sortant.

«Ça pourrait être le bazar», imagine Matthew.

Kamala Harris ne croirait pas Trump concernant un vaccin avant les élections

Monde

Kamala Harris ne croirait pas Trump concernant un vaccin avant les élections

AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON — Kamala Harris, la colistière démocrate de Joe Biden, a expliqué dans des déclarations parues samedi que si un vaccin contre le coronavirus était disponible avant les élections de novembre, elle ne croirait pas sur parole le président américain concernant sa sécurité et son efficacité.

«Je ne croirais pas Donald Trump. Ce devrait être une source d’information crédible qui parlerait de l’efficacité et de la fiabilité» d’un vaccin, a dit Kamala Harris à CNN.

«Je ne le croirai pas sur parole», a ajouté Kamala Harris, candidate démocrate à la vice-présidence.

Le président américain Donald Trump fait face à une pression intense pour juguler la contagion qui a obscurci ses perspectives de réélection, faisant naître l’inquiétude de voir son administration précipiter la recherche d’un vaccin pour favoriser sa campagne.

Les autorités sanitaires américaines ont demandé aux États de préparer la distribution à grande échelle d’un vaccin contre le coronavirus et d’être «complètement opérationnels d’ici le 1er novembre 2020», soit avant l’élection présidentielle

La lutte contre le virus, qui a tué plus de 188 000 personnes aux États-Unis et a enrayé la première économie mondiale, est devenue un des sujets chauds en vue de l’élection présidentielle du 3 novembre.

Devant ses soutiens la semaine dernière lors de la convention républicaine, Donald Trump a affirmé que les États-Unis «produiront un vaccin avant la fin de l’année, peut-être même avant».

Pour Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses qui gère l’essai du vaccin Moderna, les premiers résultats seront sans doute connus vers «novembre ou décembre», a-t-il dit sur CNN jeudi. Quant à octobre, «c’est improbable, mais pas impossible».

La porte-parole de la Maison-Blanche Kayleigh McEnany a nié jeudi toute pression pour obtenir un vaccin avant les élections: «Personne ne fait pression sur la FDA pour quoi que ce soit». «La priorité ici est de sauver des vies», a-t-elle ajouté.

Trump demande le renvoi d’une journaliste qui a confirmé des propos sur les soldats morts

Monde

Trump demande le renvoi d’une journaliste qui a confirmé des propos sur les soldats morts

Agence France-Presse
WASHINGTON — Donald Trump a demandé le renvoi d’une journaliste de la chaîne prisée des conservateurs Fox News, qui a confirmé en partie ses propos «dénigrant» des soldats américains morts au combat, initialement rapportés dans le magazine The Atlantic.

«Jennifer Griffin devrait être virée pour ce genre de reportage. Elle ne nous a même pas appelés pour une réaction. Fox News c’est plus ce que c’était», a tweeté tard vendredi soir le président américain, remonté contré la chaîne - un temps son média de prédilection - et leur journaliste chargée des questions liées à la sécurité nationale, Jennifer Griffin.

Cette dernière, respectée dans les milieux journalistiques et politiques de Washington, a cherché à confirmer l’article de The Atlantic, qui expliquait que Donald Trump avait qualifié des soldats américains morts pendant la Première Guerre mondiale de «crétins» et de «losers».

Trump/Biden: campagne à couteaux tirés, début du vote par correspondance

Présidentielle américaine 2020

Trump/Biden: campagne à couteaux tirés, début du vote par correspondance

Jerome Cartillier
Agence France-Presse
Michael Mathes
Agence France-Presse
WASHINGTON —L’élection américaine rentre dans le vif du sujet: la Caroline du Nord a lancé vendredi les opérations de vote par correspondance pour le scrutin du 3 novembre, dans une campagne chaque jour plus agressive entre Donald Trump et Joe Biden.

Les inquiétudes sur la propagation du coronavirus devraient pousser cette année des dizaines de millions d’Américains à voter sans se rendre physiquement aux urnes.

Dans une Amérique à fleur de peau, les huit semaines à venir testeront la capacité de la première puissance mondiale à organiser des élections dans le contexte anxiogène d’une épidémie qui a profondément transformé la campagne.

