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Depuis 2017, l’OBV de la baie Missisquoi a pu inspecter 1690 des 2350 embarcations de plaisance ayant été mises à l’eau dans la baie Missisquoi. Du nombre, 370, soit près de 22%, transportaient des EEE à leur insu, révèle-t-on.
Depuis 2017, l’OBV de la baie Missisquoi a pu inspecter 1690 des 2350 embarcations de plaisance ayant été mises à l’eau dans la baie Missisquoi. Du nombre, 370, soit près de 22%, transportaient des EEE à leur insu, révèle-t-on.

Pour naviguer sans propager d’espèces envahissantes

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
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La navigation de plaisance n’a malheureusement pas que des avantages: ce loisir nautique favorise la migration et la prolifération d’espèces végétales exotiques et envahissantes (EEE), prévient l’Organisme de bassin versant (OBV) de la baie Missisquoi au terme d’une campagne de sensibilisation et d’inspection des embarcations qui s’est échelonnée sur trois ans.

Depuis 2017, l’organisme a pu inspecter 1690 des 2350 embarcations de plaisance ayant été mises à l’eau dans la baie Missisquoi, dans le cadre de ce projet financé par le Lake Champlain Basin Program. Du nombre, 370, soit près de 22 %, transportaient des EEE à leur insu, révèle-t-on.

Ce transport constitue l’un des principaux facteurs de propagation d’un plan d’eau à l’autre, souligne l’OBV de la baie Missisquoi, alors que près de 30 % des plaisanciers sondés ont confié naviguer également dans la rivière Richelieu, le fleuve Saint-Laurent ou bien les lacs Brome et Memphrémagog.

L’espèce exotique envahissante la plus souvent retrouvée lors des inspections dans le lac Champlain était le myriophylle à épi. « En plus de ses impacts sur l’environnement, cette espèce cause des désagréments aux activités récréatives, entraînant parfois la dévaluation des propriétés riveraines », souligne l’OBV de la baie Missisquoi.

L’espèce exotique envahissante la plus souvent retrouvée lors des inspections dans le lac Champlain était le myriophylle à épi.

Les observations de l’organisme ont aussi mené à la découverte de la moule zébrée, présente dans les eaux du lac depuis quelques années. « Cette moule s’accroche aux coques des navires et ses larves microscopiques peuvent survivre dans les eaux résiduelles des bateaux », explique-t-on.

De la sensibilisation qui porte ses fruits

Le lavage des embarcations à leur sortie des eaux représente une manière efficace de prévenir le transport d’espèces exotiques envahissantes, soutient l’OBV de la baie Missisquoi. Or, aucune réglementation ne l’oblige actuellement sur l’ensemble du territoire; cela revient à chaque municipalité d’adopter ou non une telle réglementation, comme l’ont fait Eastman et Potton, entre autres. De plus, on ne retrouve pas de station de nettoyage à proximité de la baie pour inciter les plaisanciers à laver leurs embarcations.

Cela pourrait toutefois changer, se réjouit l’OBV de la baie Missisquoi, alors que les municipalités riveraines se sont dites intéressées à mettre en place diverses mesures pour endiguer la problématique de propagation des EEE, que ce soit par l’installation de stations de nettoyage, par des opérations de prévention et de sensibilisation de même que par l’adoption d’une règlementation commune.

La sensibilisation de l’organisme auprès des riverains et des plaisanciers semble d’ailleurs porter ses fruits. Au cours de sa campagne, plus de 3000 personnes sur trois ans ont pu en apprendre davantage sur les EEE, leurs impacts et sur les mesures à prendre pour limiter leur propagation.

En 2018, 45 % des répondants disaient avoir pris des mesures pour prévenir la propagation d’EEE (lavage, inspection visuelle et retrait des EEE ). En 2020, ils étaient plus de 65 %.