Justin Trudeau à la station de métro Jarry, à Montréal, tôt mardi matin

Trudeau remporte le plus grand nombre de sièges. Qu’arrive-t-il ensuite?

OTTAWA — Les libéraux ont une fois de plus remporté le plus grand nombre de sièges à la Chambre des communes, mais cette fois-ci, ils ne disposent pas d’une majorité absolue. Alors qu’arrivera-t-il ensuite?

Justin Trudeau aura besoin de l’appui d’au moins un autre parti pour pouvoir adopter une loi au Parlement - et survivre à un vote de confiance après un discours du Trône exposant ses plans pour gouverner.

M. Trudeau devra d’abord faire face à certaines conséquences des résultats de lundi.

Justin Trudeau est toujours le premier ministre et, techniquement, le Canada a essentiellement le même cabinet ou la même administration qu’avant les élections.

Cependant, la première décision de M. Trudeau sera probablement de remanier son cabinet, étant donné que le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, et le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, ont perdu leur siège.

Les prochaines décisions de M. Trudeau seront de fixer un délai pour la reprise des travaux du Parlement. Techniquement, la gouverneure générale convoque un nouveau Parlement, mais sur l’avis du premier ministre.

Le moment de la convocation de la Chambre a varié au cours de l’histoire du Canada. En 2015, il a fallu plus d’un mois pour que les députés soient rappelés à Ottawa, même si un nouveau cabinet avait prêté serment beaucoup plus tôt que cela. Étant donné que les changements sont moins spectaculaires que cette année-là, il est possible que le Parlement revienne plus tôt.

Lorsque le nouveau Parlement siégera, son tout premier point à l’ordre du jour sera l’élection d’un président. Geoff Regan, l’actuel président, a été réélu lundi dans la région de Halifax, mais il n’est pas automatiquement renommé.

Le plus ancien député à la Chambre présidera cette élection. Louis Plamondon, un député du Bloc, supervisera le processus pour la quatrième fois. M. Plamondon occupe son siège depuis 1984 et a été réélu sans difficulté.

Et c’est après l’élection du Président que sera prononcé le discours du Trône. Le gouvernement exposera alors ses priorités et indiquera quelle direction il prendra.

Le discours du Trône est également la première occasion pour les partis d’opposition d’essayer de faire tomber le gouvernement avec une motion de défiance. Comme les libéraux ont moins de la majorité des sièges, ils devront s’assurer d’obtenir au moins 170 voix pour conserver la confiance de la Chambre et leur emprise sur le pouvoir.

M. Trudeau a quelques options. D’une part, il pourrait parier qu’aucun parti ne voudra faire tomber le gouvernement et potentiellement imposer une nouvelle élection - ou donner aux conservateurs l’occasion de former le gouvernement.

Dans ce cas, le premier ministre ne conclurait aucun accord avec les partis de l’opposition et ferait le pari qu’il pourrait survivre à un vote de confiance potentiel pour ensuite obtenir du soutien sur chaque enjeu individuel.

Mais s’il souhaite une situation plus stable, M. Trudeau pourrait conclure un accord plus formel avec un autre parti afin de s’assurer de son soutien, une entente appelée «soutien sans participation».

Un tel accord est en vigueur en Colombie-Britannique, où le NPD est au pouvoir et maintient une majorité parlementaire grâce au soutien des Verts provinciaux.

Au fédéral, le partenaire le plus probable pour un tel accord serait le NPD sous Jagmeet Singh. Au cours de la campagne, M. Singh a défini six priorités pour soutenir un autre parti minoritaire, notamment l’assurance-médicaments, les investissements dans le logement et l’action contre le changement climatique.

En échange du maintien du gouvernement minoritaire, le NPD s’attendrait à influencer la politique gouvernementale dans ces dossiers.

Il est possible que les libéraux forment une coalition officielle avec un autre parti - au sein duquel des membres de l’autre parti siègent au cabinet - afin de maintenir une majorité, bien que cela soit peu probable.

Le Bloc dispose également de suffisamment de sièges pour soutenir un gouvernement libéral s’il le souhaite.

Peu importe la méthode, les libéraux auront pour objectif de s’assurer qu’ils disposent d’au moins de 170 voix pour les votes de confiance et les principales mesures législatives.

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TRUDEAU À LA RENCONTRE DES GENS DANS LE MÉTRO DE MONTRÉAL

Le premier ministre réélu Justin Trudeau s’est présenté au lever du jour à la station de métro Jarry, à Montréal, mardi.

Le premier ministre réélu Justin Trudeau s’est présenté mardi au lever du jour à la station de métro Jarry dans le quartier Villeray, à Montréal, afin de rencontrer des usagers du transport en commun au lendemain des élections fédérales au Canada.

Plusieurs personnes se sont approchées du chef du Parti libéral (PLC), qui prenait place seul près d’un escalier roulant. La plupart d’entre elles lui ont serré la main avant de prendre un égoportrait en sa compagnie et de repartir.

Au lendemain de sa victoire électorale d’octobre 2015, Justin Trudeau avait rencontré des citoyens dans une station du métro de Montréal.

Il a passé la soirée électorale de lundi à Montréal en compagnie de son épouse et de leurs trois enfants avant de livrer son discours électoral au Palais des congrès.

Le Parti libéral de Justin Trudeau a décroché un deuxième mandat aux élections de lundi, mais le gouvernement libéral de la 43e législature sera minoritaire.

L’élection de 32 candidats du Bloc québécois (BQ) coûte plusieurs sièges aux libéraux mais aussi au Nouveau Parti démocratique (NPD), dont le nombre d’élus est passé de 44 à 24, dont un seul au Québec.

Le Parti conservateur (PCC) a recueilli plus de votes exprimés que les libéraux, notamment grâce à un fort appui dans l’ouest canadien, mais cela s’est traduit par 121 sièges comparativement à 157 pour le Parti libéral.

Le Parti vert (PV) a fait élire trois candidats, dont un au Nouveau-Brunswick, alors que le Parti populaire (PPC) a mordu la poussière.