La Caroline du Nord a entamé l’envoi de plus de 600 000 bulletins répondant à une hausse spectaculaire des demandes. D’autres États-clés, dont le Wisconsin, suivront dans quelques semaines.

La façon de voter est, elle aussi, source de clivage. Selon un récent sondage USA Today/Suffolk, 56 % des républicains affirment qu’ils voteront en personne le 3 novembre, contre 26 % dans le camp démocrate.

Indice révélateur des tensions qui traversent le pays, un électeur sur quatre affirme que, si son candidat perd, il ne sera pas prêt à considérer le résultat comme «honnête» et «exact».

Trump suggère aux Américains d’essayer de voter deux fois, tollé général

Présidentielle américaine 2020

Trump suggère aux Américains d’essayer de voter deux fois, tollé général

AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON — Le président américain Donald Trump, qui sème depuis plusieurs mois la confusion sur le déroulement de l’élection à venir, a suggéré à ses partisans de voter deux fois, suscitant des réactions indignées.

«Laissez-les envoyer leur vote (par correspondance) et laissez-les voter en personne», a-t-il lancé mercredi, interrogé sur le système en place en Caroline du Nord, l’un des États-clés de l’élection du 3 novembre.

«Si leur système est aussi bon qu’ils le disent, alors ils ne pourront pas voter (deux fois)», a-t-il poursuivi, sur le registre volontiers provocateur qu’il affectionne.

Joe Biden se présente en rassembleur de l’Amérique face au racisme

Présidentielle américaine 2020

Joe Biden se présente en rassembleur de l’Amérique face au racisme

Jim Watson
Agence France-Presse
Elodie Cuzin
Agence France-Presse
KENOSHA ET WASHINGTON — Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a dénoncé jeudi le «racisme sous-jacent» qui ronge les États-Unis, tout en martelant son «optimisme» pour l’avenir après s’être entretenu avec Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par la police.

Prenant le contre-pied du message sécuritaire et sombre de son rival Donald Trump, l’ancien vice-président de Barack Obama a affirmé que le pays pouvait transformer ce «point d’inflexion» en «opportunité» pour plus d’«égalité».  

Lors d’une rencontre dans une église avec des habitants de Kenosha, ville de l’État clé du Wisconsin récemment secouée par des émeutes, son ton sobre, lent, derrière son masque, a aussi tranché avec les envolées souvent ardentes du président républicain.

À deux mois de l’élection présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, 77 ans, ouvre avec ce voyage une nouvelle phase, plus active, de sa campagne.  

Alors que le candidat démocrate était resté pendant des semaines confiné chez lui à Wilmington, dans le Delaware, puis avait limité ses déplacements de campagne à la région, pour, disait-il, limiter les risques de propagation de la COVID-19, son rival Donald Trump, 74 ans, sillonnait les États-Unis.

Le président républicain n’était d’ailleurs pas en reste jeudi soir, avec un discours à Latrobe en Pennsylvanie, un autre de ces États pivots qui basculent d’un parti à l’autre.  

«Pas de foule, pas d’enthousiasme pour Joe aujourd’hui. Loi et Ordre!», a tweeté Donald Trump en surnommant son rival «Joe Hiden» («Joe le planqué»), ironisant sur son confinement.  

Le président américain avait visité Kenosha dès mardi, mais n’avait pas rencontré la famille, ni cité le nom de Jacob Blake, faisant du rétablissement de l’ordre le cœur de son message.

Avion rempli d’agitateurs: Trump attise les théories du complot

Présidentielle américaine 2020

Avion rempli d’agitateurs: Trump attise les théories du complot

Sebastian Smith
Agence France-Presse
WASHINGTON — À huit semaines de l’élection présidentielle américaine, Donald Trump multiplie les allusions à diverses théories du complot où il est question-entre autres-de mystérieux saboteurs prêts à tout pour lui nuire.

Dernière histoire en date évoquée par le milliardaire républicain? Un avion rempli d’agitateurs aurait été envoyé pour semer le désordre lors de la convention républicaine à Washington la semaine dernière. 

«Quelqu’un est monté dans un avion depuis une ville ce week-end et l’avion était rempli presque complètement de voyous portant des uniformes sombres, des uniformes noirs avec équipement et tout et tout», a-t-il raconté lundi sur Fox News. 

