Lors d’une pratique, les policiers circulent dans l’école pour s’assurer que le confinement barricadé se déroule selon les règles.

Pratique de confinement barricadé à l'école

Un homme charge son arme à feu dans le coffre de sa voiture garée dans le stationnement d’une école primaire. Un membre du personnel, témoin de la scène, avise aussitôt la direction de l’école. Rapidement, le code « bleu » est lancé. Élèves et enseignants se barricadent dans leurs locaux. La police est appelée.

Ce scénario fictif est celui présenté cette semaine à la direction de l’école St-Bernard de Granby à l’occasion de la pratique annuelle du Plan de réponse pour des établissements sécuritaires (PRÉS). Le programme a été créé par la Sûreté du Québec à la suite des recommandations d’un coroner après la mort d’une étudiante du Collège Dawson en 2006. Le tireur Kimveer Gill avait aussi blessé 17 personnes.

Après quelques années de préparation et de formation, le PRÉS est bien ancré dans les écoles. À Granby, des pratiques sont organisées annuellement depuis quatre ans dans chaque établissement d’enseignement. Le but: s’assurer que tout le personnel soit bien préparé si un code bleu est lancé, ce qui avise qu’une personne armée a fait irruption dans l’école.

De passage à l’école St-Bernard, les policiers en profitent pour passer en revue le cartable de l’établissement dans lequel on retrouve toutes les informations relatives à l’école, dont les plans. Une copie est également disponible au poste de police.

Le cartable contient aussi les directives à mettre en place si un tel événement survient.


«  On est assez à l’aise  »
François Allard, directeur de l’école St-Bernard

Le policier Daniel Tanguay, qui orchestrait la pratique cette semaine, questionne le directeur de l’école, François Allard et la directrice adjointe, Lucie Trudel, sur des mises en situation. « On est assez à l’aise », a fait savoir le directeur. Au terme de cet exercice, les policiers procèdent à la pratique de confinement barricadé, qui doit être mis en œuvre lorsque le code bleu est lancé.

Dès que le directeur l’a lancé à l’interphone, une vraie fourmilière s’est mise au travail dans l’école. Les enseignants ont regroupé les enfants dans leurs locaux, ont éteint les lumières et ont placé les cartons dans les fenêtres pour être à l’abri des regards en provenance du corridor. Puis, c’était le silence complet, une consigne respectée à la lettre par les 460 élèves et les membres du personnel. « C’est particulier, le silence », décrit M. Allard.

Mise au point

Pendant que tout le monde est confiné, les policiers circulent dans l’école pour s’assurer que tout a été fait dans les règles.

Dans une classe, on pouvait apercevoir la présence d’un enfant caché sous une table en l’absence d’un carton tandis que dans un autre local, il manquait un carton dans la fenêtre de la porte pour empêcher de voir dans la classe.

Au terme de la pratique, chacune des classes est déverrouillée par un policier. « Quand on fait le tour, si on a remarqué une erreur, on fait tout de suite une mise au point », dit le policier Guy Rousseau.

L’exercice s’est déroulé dans le calme et sans anicroche. « Ils ne sont pas surpris de la façon de faire, indique l’agent Rousseau. C’est certain que dans un moment de panique ou une situation stressante, c’est toujours des gestes appris qui reviennent instinctivement. »

Craintes dissipées

Après quatre ans, les membres du personnel sont effectivement de plus en plus familiers avec le confinement barricadé. Ils sont d’ailleurs avisés qu’une pratique aura lieu, sans savoir à quel moment précis.

Ils préparent les élèves en leur expliquant les actions à poser si un tel événement survient. Les parents sont également avisés qu’un tel exercice sera organisé à l’école. « On sent que les gens qui avaient des craintes comprennent que ça se fait en général dans le calme, que tout va bien et que c’est nécessaire », dit M. Rousseau.

Un retour sur la pratique est également organisé par la direction de l’établissement pour les membres du personnel.