L’eau usée passe par plusieurs étapes de dépollution, à commencer par le dégrillage qui permet de supprimer les déchets grossiers.

Présence de «fatberg» dans les égouts: la toilette n’est pas une poubelle

Le fatberg, cet amoncellement de graisses durcies et de divers déchets, trouvé dans un égout à Sidmouth, en Angleterre, ne pourrait pas se créer dans nos égouts de la région. Ce n’est tout de même pas une raison pour jeter n’importe quoi dans les toilettes.

La station d’épuration des eaux usées de Granby ne trouve que « très peu » d’objets parmi les eaux usées qu’elle traite. Elle est tout de même équipée pour faire face à la situation. « On retrouve à peu près de tout. Ça va du dentier à de l’argent. Tout ce qu’on peut échapper : un portefeuille, des médicaments », mentionne Claude Ouimette, coordonnateur de la division du traitement des eaux à la Ville.

Les médicaments étant toxiques pour la faune et la flore, M. Ouimette confirme qu’ils sont rarement retrouvés. « Au niveau des médicaments, ce sont des traces infimes à peu près pas mesurables. Il n’y a personne qui jette des médicaments. Si ça se fait, ça va être par erreur et que la personne ne comprend pas ce qu’elle fait », avance M. Ouimette.

Dépolluer

L’eau usée passe par plusieurs étapes de dépollution, à commencer par le « dégrillage » qui permet de supprimer les déchets grossiers.

L’eau passe ainsi à travers une grille de métal munie d’un bras autonettoyant motorisé. Sa tâche est d’enlever tous les objets plus gros que la largeur de la grille, c’est-à-dire trois quarts de pouces. « À cette étape, 5 % de la pollution est enlevée », estime M. Ouimette.

Une fois les objets retirés, c’est au tour du gras alimentaire et du sable d’être éliminés du bassin. « [Le gras], il n’y en a vraiment pas beaucoup à Granby, évoque M. Ouimette, ce n’est pas une problématique que l’on rencontre ».

Selon lui, il était auparavant possible de retrouver des agglutinations de gras alimentaire de la grosseur d’un ballon de basketball. « Aujourd’hui, c’est gros comme une balle de tennis, a imagé M. Ouimette. Les restaurants et les garages ont tous un équipement pour retenir la graisse », explique-t-il.

Afin d’assainir l’eau, celle-ci subit ensuite un traitement microbiologique en milieu naturel, dans un bassin extérieur.

« On concentre les bactéries [s’attaquant aux] rejets humains en leur donnant des conditions qui favorisent leur développement, soit de l’oxygène et le rejet des eaux usées. Elles se nourrissent du milieu et nettoient l’eau », explique M. Ouimette. Les bactéries se sédimentent alors et atterrissent au fond du bassin alors que l’eau remonte à la surface. « Elle ressort claire, aussi claire que l’eau potable », dit M. Ouimette.

Ainsi, environ 97 % de ce qui peut causer du tort à la nature est supprimé.

« Les grands éléments importants pour la survie d’une rivière, comme les matières en suspension ou le phosphore, sont enlevés », assure M. Ouimette.

Depuis environ cinq ans, les bactéries sont envoyées sur les terres agricoles qui s’en servent comme engrais.

Et les plombiers ?

La présence de dentiers, brosses à dents, cure-oreilles, jouets pour enfant et autres bouchons de plastique est par ailleurs autant de raisons pour lesquelles les plombiers sont appelés à déboucher une toilette.

« Quand on arrive, les gens ne nous disent pas toujours qu’ils ont échappé quelque chose parce que ça les gêne », croit Stéphane Larrivée, plombier chez Plomberie Stéphane Larrivée.

Marc-Antoine Dionne, plombier chez Plomberie Comeau & fils indique qu’il a déjà eu à se rendre à maintes reprises à la résidence pour personnes âgées Le Riverain parce que des couches ou des guenilles y étaient bloquées.

M. Dionne rappelle qu’il ne faut surtout pas jeter des tampons et des serviettes hygiéniques dans les toilettes — trop souvent en cause.

M. Larrivée recommande quant à lui de fermer le couvercle de la toilette pour éviter que des objets tombent dans la toilette.