Justin Trudeau (au centre) en compagnie de la première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, arrivent au palais de Windsor, à Londres, vendredi.

Trudeau met fin à son séjour dans trois pays réputation intacte

LONDRES — Justin Trudeau rentre au bercail après un long voyage à l’étranger ayant inclus des arrêts dans trois pays. Le séjour a semblé lui permettre de redorer sa réputation à l’international et de réaffirmer certaines alliances clés, bien que le premier ministre n’ait conclu aucun accord majeur.

Lorsque le voyage de dix jours au Pérou, en France et au Royaume-Uni - entrecoupé d’un bref retour à Ottawa - s’est amorcé la semaine dernière, l’une des interrogations était de savoir si Justin Trudeau allait pouvoir se reprendre sur la scène internationale après de récentes controverses en Chine et en Inde.

Cette fois, aucune tenue n’a fait sourciller: M. Trudeau s’en est tenu à ses complets et, à l’occasion, à ses chemises aux manches relevées alors qu’il rencontrait des leaders mondiaux, des représentants d’industries et des étudiants.

On n’a noté aucune gaffe ou tension alors que le premier ministre faisait la promotion de ses objectifs progressistes en matière de commerce, de droits des femmes et de protection des océans, tout en lançant des avertissements devant la montée de l’autoritarisme et des inégalités à travers le monde.

En plus de promouvoir ces idéaux, il a tenu des rencontres à huis clos, d’abord au Pérou avec le Mexique et les États-Unis au sujet de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), puis au Royaume-Uni à propos de la Russie, de la Syrie et de la cybersécurité.

M. Trudeau ne s’est pas facilité la tâche, alors qu’il a fait un bref saut à Ottawa, après son passage au Pérou, afin de rencontrer les premiers ministres de l’Alberta et de la Colombie-Britannique au sujet de l’oléoduc Trans Mountain, plutôt que de se rendre directement à Paris tel que prévu.

Mais cet arrêt à la maison pourrait bien être l’accomplissement le plus concret de ce voyage, Justin Trudeau ayant annoncé que son gouvernement avait l’intention de déposer un projet de loi afin de réaffirmer l’autorité fédérale sur le pipeline.

Au Pérou, quelques heures après avoir rencontré le premier ministre canadien, le vice-président des États-Unis Mike Pence a prédit qu’il y aurait un nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) dans les prochaines semaines. À Paris, le Canada et la France ont accepté de coopérer et de pousser d’autres pays à honorer leurs engagements en vertu de l’Accord de Paris sur le climat.

À Londres, M. Trudeau s’est joint à ses homologues du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande pour réaffirmer leur alliance en matière de sécurité mondiale.

M. Trudeau aurait également profité de toutes les occasions possibles pour promouvoir les priorités du Canada au sein du G7 et plaider pour sa place au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a notamment tenu des rencontres en marge du Sommet des Amériques au Pérou et d’un sommet des leaders du Commonwealth à Londres, avec des leaders du Chili, du Pérou, de l’Argentine, de la Nouvelle-Zélande, du Rwanda, du Kenya, d’Afrique du Sud et des Caraïbes.

Il n’a toutefois conclu aucune entente commerciale d’importance, malgré un discours prononcé devant des leaders d’industries au Pérou et plusieurs rencontres à Paris et à Londres. Quelques annonces mineures en matière d’aide étrangère ont été faites.

M. Trudeau a posé certains gestes audacieux, notamment lorsqu’il a profité de son discours devant l’Assemblée nationale française pour vanter l’accord commercial Canada-Union européenne, déplaisant à quelques élus français et obtenant l’approbation de certains.

Il a également été dur envers le gouvernement vénézuélien, qu’il a décrit comme étant un régime autoritaire meurtrier. Il a aussi critiqué le Commonwealth - ou du moins certains de ses membres - pour son attitude envers les droits de la communauté LGBTQ.

Le premier ministre est toutefois demeuré ambigu dans plusieurs autres secteurs, notamment en ce qui concerne ses plans pour éliminer les déchets plastiques des océans et au sujet des pirates informatiques russes et de la menace qu’ils pourraient poser pour les Canadiens.

Lors de sa dernière conférence de presse à Londres, jeudi, on a demandé à Justin Trudeau d’évaluer lui-même son voyage.

«Ici à Londres et en France et à Lima, nous étions déterminés à promouvoir les intérêts du Canada et à créer de meilleures occasions commerciales, de meilleures relations qui profiteront aux Canadiens et au monde», a-t-il dit.

«(...) Nous nous acharnons chaque jour à défendre et à faire avancer les intérêts des Canadiens - que cela vous donne une manchette ou non.»