Un citoyen mécontent se questionne sur la présence des policiers à l’intersection de la rue Dufferin et du 9e rang alors que le feu de circulation était inopérant.

Présence policière à un feu de circulation inopérant: un citoyen mécontent

Un automobiliste mécontent se questionne sur l’intervention et la présence des policiers de Granby à l’intersection de la rue Dufferin et du 9e rang, mardi matin, alors que le feu de circulation était hors fonction. Le service de police local assure que les agents étaient présents pour une question de sécurité.

Pendant leur patrouille, les policiers ont constaté que ce feu de circulation était hors fonction, vers 4 h dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont alors avisé le ministère des Transports, qui en assure la gestion, puisqu’il s’agit d’une route sous leur juridiction. Quelques heures plus tard, à 8 h 5, ils sont intervenus pour une collision au même endroit. Une voiture s’est immobilisée au feu inopérant, tel que prévu au Code de la sécurité routière lorsqu’un feu de circulation clignote ou est hors fonction. Le véhicule qui roulait derrière elle n’a pas freiné à temps et a percuté son pare-chocs arrière. Personne n’a été blessé.

Les policiers ont à nouveau avisé le Ministère de la situation. Ils se sont ensuite postés à l’intersection pour assurer la sécurité des automobilistes qui roulaient dans le secteur. « C’était l’heure de pointe. C’est une des artères les plus achalandées de la ville. Il y a beaucoup de gens qui circulent à cet endroit-là. Les policiers sont demeurés en observation sur le bord de la route. Et la très grande majorité des véhicules s’immobilisaient et repartaient de façon sécuritaire. Il n’y a pas eu d’autre accident, c’est la bonne nouvelle », explique Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby.

Les patrouilleurs sont restés sur place jusqu’à 10 h 45. Pendant cette période, ils ont donné neuf contraventions de 170 $ à des automobilistes qui ont omis d’effectuer un arrêt obligatoire, « ce qui représente une minorité des gens qui ont circulé là » selon le corps policier. « Malheureusement, on pense que neuf personnes ont été distraites pour quelque raison que ce soit, et qu’elles n’ont pas immobilisé leur véhicule et elles ont eu une contravention. C’est malheureux, mais heureusement, elles n’ont pas eu d’accident et elles n’en ont pas causé. »

Sécurité

Un des automobilistes qui a reçu un constat a contacté La Voix de l’Est pour déplorer la situation. Lorsqu’il est arrivé à la hauteur de l’intersection, la présence des policiers a attiré son attention. Il roulait derrière un camion à ordures et n’a pas vu la structure du feu de circulation, raconte-t-il. Il n’a pas effectué son arrêt et un agent l’a intercepté.

« L’élément qui m’a le plus fâché, c’est qu’ils étaient positionnés pour attirer l’attention des gens. Je comprends que c’était peut-être ça le but sauf que ça distrayait du feu de circulation, déplore le Granbyen, qui a requis l’anonymat. L’autre élément, c’est que les deux policiers étaient partis après des gens pour donner des contraventions alors que leur but est la sécurité des gens. Pendant qu’ils donnaient des contraventions, il y avait à peu près 50 véhicules qui passaient et il n’y avait personne pour s’occuper de la sécurité de ce monde-là car ils donnaient des tickets. »

Insatisfait, il a contacté — comme d’autres citoyens — le superviseur des agents postés à l’intersection pour obtenir des explications. Le citoyen est d’avis que les policiers auraient dû installer un arrêt obligatoire ou gérer la circulation, par exemple.

« C’est la première fois que je vois ça, faire la circulation assis dans ton auto et donner des tickets. Je ne la comprends pas celle-là », dit l’homme, qui a l’intention de contester sa contravention.

« Malheureusement, dans des situations comme celles-là, pour nous il n’y a pas de bonne réponse, rétorque l’agent Rousseau. Si on dit on s’en va, on laisse les gens au bon vouloir d’arrêter. S’il arrive un accident, ils vont blâmer les policiers d’avoir quitté, de ne pas être restés là. Si on reste là et en retrait, les gens vont dire qu’on aurait dû mettre des fusées routières ou allumer nos gyrophares pour leur dire d’arrêter. Et si on est debout dans la rue et qu’on fait des signes aux véhicules et qu’il y en a un qui est distrait et qui n’arrête pas, c’est nous qui serons en danger. »

L’installation d’un arrêt obligatoire temporaire n’est plus une façon de faire en pareilles circonstances, précise M. Rousseau. « Ça devient une deuxième signalisation et quand le feu de circulation revient tout d’un coup, tu es rendu avec une lumière et un arrêt. Est-ce que je passe ou j’arrête ? On vient de créer une situation problématique. »

Le policier rappelle que la responsabilité incombe au conducteur d’effectuer son arrêt obligatoire à un feu de circulation qui clignote ou qui est inopérant pour « sa sécurité, celle de ses passagers et des autres usagers de la route. »