Mardi, il a évoqué devant les journalistes «un avion entier rempli de pilleurs, d’anarchistes et d’émeutiers». 

«Je vais voir si peux obtenir plus d’informations pour vous», a-t-il ajouté pour comme pour tenir son auditoire en haleine. Il ne l’a pas fait. 

Mais des similarités ont été relevées entre les propos du locataire de la Maison-Blanche et une théorie conspirationniste ayant circulé sur Facebook au cours de l’été. 

Dans la même interview, Trump affirmait que son adversaire démocrate Joe Biden, qui le devance dans la plupart des sondages, est une marionnette contrôlée par « des gens dont vous ignorez l’existence, des gens qui œuvrent dans l’ombre ». 

«On dirait une théorie du complot», a répondu Laura Ingraham, de Fox News. 

«Ce sont des gens dont vous n’avez jamais entendu parler», a répété le président de la première puissance mondiale. 

Les récits sur ces hommes en noir et ces mystérieuses puissances de l’ombre prêtes à tout pour empêcher sa réélection font partie des outils utilisés par Donald Trump pour dresser le tableau des menaces qui pèsent sur sa présidence. 

Nébuleuse QAnon

Certains de ses propos ne sont pas très éloignés de ceux mis en avant par les adeptes de la nébuleuse d’extrême droite conspirationniste QAnon. 

Selon ces derniers, les États-Unis sont dirigés depuis des décennies par une organisation criminelle impliquant les Clinton, les Obama, les Rothschild et nombre d’autres membres de l’« élite » mondiale.  Une organisation qui aurait monté une cabale contre Donald Trump, seul capable de rendre le pouvoir au peuple. 

Twitter a récemment supprimé des milliers de comptes liés à ce mouvement, qui a pris de l’ampleur et est observé de plus près à l’approche du scrutin. 

Loin de les condamner, le président américain a souligné qu’il n’était pas insensible à leur soutien. «Je ne sais pas grand-chose sur eux. J’ai compris qu’ils m’aiment beaucoup, ce que j’apprécie», expliquait-il le mois dernier lors d’une conférence de presse. 

Pour Rich Hanley, qui enseigne la communication à l’université Quinnipiac, Donald Trump joue sur des ressorts qui fonctionnent de plus en plus. 

«Il est isolé parmi les présidents américains, mais pas parmi le nombre croissant d’Américains qui sont fascinés par les théories du complot», explique-t-il. 

Et, dans une Amérique à fleur de peau, le scrutin du 3 novembre ne devrait pas, loin s’en faut, inverser la tendance. 

«Cela va être le Woodstock des théories du complot, quel que soit le vainqueur», prédit-il.

La criminalité augmente à New York, argument de campagne pour Trump

Monde

La criminalité augmente à New York, argument de campagne pour Trump

Agence France-Presse
NEW YORK — L’augmentation des meurtres et fusillades à New York, amorcée en juin après des années de baisse, s’est poursuivie en août selon les dernières statistiques de la police new-yorkaise, risquant d’alimenter les attaques de Donald Trump contre les maires démocrates accusés de laxisme face à la criminalité. 

Au mois d’août, la première métropole américaine a enregistré 242 fusillades, contre 91 un an plus tôt, tandis que le nombre de meurtres grimpait à 53, contre 36 en 2019, selon les statistiques publiées mercredi. 

Sur les huit premiers mois de l’année, il y a eu 1014 fusillades (+87 %) et 291 meurtres (+34 %). 

Dans un communiqué, le chef de la police new-yorkaise a assuré avoir réorganisé le déploiement de ses quelque 36 000 agents afin d’endiguer cette hausse, avec notamment des effectifs renforcés dans les quartiers les plus touchés et plus de collaboration avec leurs habitants dans le cadre de mesures de «police de proximité». 

Le communiqué de Dermot Shea, promu en décembre 2019 à la tête de la plus vaste police municipale des États-Unis par le maire démocrate Bill de Blasio, ne commente pas les raisons possibles de cette hausse, très controversées.  

