Le chef du PQ Jean-François Lisée

Un «Bonjour!» à l’arraché pour le PQ

Il a fallu que Jean-François Lisée biffe une phrase affirmant que «l’expression "Bonjour! Hi!" constitue un irritant» pour que le gouvernement Couillard soutienne une résolution du Parti québécois invitant les commerçants — plus particulièrement ceux du centre-ville de Montréal — à accueillir leurs clients avec le seul mot «bonjour».

Le chef péquiste et le premier ministre Philippe Couillard ont — c’est inusité — négocié le libellé de la résolution en pleine période des questions, jeudi.

M. Couillard a très clairement fait savoir que son groupe parlementaire n’appuierait pas le texte si M. Lisée y maintenait la phrase qu’il jugeait litigieuse.

Jean-François Lisée veut créer «une crise artificielle, un affrontement entre la langue anglaise et la langue française au Québec», a affirmé M. Couillard. Il «a juste à retirer» la phrase en question et tout le reste du libellé passera, a-t-il proposé.

La négociation publique, en plein Salon bleu, à l’Assemblée nationale, a ensuite débuté.

Unanimité

M. Lisée a accepté de rayer les mots qui déplaisaient au premier ministre dans le but, a-t-il expliqué, que les membres de l’Assemblée nationale appuient à l’unanimité le fond de son intervention.

C’est ce qu’il a obtenu en fin de compte, puisque tous les partis, y compris l’aile parlementaire libérale et le premier ministre, ont voté pour sa résolution amendée.

Entre-temps, l’expression «Bonjour! Hi!» et le terme «irritant» sont passés à la trappe.

Le libéral Marc Tanguay a dit voir un recul dans le fait que le PQ ait accepté de retirer une phrase de son projet de résolution.

Mercredi, Philippe Couillard avait qualifié de «ridicule» ce débat sur le «Bonjour! Hi!».

La semaine dernière, la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, avait pourtant condamné cet usage, qui se répand, selon certains.

La résolution finalement adoptée se lit ainsi: «Que l’Assemblée nationale réaffirme clairement que le français est la langue officielle et commune du Québec; qu’elle prenne acte que 94% des résidents du Québec comprennent le français; qu’elle rappelle que le mot bonjour est un des mots de la langue française les plus connus chez les non-francophones du monde; qu’elle rappelle que ce mot exprime magnifiquement la convivialité québécoise; qu’en conséquence, elle invite tous les commerçants et tous les salariés qui sont en contact avec la clientèle locale et internationale à les accueillir chaleureusement avec le mot bonjour

Les résolutions de l’Assemblée nationale ne sont en rien contraignantes. Elles n’envoient que des messages politiques.