Jimmy Viens faisait face à des accusations d’avoir possédé, accédé et distribué de la pornographie juvénile.
Jimmy Viens faisait face à des accusations d’avoir possédé, accédé et distribué de la pornographie juvénile.

Pornographie juvénile: Jimmy Viens trouvé coupable

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Jimmy Viens reconnaissait que les ordinateurs saisis chez lui par les policiers, en 2017, contenaient ou ont contenu énormément de pornographie juvénile. Jusqu’à 245 000 fichiers, en fait.

Mais l’homme de 34 ans de Granby niait toute intention criminelle. Les fichiers trouvés ou qui avaient transité par son ordinateur l’ont été par erreur, a-t-il indiqué à son procès, puisqu’il en téléchargeait en grande quantité et sur différents sujets — sous forme de torrents — et ne prenait pas le temps de tous les trier.

Une défense que le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a rejetée en le déclarant coupable.

« Je n’ai aucun doute quant au fait que l’accusé ait volontairement et consciemment accédé à de la pornographie juvénile, en ait possédé et l’ait concurremment et volontairement rendue disponible », a-t-il déclaré lors du prononcé de son verdict, lundi, au palais de justice de Granby.

Il estime que M. Viens n’était pas crédible quand il alléguait ne pas savoir tout ce qu’il téléchargeait « pour gagner du temps », alors qu’il ne travaille pas et « passe ses journées à faire de la musique, à en composer, à en publier, je crois, sur internet, mais aussi à jouer à des jeux en ligne ou non, seul ou avec des amis et enfin à regarder de la pornographie ».

De plus, « les occasions pour cette personne de prendre connaissance du nom des torrents, du nom des fichiers contenus dans le torrent, d’en examiner un résumé ou une image d’annonce sont très nombreuses », ajoute le magistrat.

Contre-interrogatoire dévastateur

Le contre-interrogatoire de l’accusé a de plus été « particulièrement dévasteur » et « à de nombreux moments, des invraisemblances ont créé des malaises en salle de cour ».

M. Viens avançait par exemple que l’un des ses ordinateurs, dans lequel ont été trouvées les traces de 19 000 fichiers de pornographie juvénile, avait été récemment acquis d’un ami et qu’il n’en connaissait pas le contenu.

Or, il faisait face à des accusations graves et n’a jamais jugé faire quelque reproche que ce soit à cet ami.

L’accusé s’est également contredit en plusieurs occasions et fourni de pénibles explications quant à sa méconnaissance du langage utilisé pour décrire ces fichiers, certains ayant pourtant « des titres très évocateurs ».

« Clairement, l’accusé savait, et depuis de nombreuses années, comment reconnaître du contenu de pornographie juvénile », dit le juge. Au surplus, la preuve du ministère public est jugée « complète, détaillée et fournie ».

Sentence

« Lorsque l’on recherche sur internet ou par des torrents de la pornographie juvénile, on trouve de la pornographie juvénile. Lorsque l’on recherche des informations sur les extraterrestres, c’est ce que l’on trouve. Soit dit avec respect, ça tombe sous le sens. Pourquoi en serait-il autrement ? »

Jimmy Viens s’expose à une peine maximale de 14 ans de prison, le minimum étant un an, pour les trois infractions pour lesquelles il a été trouvé coupable, soit d’avoir possédé, accédé et distribué de la pornographie juvénile.

Son dossier doit revenir devant la cour en mai. D’ici là, il subira une évaluation sexologique et une autre quant à son attitude vis-à-vis sa culpabilité. Il reste en liberté sous conditions entre-temps.

Il était défendu par Me Nicolas Cossette et poursuivi par Me Laurence Bélanger, du ministère public.