Émettre une contravention pour non respect des mesures sanitaires est une option, mais elle est loin d’être la première envisagée par le corps policier de Granby, qui privilégie davantage la sensibilisation auprès des jeunes, comme le demande le gouvernement du Québec.
Émettre une contravention pour non respect des mesures sanitaires est une option, mais elle est loin d’être la première envisagée par le corps policier de Granby, qui privilégie davantage la sensibilisation auprès des jeunes, comme le demande le gouvernement du Québec.

Présence policière accrue près des écoles

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
«On le voit partout à travers la province que les gens se regroupent et sont trop près les uns des autres à la sortie des écoles.»

Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby, est bien au fait que plusieurs jeunes ne respectent pas la distanciation physique de deux mètres une fois à l’extérieur des classes.

Pour corriger la situation, il confirme que les policiers multiplieront leurs interventions auprès des adolescents en accentuant leur présence. «Ce n’est pas nouveau de voir des policiers autour des écoles, mais dès aujourd’hui [mardi] il y en aura davantage pour faire des rappels», explique M. Rousseau, qui remarque un certain laisser-aller.

«On les avertit, on fait le message et ils se distancient, mais une fois qu’on est partis, ça revient comme avant, dit-il. C’est un éternel recommencement.»

Certains parents, qui ont bien hâte que la propagation de la COVID-19 se résorbe, se sont plaints auprès de La Voix de l’Est de voir autant d’adolescents enfreindre les règles sanitaires.

«Depuis la rentrée scolaire, c’est comme ça partout. Tous les matins et aux pauses, c’est toujours la même affaire: une gang en tapon qui vapote. Aujourd’hui [mardi], il y en avait trois qui se passaient la vapoteuse. Les chances sont assez minimes qu’ils habitent à la même adresse», relève Éric Guillemette, qui en a marre de voir des attroupements dans les cours d’école de Granby.

Alors que les étudiants en zone orange doivent porter le masque à l’intérieur de l’école lorsqu’ils se déplacent et dans l’autobus, M. Guillemette se questionne sur l’efficacité de cette mesure si, une fois sur le terrain extérieur de l’école, les jeunes ne font plus attention.

Alors que les étudiants en zone orange doivent porter le masque à l’intérieur de l’école lorsqu’ils se déplacent et dans l’autobus, M. Guillemette se questionne sur l’efficacité de cette mesure si, une fois sur le terrain extérieur de l’école, les jeunes ne font plus attention.

«Dès qu’ils sont sortis de l’école, ils se regroupent et oublient la sensibilisation qu’on leur fait. Je pense que les directions d’école font leur travail, mais ça prend peut-être des gestes concrets parce que ce problème est généralisé à l’ensemble de la province.»

Selon lui, une contravention permettrait sans doute d’endiguer le problème. «Je suis pas mal certain qu’ils ne la prendraient pas deux matins de suite.»

En mode sensibilisation

Émettre une contravention pour non respect des mesures sanitaires est une option, mais elle est loin d’être la première envisagée par le corps policier de Granby, qui privilégie davantage la sensibilisation auprès des jeunes, comme le demande le gouvernement du Québec.

«Comme n’importe quel citoyen, s’il y a un très grand manque de collaboration, ça pourrait aller au constat d’infraction, mais ce n’est pas le but. Présentement, c’est la sensibilisation. Si les gens ne collaborent pas du tout et qu’ils sont récalcitrants, le policier a la possibilité de donner un constat d’infraction, mais c’est en dernier recours», dit le porte-parole Guy Rousseau.

Paméla Blouin, coordonnatrice aux communications au centre de services scolaires du Val-de-Cerfs, affirme elle aussi que tous les intervenants gravitant autour des élèves veulent atteindre le même objectif. «C’est un effort collectif. Depuis le début de la rentrée, autant avec les équipes-écoles que la direction, on demande de sensibiliser les élèves au respect des mesures sanitaires. Ce sont de nouvelles consignes pour eux et c’est nécessaire de leur faire un rappel fréquent, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment.»

Mme Blouin ne nie pas que certains adolescents peuvent être plus insouciants que d’autres quant aux risques liés au coronavirus.

Le porte-parole du Service de police de Granby affirme, tout comme Mme Blouin, que la sensibilisation doit aussi passer par la voix des parents, jugeant que la responsabilisation des jeunes à l’égard de la COVID-19 ne devrait pas reposer sur le dos d’une seule personne, mais plutôt sur celui de la société.

« Les jeunes doivent comprendre que c’est leur responsabilité de ne pas propager le virus, mais c’est aussi le devoir des parents de faire un rappel. L’école le fait, nous on le fait, mais les parents doivent soutenir ce que les écoles et la police font.»

+

DES AMENDES SALÉES

En ce qui a trait au non-respect des rassemblements et de la distanciation physique, le coût de l’amende pour les adultes est de 1000 $, auquel on ajoute 296 $ de frais et un montant de 250 $ de contribution, pour un total de 1546 $. Les personnes de 14 ans et plus s’exposent à une amende de 560 $ (frais inclus). Elles risquent par ailleurs une contravention de 460 $ (frais inclus) si elles refusent de porter le masque dans les lieux publics fermés, tandis que pour les adultes la facture grimpe à 589 $ (frais inclus).