Certains policiers et responsables républicains ont évoqué les restrictions imposées aux policiers et la réduction de leur budget, décidées dans la foulée des manifestations contre les violences policières qui ont suivi la mort de George Floyd à Minneapolis fin mai. 

D’autres accusent des policiers new-yorkais, démotivés par les critiques subies lors de ces manifestations, de travailler au ralenti, citant notamment une baisse des arrestations. 

Climat tendu

Le climat est tendu entre la police et la mairie : le président du plus grand syndicat de policiers new-yorkais, la Police Benevolent Association, et l’ex-maire républicain de New York Rudolph Giuliani ont dénoncé, lors de la convention républicaine la semaine dernière, la politique jugée laxiste de M. de Blasio. 

La montée de la criminalité dans les grandes métropoles américaines — gérées par des démocrates — et la nécessité de rétablir «le droit et l’ordre» sont devenues l’un des principaux thèmes de campagne de Donald Trump, natif de New York. 

La hausse de la criminalité intervient néanmoins après des décennies de baisse.  Selon le New York Times, les chiffres actuels sont comparables à ceux de 2012, loin de la criminalité endémique que connaissait New York dans les années 1980-90 et très inférieurs aux statistiques de la fin des années 1990, lorsque M. Giuliani était maire.

Après des mois de campagne en sourdine, Biden suit Trump dans l’arène

Présidentielle américaine 2020

Après des mois de campagne en sourdine, Biden suit Trump dans l’arène

Michael Mathes
Agence France-Presse
Elodie Cuzin
Agence France-Presse
WILMINGTON — Deux jours après la visite de Donald Trump, Joe Biden tentera de marquer le contraste avec son rival à la présidentielle en rencontrant jeudi à Kenosha la famille de Jacob Blake, blessé par la police dans une affaire qui a provoqué une nouvelle vague d’indignation contre le racisme, et des émeutes.  

C’est ostensiblement pour «panser les plaies» de cette ville du Wisconsin, un État clé pour la présidentielle du 3 novembre, que l’ancien vice-président de Barack Obama fera ce rare déplacement.  

Mais le signal est évident : après des mois d’extrême prudence à cause de la pandémie, le vétéran de la politique descend finalement dans l’arène. 

Joe Biden, 77 ans, avait fait lundi son premier voyage officiel en avion pour se rendre à Pittsburgh, dans un autre État clé, la Pennsylvanie. Et mercredi, il a accepté des questions de journalistes pour la première fois depuis des semaines, dans son fief de Wilmington, dans le Delaware. 

Son rival, lui, multiplie les déplacements à deux mois de l’élection présidentielle. Il était mercredi dans une autre Wilmington, en Caroline du Nord. Et Donald Trump 74 ans, ironise régulièrement sur le manque d’«énergie» de Joe Biden, 77 ans. 

«J’aimerais sortir plus, mais je pense qu’un président a la responsabilité de donner l’exemple» en respectant les mesures de précaution pour éviter la propagation du nouveau coronavirus, a déclaré Joe Biden mercredi.  

C’est après consultations de ses experts médicaux que l’ancien vice-président de Barack Obama a donc décidé de se rendre jeudi à Kenosha. 

Ville côtière du grand lac Michigan, elle a connu des nuits d’émeutes la semaine dernière après les graves blessures infligées par la police à Jacob Blake, un Afro-Américain sur lequel un agent a fait feu à sept reprises, devant ses enfants, lors d’une interpellation filmée le 23 août. 

«Terrorisme intérieur» 

Ces images ont ravivé la vague historique de colère contre le racisme et les brutalités policières aux États-Unis.  

«Nous devons panser les plaies», a déclaré le démocrate lors d’une rare conférence de presse, devant seulement quelques journalistes tenus à distance dans de grands cercles peints au sol en raison de la pandémie.  

Il rencontrera à Kenosha les proches de Jacob Blake, hospitalisé et paralysé des pieds à la taille, a confirmé à l’AFP un membre de son équipe.  

Puis son épouse Jill Biden fera avec lui une autre étape dans le Wisconsin, qui n’a pas encore été précisée.  

Donald Trump avait créé la surprise en 2016 en remportant de peu cet État du Midwest, où sa rivale Hillary Clinton n’avait pas fait campagne. Cette fois, tous les regards sont tournés vers le Wisconsin.  

