Le député Pierre Breton est venu inaugurer les nouveaux métiers à tisser du Cercle des fermières Sainte-Trinité.

Poursuivre la tradition du tissage

La tradition du tissage se poursuivra sur des équipements neufs pour le cercle des fermières Sainte-Trinité. Les usagers du local situé au sous-sol de l’église Immaculée-Conception ont reçu trois métiers à tisser tout neuf grâce à une subvention du programme Nouveaux Horizons pour les aînés.

Cet achat en vaut la chandelle, selon la présidente Huguette Meunier. Chaque début de semaine (lundi et mardi), le sous-sol de l’église de la rue Denison Ouest accueille une quinzaine de femmes qui reproduisent les gestes que leur mère et leurs grand-mères ont faits avant elles.

Les membres de l’organisation qui existe depuis plus de 80 ans étaient bien contentes de pouvoir enfin annoncer la nouvelle dimanche après-midi. « C’est vraiment encourageant et motivant de voir ça. Ça va nous permettre d’attirer plus de gens », dit la vice-présidente, Jocelyne Henri.

Avant de recevoir ces trois nouveaux métiers, le cercle des fermières disposait déjà de machines semblables, mais certaines commençaient à se faire vieilles, à un point où personne au cercle ne peut affirmer avec exactitude depuis quand les métiers appartiennent à l’organisation. « Il faut dire que le métier, s’il est bien entretenu, il peut durer cent ans », souligne Denise Champagne, responsable des activités textiles dans le groupe.

La présidente souligne qu’il aurait été impossible pour le cercle de trouver les 15 000 $ nécessaires à l’achat des métiers à tisser sans le programme du gouvernement fédéral.

Tradition

Même si l’argent était au rendez-vous, procéder à l’achat et à l’installation des métiers n’a pas été de tout repos pour les fermières. À l’heure actuelle, il n’existe plus qu’un seul fabricant de métiers à tisser au Québec, l’entreprise Maurice Brassard & fils de Plessisville. « Ils ne les fabriquent pas d’avance, explique Mme Henri. Après avoir passé notre commande, nous avons dû attendre plusieurs mois avant de les recevoir. »

Et comme pour les meubles suédois bien connus, les métiers à tisser arrivent en pièces détachées à assembler soi-même. « On s’est débrouillé avec les instructions qu’on avait et on a demandé de l’aide à nos maris. Quand on s’implique quelque part, ils sont bien vite impliqués eux aussi même s’ils ne le savent pas au départ ! », lance Mme Champagne.

Une fois assemblés, il reste encore à les « monter », soit à installer les fils nécessaires à la confection des tissus. Une opération éreintante qui nécessite « deux grosses journées de travail », selon Denise Champagne.

Même si tisser pendant trois heures pour fabriquer un linge à vaisselle demande patience et dextérité, la vice-présidente Jocelyne Henri ne désespère pas d’attirer des membres plus jeunes. Comme elle le souligne, il est essentiel de garder vivant ce savoir-faire, ne serait-ce parce que les tissus fabriqués sont beaucoup plus durables que ceux disponibles dans marchés à grande surface.

Le député de Shefford, Pierre Breton, était également convaincu de l’importance d’encourager les activités du cercle des fermières.

« C’est une excellente façon pour elles de continuer à s’impliquer dans la communauté. Au-delà du tissage, c’est aussi des liens d’amitié qui se tissent. »