En plus d’offrir le service de pension à des oiseaux, Lina Viau Racine en possède une quinzaine à l’heure actuelle, et chacun a une personnalité qui lui est propre.

Pour l’amour des oiseaux

Lina Viau Racine les adore. Les oiseaux sont à ce point chers aux yeux de la Granbyenne que celle-ci les considère comme des membres de sa famille.

Elle en possède une quinzaine à l’heure actuelle, et chacun a une personnalité qui lui est propre. Parmi les membres de la famille, il y a Léo, le « pot de colle », Tao, un perroquet miniature très timide préférant la quiétude, Bob, la voix d’or qui chante des chansons tristes, Pesto, « la petite vedette » et son frère adoré Eugène, Ti-pou, qui imite un bruit de système d’alarme à la perfection pour éloigner les autres de la maison de plastique dans laquelle il niche, sans oublier Lucien et Cibelle, les deux amoureux qui dorment toujours ensemble.

Certains se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais leur mère d’adoption sait les différencier d’un seul coup d’œil. « Quand on regarde leur figure, on voit des petites différences. Ça peut être la couleur de la tête, la forme de la crête... Il y a aussi leur attitude ! »

Cet amour pour les espèces aviaires remonte à très longtemps, soutient Mme Viau Racine. « Enfant, j’apprivoisais les sauterelles et les grenouilles. Ensuite, j’ai eu une première perruche », raconte-t-elle.

À l’âge adulte, on lui offre une première perruche calopsitte pour son anniversaire. Le coup de foudre avec l’oiseau, reconnaissable par sa grande coiffe jaune et ses pommettes orangées, a été si fort que la dame en a adopté deux autres.

« Et c’est comme ça que ça a commencé ! » lance-t-elle à la blague.

« Aujourd’hui, je ne m’en passerais pas, ajoute-t-elle au sujet de ses protégés. C’est si bon pour le moral, des oiseaux ! Ça apporte du réconfort. Il y a des matins où on est moins de bonne humeur ; je n’ai qu’à aller les voir et les écouter chanter et je retrouve le sourire. »

Au « Plume Med »
La passion pour les oiseaux de Lina Viau Racine se transpose au-delà d’une simple présence dans sa résidence. Son entreprise Bec et Plumes offre un service de toilettage et de premiers soins, en plus d’une pension que la Granbyenne appelle le « Plume Med ».

Des clients de la région, mais aussi de Montréal et de la Rive-Sud, confient leurs amis à plumes à la Granbyenne le temps de leurs vacances. Ils peuvent par ailleurs prendre des nouvelles d’eux via la page Facebook de Bec et Plumes.

L’alimentation des oiseaux dépend bien sûr de leur espèce, mais aussi de ce à quoi ils ont été habitués à manger.

Chez Bec et Plumes, les pensionnaires ne dégustent pas que de la moulée ; salade, riz, pâtes alimentaires nature, légumes et fruits frais composent leur régime.

Ils n’ont peut-être pas de volière, mais les oiseaux de Mme Viau Racine — perruches, inséparables, touis et compagnie — occupent « la plus belle pièce de la maison » : le solarium qui donne sur la cour arrière, où sont disposés cages, cordages et jeux pour le plus grand plaisir de ces ailés, dont le doyen a franchi la barre des 25 années de vie.

« Quand un oiseau arrive ici pour la première fois, je le laisse s’acclimater pendant quelques heures. Ensuite, je vais le voir pour regarder comment il se comporte avec les autres », dit l’aubergiste des oiseaux.

« La plupart des oiseaux cohabitent très bien ensemble, ajoute-t-elle. On voit même quand ils se cherchent et quand ils sont contents de se voir ! »

Car chez la plupart des oiseaux, l’amour, c’est pour la vie. « Ils peuvent tomber en amour avec des oiseaux d’une autre espèce, explique Mme Viau Racine. J’ai déjà eu deux mâles, qui étaient très attachés l’un à l’autre. Ils étaient tout le temps ensemble. Je leur ai offert une femelle à chacun, mais rien n’y a fait ! »

Contrairement à d’autres espèces, il n’y a pas de chef chez les oiseaux, explique son conjoint, Richard Racine. « Il y a plutôt des éclaireurs, dit-il. À tour de rôle, les oiseaux feront la vigie et avertiront les autres s’il y a quelque chose. »

« Il y a déjà eu un hibou qui surveillait les oiseaux à l’extérieur. Il a plongé vers la vitre du solarium, pensant pouvoir s’emparer d’un d’entre eux comme repas, raconte-t-il ensuite. On les a entendus s’énerver ! »


«  C’est si bon pour le moral, des oiseaux ! Ça apporte du réconfort. Il y a des matins où on est moins de bonne humeur ; je n’ai qu’à aller les voir et les écouter chanter et je retrouve le sourire.  »
Lina Viau Racine

Expertise
Au fil du temps, Mme Viau Racine a développé une expertise dans les soins des oiseaux. Pendant la crise du verglas, il y a vingt ans, pas moins de 200 bêtes à plumes avaient trouvé refuge chez elle.

« On avait un petit poêle à l’huile qui réchauffait un peu la maison, se souvient-elle. Des oiseaux, il y en avait partout, jusque dans la cage d’escalier ! »

Quelques années plus tôt, le Zoo de Granby avait fait appel à ses services pour nourrir ses oiseaux exotiques durant un conflit de travail, raconte-t-elle. « On avait loué un local, et tous les perroquets y étaient. Je nourrissais les bébés à la main. »

Enfin, la demeure de la rue York a également servi de refuge pour des oiseaux sauvages, en collaboration avec le ministère de la Faune.

Pendant un moment, Mme Viau Racine s’est adonnée à l’élevage. Elle a cependant cessé, notamment parce que plusieurs propriétaires « n’étaient pas fidèles » à leur animal de compagnie. « Après un moment, certains me le ramenaient », dit-elle.

Mais même si tout est mis en œuvre pour éviter que les oiseaux ne se reproduisent, il arrive que la nature prenne tout de même le dessus. C’est pour cette raison que M. et Mme Racine ont eu toute une surprise, il y a environ trois semaines, quand ils ont découvert un oisillon derrière leur réfrigérateur !