Le point de presse de vendredi réunissait Michel Pinault, directeur général de la Ville de Granby, Julie Bourdon, conseillère municipale et présidente de Commerce et tourisme Granby et région (CTGR), le maire Pascal Bonin et Sylvain Gervais, directeur général de CTGR.

Pour une ville vivante

À Hershey, en Pennsylvanie, la ville est chocolat. À Bruxelles, en Belgique, la ville est BD. À Saratoga Springs, dans l'État de New York, la ville est cheval. Pourquoi la ville de Granby ne pourrait-elle pas miser sur ses forces, tel le Zoo de Granby, pour se donner une couleur ?
« On est tellement chanceux d'avoir une ville qui a des bases ludiques, avec le Zoo, et qui attire 10 fois plus de monde que sa population. Symboliser ça ailleurs pourrait apporter un plus au niveau touristique et commercial. Ça deviendrait une attraction en soi », a fait valoir vendredi le directeur général de Commerce et tourisme Granby et région (CTGR), Sylvain Gervais, à l'occasion d'un point de presse. 
Le conseil municipal a accordé lundi un budget de 155 000 $ pour la révision de son image de marque. L'opération vise surtout à ajouter des structures permanentes qui animeront la Ville et exploiteront l'aspect ludique sur lequel l'administration municipale souhaite mettre l'emphase. L'ajout d'un canard géant sur le lac Boivin au coût de 3000 $ - qui a beaucoup fait réagir - n'est qu'un des projets envisagés. Plusieurs citoyens ont cependant critiqué cet exercice au cours des derniers jours. 
« Les gens qui critiquent ce budget-là font aussi la critique qu'on a une ville morte. Là, on veut avoir une ville vivante et on critique encore. (...) J'ai été élu avec le slogan "Un vent de changement". On voulait du changement, que ça bouge. Un projet plus vivant que ça, tu meurs. Les gens veulent des commerces, des festivals, que ça bouge, de l'animation. C'est exactement ça qu'on fait et, à mon avis, à un coût extrêmement faible », lance le maire, Pascal­ Bonin. 
Plus attractive 
« L'enjeu, au-delà de l'image de marque, c'est d'attirer des gens ici », renchérit la conseillère municipale et présidente de CTGR, Julie Bourdon. 
Cela fait environ deux ans que le comité stratégique de la Ville travaille sur la révision de son branding. Commerce et tourisme Granby et région s'est joint au groupe en cours de route. 
Outre le fait d'accroître le tourisme, l'exercice veut permettre à Granby d'être reconnue à l'échelle régionale et nationale ainsi que de renforcer le sentiment d'appartenance, de bien-être et de fierté, souligne Mme Bourdon. 
Pour y arriver, Granby veut donc miser sur ses forces. Il y a le Zoo, dit Pascal Bonin, mais aussi le Festival international de la chanson, les Voitures anciennes, le Challenger­ de tennis, etc. 
Lors des consultations sur le projet de réaménagement du centre-ville, plusieurs citoyens ont suggéré l'ajout d'infrastructures ludiques, tels des jeux géants, des murales, du mobilier urbain original­, dit Julie Bourdon. 
C'est la voie que Granby a donc décidé de prendre pour se faire plus attractive. Des sculptures d'animaux feront leur apparition dans le décor. Mais d'autres projets sont aussi dans les cartons. Ils se matérialiseront cet été. Des artisans d'ici et d'ailleurs seront mis à profit. Une oeuvre en particulier sera produite en Angleterre. La Ville veut miser sur l'effet de surprise pour créer un « buzz », dit Julie Bourdon. 
Créativité
Le directeur général de la Ville, Michel Pinault, affirme qu'il faut que les citoyens « y croient », « y adhèrent ». Il est par ailleurs convaincu que lorsqu'on « appelle à la créativité des gens », on obtient des « résultats incroyables ». 
« On a déjà des gens créatifs, comme ceux qui travaillent à l'aménagement des parcs. On va l'étendre à ceux des travaux publics », dit-il, tout en laissant entendre que ce nouvel esprit se reflétera dans l'aménagement de nouvelles avancées de trottoir, prévues rue Cabana et Vittie. Qui sait, avance M. Pinault, cela pourrait avoir un effet d'entraînement. Les industriels et commerçants pourraient­ vouloir suivre la vague.
« Les gens qui innovent et créent sont souvent critiqués. Mais on n'a pas l'intention d'avoir peur d'oser », laisse tomber Pascal Bonin. « C'est impératif que Granby marque son territoire de ses événements et de ses institutions », ajoute-t-il. 
« Il doit y avoir des éléments qui favorisent le transit des visiteurs du Zoo vers la Ville. Et s'il y a un canard de 3000 $ qui fait en sorte que 10 % de la clientèle du Zoo vient vers la Ville, ce sera un 3000 $ bien placé. (...) On va continuer d'être créatif, d'oser et de s'adapter au changement », déclare le maire.