Le Groupe Gagnon utilise le plastique contenu dans des barquettes de polystyrène dans son procédé de fabrication de mobilier urbain en béton. Depuis septembre, les deux écocentres de la MRC de La Haute-Yamaska envoient les barquettes collectées à l’entreprise de Prévost dans les Laurentides.

Polystyrène: de barquettes à mobilier urbain

Les barquettes alimentaires déposées dans les écocentres de la MRC de La Haute-Yamaska à Granby et à Waterloo sont utilisées dans la fabrication de mobilier urbain en béton et des produits d’isolation.

Depuis septembre, le Groupe Gagnon reçoit les barquettes de polystyrène récupérées par les citoyens dans les écocentres de la MRC. L’entreprise de Prévost dans les Laurentides les transforme selon les besoins de leurs clients. Ceux-ci les utilisent ensuite dans la conception de leurs produits.

La compagnie Cimax de Repentigny a recours au polystyrène transformé par le Groupe Gagnon pour fabriquer des bancs et des chaises de parc. De son côté, Inject Styrene Technologie, une boîte de Saint-Lambert-de-Lauzon en Beauce, utilise le polystyrène pour isoler des murs. « On a développé localement, ici au Québec, des façons de valoriser le polystyrène de produits qu’on utilise. C’est un beau modèle d’économie circulaire qu’on réalise », soutient Sylvain Gagnon, vice-président du Groupe Gagnon.

En 2018, l’entreprise laurentienne a revalorisé 300 tonnes de polystyrène, note Gilles Venne, directeur général de la firme. Ça semble peu, fait-il remarquer, mais la composition de ce matériau, fait à 98 % d’air, explique que le poids soit si peu élevé. « Pour vous donner une image de la quantité qu’on a revalorisé, c’est l’équivalent de deux terrains de football et d’une épaisseur de 10 pieds », explique-t-il.

Tous les deux mois, un camion-remorque de 53 pieds fait le trajet de Granby vers Prévost, au nord de Saint-Jérôme, pour livrer les barquettes de polystyrène au Groupe Gagnon. La MRC assume les coûts de transport, soit de 550 $ par voyage, indique Marc-Antoine Bazinet, directeur général de la Corporation de gestion des matières résiduelles de la Haute-Yamaska (COGEMRHY), l’organisme qui gère les deux écocentres.

« C’est une belle valorisation de cette matière », souligne M. Bazinet. « Des entreprises travaillent sur des projets intéressants », dit-il, notant qu’ils permettront de nouveaux débouchés dans le futur.

Contrairement à ce que nous écrivions mercredi, les deux écocentres de la MRC de La Haute-Yamaska n’ont pas arrêté de valoriser les barquettes de polystyrène connu comme le plastique 6. Ils ont néanmoins perdu Polyform comme partenaire. Depuis 2014, l’entreprise granbyenne utilisait les matières de plastique 6 amassées dans les deux écocentres pour les incorporer dans ses produits. Elle a abandonné ses essais à la fin du printemps. La direction de COGEMRHY a toutefois réussi à trouver un nouveau débouché via le Groupe Gagnon. Les citoyens de la MRC peuvent donc continuer d’amener leurs barquettes aux écocentres.

Valorisation difficile

Les citoyens doivent continuer de recycler leurs barquettes alimentaires et les autres produits faits de plastique 6, soutient Valérie Leblanc, chef de projet de la collecte des ordures et des matières recyclables de la MRC. « On invite les gens à les accumuler et à nous les apporter quand ils iront à l’un des écocentres. »

La MRC n’a pas l’intention d’ajouter des points de chute pour faciliter le recyclage de ces matières, a dit Mme Leblanc. La réduction à la source est une solution pour réduire le volume de cette matière à recycler, dit-elle. En ce sens, elle encourage cependant les citoyens à faire part de leurs commentaires aux commerces qui utilisent les emballages de polystyrène. « Ça a un impact quand les gens en parlent », dit-elle.

Dans la perspective de poursuivre le développement de ses affaires, le Groupe Gagnon cherche à augmenter son approvisionnement de polystyrène. « On veut tripler cette année le volume qu’on reçoit. On a déjà 18 écocentres qui font affaire avec nous. On est prêts à en accueillir d’autres », soutient M. Gagnon.