Le directeur du Service de sécurité incendie de Bromont, Hugo Brière.

Pompiers à temps partiel: une révision de l'imposition réclamée

Les services de sécurité incendie doivent composer avec un grand roulement de pompiers qui travaillent à temps partiel, ce qui entraîne des coûts importants pour les municipalités. Le directeur de la brigade de Bromont, Hugo Brière, réclame au ministre des Finances une révision de l'imposition des pompiers, un incitatif qui serait intéressant pour convaincre ces hommes et ces femmes à conserver leur emploi de sapeur.
« Mon combat est de m'assurer qu'on a une relève et que les pompiers vont adhérer à notre service », résume Hugo Brière, directeur du Service des incendies de Bromont, l'instigateur de cette initiative. 
Au terme d'un congrès en incendie au printemps 2016, le sous-ministre de la Sécurité publique, Louis Morneau, a amorcé une tournée du Québec, s'arrêtant entre autres à Granby et Bromont, pour rencontrer les dirigeants de certaines brigades afin d'avoir leur opinion sur plusieurs sujets qui les touchent. « Il y a des éléments qui revenaient comme la rétention de personnel », explique M. Brière.
Être pompiers à temps partiel, c'est être sur appel. Ils occupent en grande majorité un autre emploi à temps complet. Ce n'est donc pas toujours facile pour une municipalité de recruter du personnel. D'ailleurs, au Québec, un pompier à temps partiel conserve son emploi en moyenne cinq ans. La rétention du personnel devient rapidement problématique.
À titre d'exemple, 11 postes étaient vacants l'été dernier à Bromont. Huit sapeurs ont été embauchés, mais trois autres ont quitté depuis. « On est toujours en rattrapage », mentionne le chef des pompiers.
La durée de formation des pompiers est également plus longue qu'il y a 25 ans. Alors qu'il suffisait d'étudier 150 heures avant d'enfiler un habit de combat, une formation de pompier niveau 1 dure aujourd'hui 350 heures. Elle coûte environ 4000 $. Dans le cas où l'étudiant a une promesse d'embauche auprès d'une municipalité, c'est cette dernière qui assume le coût de formation. « C'est des coûts très importants pour les villes », précise M. Brière.
Pour un pompier qui aspire à devenir officier, le temps de formation grimpe à 700 heures.
Incitatif financier nécessaire
Pour remédier au grand taux de roulement, un incitatif financier est nécessaire, croit Hugo Brière. « Il faut passer par un côté financier pour retenir les pompiers », affirme-t-il.
Les pompiers à temps partiel de Bromont travaillent en moyenne une centaine d'heures pour répondre aux appels incendies et tout autant pour la formation, le maintien des compétences et les pratiques. Ils doivent fournir un taux de présence aux interventions de 35 % annuellement. Ils gagnent en moyenne 4500 $, tandis que le salaire annuel d'un officier oscille autour de 8400 $. « Au bout de l'année, ça peut venir jouer sur son échelon pour son imposition », dit M. Brière. À l'heure actuelle, seul le premier 1000 $ en salaire est exempt d'imposition pour un sapeur.
Le directeur demande au ministère des Finances, Carlos Leitao, de ne plus imposer les pompiers dont le revenu annuel au sein d'une brigade est sous la barre des 10 000 $. « Ça serait un incitatif pour que les pompiers répondent de façon constante sur les appels », estime le chef des pompiers.
7 M $ en moins
Le Québec compte environ 10 000 pompiers sur appel, à l'emploi de municipalités comme celle de Bromont, selon des données recueillies en 2013. En basant son calcul sur la moitié de ces pompiers qui gagnent 5000 $ et moins, et la balance dont le salaire se situe entre 5000 $ et 10 000 $, ce sont environ 7 millions de dollars qui ne seraient pas encaissés par le gouvernement s'il décide de ne plus les imposer sous la barre des 10 000 $ de salaire, estime M. Brière.
« Sept millions pour 10 000 pompiers, ce serait raisonnable pour assurer ce service à la population », dit Hugo Brière. Si un pompier demeure à l'emploi d'une municipalité plus longtemps que la moyenne, cela se traduit notamment par une économie du coût de formation, en plus d'accroître l'efficacité du service, ajoute-t-il.
Une cinquantaine de municipalités et de MRC ont reçu une demande d'appui de la part de la Ville de Bromont pour demander au ministre de réviser l'imposition des pompiers. À ce jour, 11 d'entre elles ont donné leur appui en répondant à la Ville et en acheminant une copie de la résolution au ministre des Finances.
La seconde étape sera, pour le service bromontois, de solliciter une rencontre avec le ministre Leitao.