Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP, Denise Nadeau, citoyenne, et Mathieu Frappier, organisateur communautaire du RSIQ, étaient présents lors du lancement de la pétition en faveur du travail de rue.

Pour un engagement accru de Québec

La pétition « Pour un financement adéquat, dédié et garanti en travail de rue » a été lancée, mardi, par les organismes membres d’Impact de rue Haute-Yamaska et du Groupe actions solutions pauvreté (GASP), avec l’aide d’une citoyenne. Jour de dépôt du budget provincial, les organismes demandent à Québec de réviser le financement accordé au travail de rue.

Les cinq travailleuses de rue du territoire sont débordées et doivent répondre à la demande grandissante de la population. L’objectif de la pétition : se munir de six à neuf travailleurs de rue qui couvriraient tout le territoire de la Haute-Yamaska.

« Avec six travailleurs de rue, nous serions en mesure de mieux répondre aux besoins des personnes éloignées des services, à Granby et à Waterloo. En augmentant à neuf, il serait possible d’optimiser les interventions, mais également de développer les services dans d’autres municipalités rurales, et agir davantage en prévention », relate Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP.

Denise Nadeau est la citoyenne derrière la première pétition lancée au printemps 2017. Elle a réussi à se défaire de ses dépendances liées à la consommation de drogue et d’alcool grâce à l’aide de Sarah, une travailleuse de rue de Granby.

Reconnaissante des bénéfices d’un tel soutien, Mme Nadeau souhaitait déjà voir augmenter le nombre de travailleurs de rue sur le territoire. Bien que la pétition de 1000 signatures ne soit pas le seul aspect à l’origine de l’ajout, deux travailleurs de rue avaient finalement été engagés pour Impact de rue Haute-Yamaska.

En 2017, près de 4000 contacts ont été effectués auprès de 1200 personnes différentes par les cinq travailleuses de rue actuelles de la région. De ce nombre, la moitié a nécessité une intervention plus poussée, c’est-à-dire un accompagnement ou une référence.

Payant à long terme 
Le rôle des travailleurs de rue nécessite de développer un lien de confiance auprès des personnes dans le besoin, afin de trouver des solutions aux problématiques qui les touchent. « Ces liens peuvent prendre de six mois à un an avant d’être assez forts », confie Nicolas Luppens.

La pertinence et l’efficacité du travail de rue sont prouvées par de nombreuses études, notamment auprès des jeunes en difficulté ainsi que dans la prévention de la délinquance juvénile et des gangs de rue.

Un financement incertain
Plusieurs organismes financent Impact de rue Haute-Yamaska, mais la trop grande diversité des sources occasionne des pertes de temps considérables pour ceux qui gèrent le travail de rue.

De plus, certaines ententes s’échelonnent sur une durée de deux à trois ans et n’offrent donc pas de garantie à long terme. « Tout ce qu’on souhaite c’est que l’appui du gouvernement soit récurrent et pertinent. Idéalement, on aimerait que le financement accordé soit doublé. Nous voulons une garantie à long terme », affirme M. Luppens.

Les bailleurs de fonds actuels en Haute-Yamaska sont le ministère de la Justice par le Programme de financement issu du partage des produits de la criminalité, la Table jeunesse de la Haute-Yamaska, la Ville de Granby et le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).

Un appui présent
Des groupes nationaux tels que le Regroupement des organismes communautaires québécois en travail de rue (ROCQTR), l’Association des travailleurs et travailleuses de rue du Québec (ATTrueQ) et le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) ont formulé leur appui à la pétition qui sera donc diffusée aux quatre coins du Québec.

La pétition « Pour un financement dédié, adéquat et garanti en travail de rue » peut être signée en ligne sur le site de l’Assemblée nationale ou en version papier, en contactant le GASP.