Bien conscients de son importance, les démocrates avaient choisi d’organiser cet été leur convention d’investiture de Joe Biden dans sa plus grande ville, Milwaukee. Mais elle a finalement été rendue entièrement virtuelle à cause de la pandémie. 

Martelant son mot d’ordre de campagne, rétablir «la loi et l’ordre», Donald Trump a visité dès mardi Kenosha.  

Le républicain a inspecté avec des commerçants les ruines de magasins brûlés, remercié la police et assimilé à du « terrorisme intérieur » les manifestations violentes. Mais il n’a pas rencontré les proches de Jacob Blake, et n’a pas prononcé son nom.  

La tension après son interpellation a culminé le 25 août, quand un jeune homme de 17 ans a tiré au fusil semi-automatique, dans des circonstances floues, sur trois manifestants, faisant deux morts. Son arrestation le lendemain a ramené un calme précaire.  

Donald Trump a refusé de condamner les actes de ce jeune homme, Kyle Rittenhouse, inculpé pour meurtre avec préméditation.  

Contrairement à son rival, Joe Biden dénonce sans relâche le «racisme institutionnel» aux États-Unis. Et, comme en réponse au milliardaire qui l’accuse de laxisme face aux émeutes, il critique aussi depuis plusieurs jours avec plus d’emphase «les violences, incendies, pillage ».  

Le candidat démocrate mène Donald Trump dans la moyenne des sondages nationaux, mais l’écart est plus serré dans les États clés. 

Alors qu’il partait avec un sérieux retard financier sur le président sortant, Joe Biden a annoncé mercredi avoir récolté 364,5 millions de dollars en août, dont 205 millions en petites donations sur l’internet. Soit «le meilleur mois de collectes de fonds en ligne de l’histoire politique américaine».

Facebook et Twitter démantèlent une petite campagne de désinformation russe

Techno

Facebook et Twitter démantèlent une petite campagne de désinformation russe

Julie Jammot
Agence France-Presse
SAN FRANCISCO — Facebook et Twitter ont de nouveau démantelé une opération russe de manipulation à l’approche de l’élection américaine, mais les réseaux sociaux sont désormais concentrés sur d’autres menaces, moins bien maîtrisées que ces campagnes de désinformation qui avaient entaché le précédent scrutin présidentiel.

Facebook a annoncé mardi avoir retiré un «petit réseau» de 13 comptes et pages liés à des individus associés dans le passé à une organisation russe proche du Kremlin, la «Internet Research Agency» (IRA). Cette agence est accusée d’avoir animé une campagne anti-Clinton et pro-Trump aux États-Unis en 2016.

Cette fois-ci, l’opération, d’abord repérée par le FBI, en était à un stade peu avancé.

D’après Facebook, les comptes et pages mis en cause étaient surtout suivis dans des pays arabes. Ils n’avaient que 14 000 abonnés, dont seulement 200 Américains sur la page en anglais.

Twitter a de son côté suspendu 5 comptes pour une «manipulation que nous pouvons attribuer de façon fiable à des acteurs liés à l’État russe», a fait savoir la plateforme dans une série de tweets mardi.

L’essentiel de la campagne consistait surtout, à ce stade, en un site se faisant passer pour un média indépendant, baptisé «PeaceData» («données de paix»).

Il publiait et diffusait des articles ciblant les sensibilités de gauche, sur la corruption, le réchauffement climatique, les droits humains et en général sur des «sujets qui sont cachés au grand public», d’après la page d’accueil.

Vrais journalistes, faux médias

«Ils ont considérablement investi dans la création de faux individus, avec une personnalité et des photos de profil, pour leur donner une apparence légitime et réelle», a expliqué Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la sécurité de Facebook, lors d’une conférence de presse.

Contrairement à d’autres campagnes d’influence de ce type, celle-ci fonctionnait moins grâce à des fermes de trolls qu’à des journalistes, notamment des pigistes qui pensaient avoir été recrutés par un site d’information engagé et authentique.

«Il n’y a aucune indication que les pigistes n’étaient pas sincères dans leur travail de rédaction», remarque Graphika, société spécialisée dans l’analyse des réseaux sociaux, dans un rapport sur cette opération.