Bernard Tremblay, un ancien militaire âgé de 74 ans, a été condamné à 20 mois de prison pour possession et distribution de pornographie juvénile.
Bernard Tremblay, un ancien militaire âgé de 74 ans, a été condamné à 20 mois de prison pour possession et distribution de pornographie juvénile.

Porno juvénile: 20 mois de prison pour un ancien militaire

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Même si elle n’est qu’écrite, la pornographie juvénile doit être dénoncée et punie par les tribunaux.

Voilà le message envoyé mardi par un juge de la Cour du Québec en condamnant un septuagénaire de Shefford, en Montérégie, à 20 mois de prison.

Bernard Tremblay, un ancien militaire âgé de 74 ans, avait été arrêté pour possession et distribution de pornographie juvénile ainsi que leurre d’enfant.

Au terme d’un procès, il a été trouvé coupable des deux premières infractions, la cour ne pouvant prouver qu’il connaissait l’âge des internautes avec qui il était jadis en contact.

Pour le reste, les enquêteurs avaient saisi, dans son ordinateur, une quantité « extrêmement importante » de pornographie que l’accusé collectionnait méticuleusement, a indiqué le juge Serge Champoux devant une salle d’audience presque vide au palais de justice de Granby. 

À LIRE AUSSI: Un «collectionneur méticuleux» de porno juvénile reconnu coupable

Mais seule une partie était illégale. Dans celle-ci, la photo d’une fillette se livrant à de la bestialité est ce qui a mis la puce à l’oreille des policiers.

M. Tremblay est également l’auteur de plusieurs récits, « des histoires sordides », a dit le juge, où il se met en scène et qui évoquent des scènes de bestialité avec des jeunes enfants et des viols à répétition.

« La pédopornographie n’est pas un crime sans violence, même s’il ne s’agit que de récits écrits, a rappelé le juge Champoux. Ce sont des gestes sexuels extrêmement envahissants et détaillés et ça cautionne, chez les esprits déviants, une certaine forme d’acceptabilité. »

« Il y a lieu de signifier à tous la gravité de ces infractions et la réprobation sociale. »

Discipline

En livrant sa sentence, le tribunal a tenu compte de l’âge de M. Tremblay et de sa santé précaire. L’accusé a également indiqué avoir été violenté sexuellement étant jeune et avoir grandi dans un environnement exempt d’affection.

Son risque de récidive est « bien limité », mais « il ne reconnaît pas automatiquement qu’il a mal agi ou qu’il le regrette », ajoute le juge. C’est grâce à sa discipline militaire, et non ses convictions, qu’il respecte les restrictions émises par la cour depuis son arrestation.

En plus d’avoir à respecter une probation de deux ans à sa sortie de prison, il lui sera interdit de se trouver en présence de mineurs pendant 10 ans ou d’utiliser internet pour en contacter, ou encore d’utiliser des logiciels de partage de contenus. Il doit aussi se soumettre à toute thérapie jugée nécessaire concernant sa déviance sexuelle.

Un échantillon de son ADN sera prélevé pour archivage et il sera inscrit à perpétuité au Registre des délinquants sexuels.

Bernard Tremblay n’avait pas d’antécédent judiciaire. En début d’audience, il a mentionné au juge que trop de temps s’était peut-être écoulé entre son arrestation et sa sentence, faisant référence à l’arrêt Jordan. 

Mais son avocat, Me Nicolas Cossette, lui a indiqué que les délais dans son dossier n’étaient pas tous attribuables à la poursuite et au système judiciaire et qu’en conséquence, ils n’étaient pas déraisonnables. Il n’avait pas déposé de requête en ce sens non plus.