Le maire d’Acton Vale, Éric Charbonneau, a présenté les résultats des analyses démontrant que le taux de manganèse présent dans l’eau, autant du réseau d’aqueduc que de puits privés qui ont été analysés, sont inférieurs aux seuils recommandés par Santé Canada.

Présence de manganèse: l'eau n'est pas contaminée à Acton Vale

L’eau distribuée aux citoyens d’Acton Vale par le réseau d’aqueduc n’est pas contaminée, pas plus que la nappe phréatique, assurent les autorités municipales qui ont dévoilé les résultats des différentes analyses effectuées par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ainsi qu’une firme privée qu’ils ont mandatée.

« Le ministère de l’Environnement est venu faire son enquête au niveau de la Ville, à la carrière, sur les anciens sites d’enfouissement et des puits privés. On a reçu les résultats hier (mercredi) et tout est conforme. Il n’y a pas de source qui contamine la nappe phréatique. La carrière et les anciens sites d’enfouissement ne contaminent pas non plus. Le travail qui a été fait démontre que tout est beau », a expliqué Éric Charbonneau, le maire d’Acton Vale, lors d’une conférence de presse jeudi.

Un processus d’analyse de l’eau provenant du réseau d’aqueduc, des puits et de la nappe phréatique a été déclenché en janvier dernier lorsqu’un citoyen, David Roy, a interpellé les élus municipaux en raison des problématiques vécues au niveau de son puits privé, dont l’eau présentait un haut taux de manganèse. « Il émettait comme hypothèse que peut-être que la carrière pouvait contaminer son puits ou des anciens sites d’enfouissement de la ville d’Acton Vale », explique le maire.

Des craintes ont également été soulevées quant au taux de trihalométhanes, soient des substances chimiques qui se créent lorsque les matières organiques présentent dans l’eau entrent en contact avec le chlore.

Actuellement, dit le maire, aucune norme n’établit la concentration maximale de manganèse présente dans l’eau potable. M. Charbonneau explique que la firme qu’elle mandate, Environor, s’assure que le taux présent dans l’eau distribuée aux citoyens respecte la recommandation fixée par Santé Canada au chapitre des aspects esthétiques, soit de 0,020 milligramme de manganèse par litre d’eau. Ce taux prévient les dépôts dans les canalisations.

Un seuil est toutefois établi par Santé Canada pour les poupons, soit à 0,120 milligramme par litre d’eau, mais les analyses réalisées à Acton Vale sont inférieures à ce taux.

Le manganèse est un élément naturellement présent dans le sol. Selon les informations transmises par la Santé publique aux autorités municipales valoises, la consommation d’eau représente une partie marginale d’absorption chez l’humain. La plus grande portion de son absorption provient davantage de l’alimentation, notamment dans les noix et les suppléments.

Un processus d’analyse de l’eau provenant du réseau d’aqueduc, des puits et de la nappe phréatique a été déclenché en janvier dernier lorsqu’un citoyen, David Roy, a interpellé les élus municipaux en raison des problématiques vécues au niveau de son puits privé, dont l’eau présentait un haut taux de manganèse.

Afin d’illustrer le taux de manganèse, le maire a brandi un petit sac de noix qui peut contenir jusqu’à 16 milligrammes de manganèse alors que deux grammes sont recommandés quotidiennement pour un homme, a-t-il expliqué.

« Quand on mange beaucoup de noix, notre quantité de manganèse est plus élevée. Cette quantité de noix là représente 160 litres d’eau, soit une consommation quotidienne de deux litres d’eau pendant 80 jours », a-t-il illustré avec des récipients d’eau étalés derrière lui.

Analyses

À la suite des revendications du citoyen, la Ville a entrepris des démarches pour s’assurer que la nappe phréatique n’était pas contaminée. Même si la responsabilité des puits privés incombe à leur propriétaire, explique M. Charbonneau, la municipalité a tout de même fait analyser cinq puits de terrains voisins à celui de M. Roy, ainsi que celui de la carrière et des anciens sites d’enfouissement.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, le ministère des Affaires municipales, la Santé publique, le bureau du député et ministre André Lamontagne, le CLSC d’Acton Vale, la famille du citoyen et la Ville d’Acton Vale se sont rencontrés, en mars. Un plan d’action a été établi afin de faire la lumière sur la situation dénoncée par le citoyen, notamment sur sa page Facebook Environnement Acton.

« Dans l’eau brute, oui il y a du manganèse. Historiquement, la région de la Montérégie-Est, c’est l’ancienne mer de Champlain, donc le taux de manganèse est plus élevé qu’ailleurs au Québec, a expliqué M. Charbonneau. Les tests de puits, tout était négatif. Ceux qui avaient de bons traitements d’eau, à la sortie, ils étaient conformes. »

Des analyses du réseau d’aqueduc municipal réalisées par la firme Environor depuis le printemps 2018 et jusqu’en juillet dernier démontrent que les concentrations moyennes de manganèse dans les échantillons se situent toujours sous le seuil maximal recommandé par Santé Canada.

Le ministère de l’Environnement a également analysé l’eau des puits de trois propriétés, dont celle de M. Roy. Rien n’indique une contamination, a expliqué le maire, qui rappelle aux citoyens l’importance de faire analyser l’eau de leur puits annuellement.

Quant aux trihalométhanes, les analyses démontrent également que le taux se situe sous les normes.

David Roy a décliné la demande d’entrevue formulée par La Voix de l’Est jeudi.