Sylvain Godbout à son arrivée au palais de justice de Saint-Hyacinthe, hier.

«Pour lui, j'étais une moins que rien»: Jeannine Larose s'est fait brûler parce qu'elle «stressait les chiens» de son conjoint

Jeannine Larose a été brûlée au 2e et au 3e degré au torse, aux bras, au cou et au visage parce qu'elle «stressait les chiens» de son conjoint. «Je voulais lui expliquer pourquoi je pleurais», indique la femme de 42 ans d'Acton Vale, jointe hier à sa chambre du Centre des grands brûlés de l'Hôtel-Dieu de Montréal.
«J'avais mal à cause de ses ex, dit-elle en étranglant ses sanglots. Elles sont jalouses... Il m'a brassée. Je tenais un bidon d'essence avec le bec ouvert; il était plein et il m'en est revolé dessus. Puis, il m'a jeté son cigare allumé.» Mme Larose explique qu'elle voulait remplir sa voiture afin de quitter la maison que le couple habitait, sur la 4e avenue. Au lieu de ça, sa peau et son chandail ont pris feu. Elle s'est mise à hurler et s'est réfugiée dans le spa, peu avant 7h du matin, en attendant les secours.
«Je criais au meurtre, j'arrachais mon chandail», dit la dame, qui n'occupe pas d'emploi. Elle a été conduite en ambulance à Saint-Hyacinthe, puis à Montréal, tandis que les policiers cueillaient Sylvain Godbout, 43 ans, qui marchait tranquillement dans la rue. L'homme au casier judiciaire bien rempli (voir autre texte) a comparu au palais de justice de Saint-Hyacinthe, hier, pour y être formellement accusé de voies de fait graves.
«Sauté la coche»
Au bout du fil, Mme Larose souligne que son ex-ami de coeur avait déjà été violent envers elle, mais jamais de cette façon. «Il avait fumé du pot, dit-elle pour expliquer son agressivité. Ça ne calme pas tout le monde, ça. Il a sauté la coche.» Elle soutient que M. Godbout ne l'aimait pas. «Il s'en fout de moi, dit-elle. Pour lui, j'étais une moins que rien. Ses chiens étaient stressés... Ils étaient tout, et moi, j'étais rien.»
La tristesse l'envahit encore plus lorsqu'elle se regarde dans le miroir. «Je viens de voir mon visage et c'est pas beau. Je ne suis pas capable de manger, de dormir. Je revois encore toute la scène.» Elle n'a pas été opérée, mais estime qu'elle aura peut-être besoin d'une greffe. «Ils (les médecins) regardent ça, dit Mme Larose. Je dois rester ici au moins une semaine.» Entre-temps, elle invite ses amis et ses proches à lui rendre visite ou à l'appeler à l'Hôtel-Dieu, question d'apaiser ses souffrances. Elle essaie aussi de rester active sur Facebook.
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