Le capitaine aux enquêtes criminelles au Service de police de Granby, Stéphane Cabana, affirme que la présence de personnes d’âge mineur dans les bars n’est pas un problème nouveau.

Présence de mineurs dans les bars: de lourdes conséquences

Qui n’a pas déjà essayé d’entrer dans un bar avant d’avoir 18 ans ? Certains, prêts à tout pour passer une soirée dans un établissement licencié avant d’avoir l’âge requis, se procurent de fausses pièces d’identité. La police de Granby met en garde ceux qui seraient tentés d’user de ce stratagème en leur rappelant qu’en agissant ainsi, ils commettent un crime.

« La présence de mineurs dans un établissement licencié a toujours été une problématique : il y a 20 ans, 15 ans ou aujourd’hui. On a une belle collaboration des tenanciers qui ne tolèrent pas la situation et qui s’assurent de tout mettre en œuvre pour empêcher les mineurs de s’y rendre », explique Stéphane Cabana, capitaine aux enquêtes criminelles au Service de police de Granby.

Si les policiers découvrent que des clients âgés de moins de 18 ans se trouvent dans un bar, le dossier du tenancier sera entaché à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). Des sanctions peuvent alors lui être imposées — allant de l’amende à la suspension de son permis d’alcool.

Des propriétaires de bar ont assuré aux policiers que leur personnel s’assurait que les clients avaient l’âge légal. Ils se sentent toutefois démunis face à ceux qui se présentent avec de fausses cartes en main. « Le tenancier fait son travail en s’assurant qu’ils ont l’âge et voient la carte qui le prouve. Les policiers arrivent et constatent que c’est des fausses cartes. Les tenanciers se demandent ce qu’ils peuvent faire de plus », indique le sergent Frédéric Lapalme.

Les policiers invitent les tenanciers — comme tous ceux qui exploitent ce type de commerce — à les appeler lorsqu’une telle situation survient, car la personne d’âge mineur commet une infraction criminelle.

Enquête policière
Deux dossiers font actuellement l’objet d’une enquête. Le portier d’un établissement a détecté que le permis de conduire présenté par un jeune client était contrefait. Il l’a découvert lorsqu’un coin de la carte s’est décollé. Il a avisé les policiers. L’adolescent utilisait un faux document, commettant ainsi une infraction en vertu de l’article 368 du Code criminel.

Un adolescent de 16 ans qui était en possession d’une carte appartenant à son frère plus vieux a également été interpellé par un portier, puis par les policiers. Il perpétrait une infraction criminelle, soit une supposition de personne. Les dossiers seront soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui déterminera si des accusations seront déposées.

« Ils vont dans un bar avec une fausse carte, mais ils ne voient pas la conséquence que ça a pour le tenancier. Ils minimisent ça, mais c’est un acte criminel », explique le sergent Lapalme.

« Les tenanciers sont tannés des conséquences et ils vont appeler la police quand il y aura des mineurs avec de fausses cartes, renchérit le policier. Qu’ils se tiennent pour dit : on va agir. On ne laissera pas passer ça. »

Les policiers sont préoccupés par l’usurpation d’identité et l’usage de faux documents par des adolescents. « Ils les utilisent dans un bar, mais est-ce qu’ils vont les utiliser au volant en s’identifiant faussement aux policiers pour éviter une infraction ? », questionne le capitaine Cabana.