La vice-chef du PQ a ravi les militants en parlant des candidats «interchangeables» de la CAQ et du PLQ.

Véronique Hivon enflamme le Conseil national du PQ

DRUMMONDVILLE — Mois après mois, la Coalition avenir Québec demeure le principal cauchemar du Parti québécois. On l’a tout de suite senti à l’ouverture du Conseil national du parti qui se déroule cette fin de semaine à Drummondville. Mais ce qui a d’abord retenu l’attention ce samedi, c’est le discours passionné livré par Véronique Hivon aux quelque 500 délégués présents.

La vice-chef du PQ a ravi les militants en parlant des candidats «interchangeables» de la CAQ et du PLQ — qui «s’échangent des joueurs» —, de l’opportunisme qu’elle dit voir du côté de la «Coalition affaiblissement Québec», de son «imposture», du «mirage» qu’elle représente, de la nécessité de posséder un «État fort au service des gens; un état souple et agile», de la «supercherie» que constituerait le fait de faire croire aux Québécois que le Québec n’a pas tout ce qu’il faut pour être indépendant.

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a estimé que ce discours est l’un des meilleurs qu’il ait entendus de sa vie — un sentiment partagé par les délégués. Ils ont apprécié l’«énergie et le propos» de Véronique Hivon.

Deux messages de Lisée

M. Lisée veut faire entendre deux messages aux électeurs québécois: d’abord, que le programme du Parti québécois est «crédible»; ensuite, que la campagne électorale ontarienne démontre que la formation politique donnée gagnante dans les intentions de vote peut se faire coiffer au poteau.

«Tout le monde veut du changement; on est d’accord», mais «ça prend du changement crédible», a insisté le chef péquiste. Il estime que son parti est en train de gagner cette «bataille de la crédibilité» contre «l’autre offre de changement», celle de la CAQ qui, «constamment fait des propositions qui sont inapplicables»; que ce soit en immigration, en santé ou dans le domaine de l’énergie.

Jean-François Lisée affirme que son parti surprendra les sceptiques de la même façon que le NPD surprend actuellement sur la scène politique ontarienne. Les conservateurs dirigés par Doug Ford ne sont plus premiers dans les intentions de vote. Ils pourraient perdre le scrutin qu’ils devaient pourtant gagner, d’après les sondages.

«En Ontario, les gens voulaient se débarrasser des libéraux. Et pendant longtemps, ils ont pensé que les conservateurs étaient le meilleur outil de changement. Et lorsque la campagne électorale a commencé, ils se sont mis à écouter les arguments des uns et des autres et se sont dit que, finalement, ce n’était pas un si bon choix que ça, que le NPD a une meilleure équipe et qu’il est plus crédible. Nous, on pense que c’est ce qui va se passer aussi au Québec parce qu’on le sait, sujet après sujet, nos propositions tiennent la route. Celles de la CAQ ne tiennent pas la route.»

La sincérité de Legault

Jean-François Lisée se questionne non seulement sur la «crédibilité», mais sur la «sincérité» de François Legault. Est-il souverainiste? Fédéraliste? Il n’a pas de «conviction profonde», assène-t-il.

S’il ne «tiendra pas de référendum, c’est parce qu’il a décidé que pour être premier ministre, c’était mieux de ne pas être souverainiste. Il choisit ses convictions, là-dessus et sur autre chose, en fonction de ce qui va lui permettre de devenir premier ministre».

Aux yeux du candidat péquiste Jean-Martin Aussant, toutefois, le chef caquiste est bel et bien un souverainiste. M. Aussant a présenté un argumentaire souverainiste aux militants présents à ce Conseil national. Dans son énoncé, la péréquation est devenue la «pire équation». Il a de plus relevé que le «comptable» François Legault a déjà calculé que la souveraineté serait payante pour le Québec.

Pour galvaniser les troupes, la direction du PQ a présenté son outil de ciblage d’électeurs baptisé La Force bleue.

Après Véronique Hivon samedi, ce sera au tour de Jean-François Lisée, dimanche, de prononcer un discours aux militants présents à Drummondville.

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