Les six candidats dans la circonscription de Granby se sont affrontés lors d’un premier débat, à 13 jours des élections.

Premier débat électoral dans Granby: des visions opposées

Les dossiers de l’immigration et de la mobilité ont été au centre du premier débat électoral dans Granby, mardi soir, au Palace. Les six candidats qui se retrouveront sur les bulletins de vote le 1er octobre prochain ont été invités à présenter leurs priorités en matière de santé, de transport, d’économie et d’emploi dans un débat haut en couleur.

La Chambre de commerce Haute-Yamaska (CCHY) a organisé le premier débat dans la circonscription, permettant ainsi aux candidats de confronter leurs visions parfois antagonistes concernant l’avenir de Granby.

La formule concoctée par la CCHY permettait aux candidats de présenter leurs principaux engagements, mais surtout de questionner leurs adversaires.

Le tout était chronométré par Alain Lecavalier, membre de la CCHY, qui faisait office de maître de cérémonie pour cette soirée.

« Nous voulions que les gens de la communauté d’affaires et les citoyens en général soient le mieux informés possible de ce qu’offraient les candidats. [...] Quand on parle de transport ou de santé, ça touche aussi l’économie parce que les entrepreneurs ne veulent pas que leurs employés soient malades ou en retard à cause du trafic », a précisé Claude Surprenant, directrice générale de la CCHY.

Visions opposées
Les enjeux de la campagne nationale ont trouvé des échos au cours du débat, alors que la gestion de la pénurie de main-d’œuvre et le transport se sont rapidement imposés dans les échanges.

En matière de transports, le député sortant François Bonnardel a rappelé son engagement d’élargir la route 139. « En terme d’attraction touristique, Granby est la quatrième ville au Québec qui reçoit beaucoup de touristes. [...] Nous sommes la seule ville en importance où on ne peut entrer dans la ville que sur une voie, ça n’a plus de sens ! », a souligné le caquiste, tout en projetant que la route élargie pourrait avoir une voie réservée pour le transport en commun.

Une proposition qui a toutefois divisé les candidats. Daphné Poulin (Parti Vert du Québec) et Anne-Sophie Legault (Québec solidaire) s’y opposent, jugeant le projet pas responsable « environnementalement parlant ». « Ce qu’on veut à la base, c’est de diminuer le nombre d’autos sur les routes », a plaidé Mme Poulin.

Cette dernière a paru surprendre plusieurs des personnes présentes dans la salle en s’opposant aussi à la subvention à l’achat de voitures électriques, dont elle juge les batteries trop polluantes.

Selon la candidate libérale Lyne Laverdure, le visage de Granby risque de changer rapidement puisque le Zoo se transformera peu à peu en « mini Disney » au fil des ans, son développement entraînant une plus grande utilisation du réseau routier.

Mme Laverdure privilégie l’utilisation du transport en commun afin que les touristes puissent se rendre plus rapidement aux différents points d’attraits de Granby.

Emploi et immigration
Le dernier volet portant sur l’emploi et la gestion de la pénurie de main-d’œuvre, les interventions des candidats ont rapidement bifurqué sur la gestion de l’immigration.

Si tous les partis s’entendent pour dire que les nouveaux arrivants doivent faire partie de l’équation, chacun a apporté certaines nuances, notamment quant aux conditions de sélection.

« Il faut attirer des nouveaux arrivants à Granby qui répondent aux exigences des emplois et parlent déjà français puisqu’ils auront choisi le Québec comme terre d’accueil », a affirmé Chantal Beauchemin.

Cette dernière a d’ailleurs démontré un certain sens de la répartie avec quelques réponses coup-de-poing aux questions de ses opposants, ce qui a déclenché l’hilarité du public.

François Bonnardel a rappelé les engagements de la CAQ de diminuer le seuil du nombre d’immigrants tout en misant sur un meilleur accueil de ces populations. Il souhaite également une meilleure collaboration entre les écoles et les entreprises pour répondre au manque de travailleurs.

À l’image de la campagne électorale en général, le dossier de l’environnement n’a été que très peu abordé. Lyne Laverdure et Pierre Bélanger (Parti conservateur du Québec) ont peiné à répondre à Anne-Sophie Legault, qui leur demandait ce que leur parti respectif comptait faire pour rembourser la « dette environnementale ».

Les candidats s’affronteront de nouveau mercredi dans un débat au Cégep de Granby réservé aux étudiants du collège.