Les travaux de construction de la cheminée techno, au look industriel, qui pourra accueillir des martinets ramoneurs ont récemment été lancés au parc de la Tannerie, à Granby.

Préservation des martinets ramoneurs : la cheminée techno prête à s’élever

Les travaux de construction de la cheminée technologique, au look industriel, qui pourra accueillir des martinets ramoneurs ont récemment été lancés. Et ils ne passeront pas inaperçus. Le chantier est à deux pas de la piste cyclable et du barrage du lac Boivin, à Granby.

Les travaux d’aménagement sont réalisés par la Ville de Granby, mais le projet est mené conjointement avec le Zoo de Granby, qui œuvre à la préservation de cette espèce d’oiseau, dont la population a fondu de plus de 90 % au Canada depuis les années 1970.

D’une hauteur de 6,2 mètres (20,5 pieds), la cheminée de briques, qui vise aussi à rappeler le passé industriel de la ville, sera l’une des rares du genre au Canada, notamment parce que le Zoo a prévu y inclure un volet branché. Caméras, senseurs et détecteurs de mouvements seront installés pour suivre l’activité qui se déroulera à l’intérieur de la cheminée, alors que les martinets pourraient l’utiliser comme dortoir ou nichoir, a déjà rapporté La Voix de L’Est.

D’abord estimés à un peu plus de 50 000 $, les coûts globaux du projet ont été revus à la baisse, soit à environ 40 000 $, affirme le directeur du service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville, Benoit Carbonneau.

Le Zoo de Granby a obtenu une subvention de 10 200 $ de la Fondation de la faune du Québec, dans le cadre du programme Faune en danger. Cela lui permettra entre autres d’assumer les coûts des équipements électroniques, note le directeur de la conservation et de la recherche au Zoo, Patrick Paré.

« Il n’y a rien de garanti avec la nouvelle cheminée. On ne sait pas si les oiseaux vont l’adopter et, s’ils l’adoptent, quand ils le feront. Mais on sait qu’elle est super bien placée. (...) Selon nous, il n’y a pas de problème avec la fréquentation du site (parc de la Tannerie) parce qu’ils vont déjà dans des endroits très fréquentés, comme les centres-villes. Et la cheminée est assez haute pour qu’ils puissent rentrer dedans », lance-t-il.

Détails

Les employés des travaux publics de la Ville ont réalisé les travaux de préparation du terrain, soit l’excavation, le remblayage et la dalle de béton. Un maçon devrait bientôt se mettre à l’œuvre pour monter la structure de briques, note Benoit Carbonneau.

Patrick Paré du Zoo affirme que le projet a été peaufiné dans ses moindres détails. Une attention particulière sera notamment portée au fini intérieur de la cheminée.

« On va mettre du béton, mais on ne va pas le ‘‘flatter’’ pour que ça soit rugueux et que les oiseaux puissent s’accrocher et accrocher leurs nids facilement », explique-t-il.

Bien qu’elle soit en grand format, la nouvelle cheminée qui sera aménagée au parc de la Tannerie rappellera les trois petites structures du genre qui ont été ajoutées en bordure du sentier de la Rivière. Mais celles-ci n’ont pas pour but d’attirer les martinets ramoneurs.

Patrick Paré affirme que le Zoo travaille en outre avec la Fondation SÉTHY ainsi que le club d’observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska sur ce projet. Un inventaire exhaustif des martinets sera réalisé en 2020.

« On sait dans quelles cheminées (non résidentielles) il y a des martinets présentement à Granby. On poursuit l’inventaire, grâce à la subvention. Et on veut rencontrer éventuellement les propriétaires pour voir de quelle façon on pourrait améliorer encore plus la survie des oiseaux dans leurs habitations », dit-il.

À l’été 2019, des martinets ont été observés dans six bâtiments non résidentiels autour du centre-ville de Granby et plus d’une trentaine ont été observés en vol en une seule soirée, en août. Ces données représentent un minimum d’oiseaux, car l’activité est moins importante à cette période de l’année, comparativement aux mois de mai et de juin, relève Patrick Paré.

Le Zoo de Granby travaille également depuis l’an dernier sur un projet de protection des habitats de nidification du martinet ramoneur en Haute-Mauricie, dans la région du lac Édouard, avec la participation du Service canadien de la faune et la Direction générale des sciences et de la technologie d’Environnement et Changement climatique Canada.