L’initiative est le fruit d’une collaboration inouïe entre 13 MRC montérégiennes, dont les MRC de la Haute-Yamaska, de Brome-Missisquoi, de Rouville et, bientôt­ d’Acton, avec la Fédération de l’UPA de la Montérégie, l’agglomération de Longueuil et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Pour un bon voisinage à la campagne

Ruralité et urbanité n’ont pas toujours fait bon ménage. Dans l’optique de permettre à ces deux mondes de mieux cohabiter en sol montérégien, une nouvelle campagne de sensibilisation a été lancée, lundi.

C’est sous l’intitulé « Un milieu de vie à partager » que sera déployée la campagne promotionnelle aux quatre coins de la région, et ce, jusqu’à l’automne 2021.

Dépliants, banderoles, capsules vidéo animées, objets promotionnels aux couleurs vibrantes, textes informatifs, publications sur les médias sociaux, animations en camp de jour ou auprès du grand public : tous les moyens seront mis en œuvre pour expliquer le rôle des producteurs agricoles et leur réalité au reste de la population.

Étalement urbain oblige, de plus en plus de personnes se sont établies en Montérégie au cours des dernières années, a relevé le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Montérégie, Christian Saint-Jacques.

Ce faisant, l’arrivée de nouveaux habitants qui connaissent peu le milieu agricole a amené son lot de défis et il est important d’expliquer à ces nouveaux citoyens la réalité de leur terre d’adoption, le garde-manger du Québec.

« La cohabitation, c’est quelque chose qui se fait dans les deux sens et l’apport de chacun est important, a pour sa part rappelé le maire de Saint-Joachim-de-Shefford, René Beauregard, présent pour représenter la MRC de la Haute-Yamaska. La campagne est un outil qui va nous servir à sensibiliser la population à la réalité du monde agricole. »

« Un milieu agricole, ça vient avec ses bruits et ses odeurs, ce n’est pas pour rien que c’est la campagne, ajoute l’élu. Il faut faire preuve de tolérance, car ces désagréments sont un mal nécessaire ; l’agriculture est ce qui nous nourrit. »

Mythes et réalité

Six enjeux ont été retenus dans le cadre de cette campagne de sensibilisation, à savoir les odeurs, le bruit, le partage de la route, la gestion de l’eau, la santé des sols et les pesticides.

Décrire ces réalités tout en déboulonnant certains mythes qui les entourent mènera assurément à un dialogue entre urbains et ruraux, estime la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy. « L’agriculture a beaucoup à offrir, mais encore faut-il que les gens connaissent et comprennent le domaine pour l’apprécier à sa juste valeur, a fait savoir l’élue, elle-même fille d’un producteur agricole, lors du mot d’ouverture du lancement de la campagne. Les citoyens donnent de la valeur à la région, mais ce sont ses producteurs agricoles qui lui donnent toute sa saveur. »

Au-delà de cette campagne, la loi devrait être revue pour permettre à de petits établissements agricoles d’ajouter un volet agrotouristique à leurs activités sans crainte d’être mis à l’amende, estime Jocelyne Deswarte, présidente de l’UPA Rouville.

« D’un côté, on demande de manger les produits d’ici, mais de l’autre, on interdit certaines activités qui favoriseraient leur consommation, comme les visites à la ferme », déplore-t-elle.

De permettre aux fermes d’accueillir des visiteurs l’année durant constituerait par ailleurs une excellente manière d’éduquer les citoyens urbains au rôle des producteurs agricoles, estime celle qui est également mairesse de Saint-Mathias-sur-Richelieu, tout comme l’initiation à l’agriculture en milieu scolaire.

« L’agriculture devrait être enseignée dans les écoles, ne serait-ce que pour que les enfants développent le goût de l’agriculture, qu’ils s’y intéressent », dit-elle.

Un projet, un enjeu

L’initiative est le fruit d’une collaboration inouïe entre 13 MRC montérégiennes — dont les MRC de la Haute-Yamaska, de Brome-Missisquoi, de Rouville et, bientôt d’Acton — avec la Fédération de l’UPA de la Montérégie, l’agglomération de Longueuil et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). La contribution financière de ces partenaires atteint 400 000 $ pour les deux ans du projet, qui a vu le jour en avril 2019.

Une meilleure cohabitation en milieu agricole faisait d’ailleurs partie des objectifs mentionnés dans le plan de développement de la zone agricole (PDZA) de toutes les MRC participantes.

« Pour la première fois, toute la Montérégie porte le même message de tolérance, de cohabitation harmonieuse et de respect », a souligné Marjolaine Gagné, directrice régionale adjointe du MAPAQ, à Saint-Hyacinthe.

L’agriculture représente 1,12 milliard du produit intérieur brut de la Montérégie et fournit de l’emploi localement à plus de 15 000 personnes.