Le gouvernement de la Colombie-Britannique a présenté ses excuses en 1993 et a installé une plaque commémorative à l’endroit où les leaders autochtones ont été pendus.

Trudeau innocentera des chefs autochtones pendus il y a 150 ans

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau devrait officiellement innocenter six chefs de guerre autochtones, plus de 150 ans après qu’ils eurent été pendus par le gouvernement colonial de la Colombie-Britannique à la suite d’un affrontement mortel avec des travailleurs blancs chargés de construire une route.

Lundi, M. Trudeau absoudra les Tsilhqot’in (Chicoltins) de toute culpabilité relativement au massacre de 14 travailleurs de la construction en 1864, a révélé le chef Joe Alphonse dans une vidéo publiée sur la page Facebook du gouvernement national de la Première Nation.

Toujours dans la vidéo, M. Alphonse explique qu’à l’époque, les étrangers devaient avoir la permission des Tsilhqot’in pour pénétrer sur leur territoire. Or, non seulement les travailleurs venus construire la route n’avaient pas obtenu cette autorisation, mais ils avaient en plus enlevé et agressé des femmes de la Première Nation, ce qui avait poussé les chefs à leur déclarer la guerre.

Ce conflit, baptisé la guerre de Chicoltins, a été un événement marquant de l’histoire du peuple autochtone, souligne Joe Alphonse.

Après le massacre, cinq chefs ont accepté de participer à ce qu’ils croyaient être des pourparlers avec des représentants du gouvernement. Ils ont plutôt été arrêtés, traduits en justice et pendus. Un sixième a été exécuté l’année suivante à New Westminster.

Selon Peyal Francis Laceese, un jeune ambassadeur du gouvernement national Tsilhqot’in apparaissant aussi dans la vidéo, les chefs ont été piégés et reconnus coupables à tort de meurtre.

«C’est ici qu’ils ont été pendus», ajoute le jeune homme en marchant sur un terrain enneigé surplombant une rivière près de Quesnel, en Colombie-Britannique.

«Cela fait 154 ans et je sens encore leur présence. Je peux encore entendre leurs chansons. Je parle toujours leur langue.»

Les Tsilhqot’in soutiennent depuis longtemps que le gouvernement de l’époque n’avait pas l’autorité requise pour traiter les six chefs en criminels et les exécuter, décrivant l’affrontement entre les travailleurs et les autochtones comme une guerre entre deux nations.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a présenté ses excuses en 1993 et a installé une plaque commémorative à l’endroit où les leaders autochtones ont été pendus.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, doit tenir une conférence de presse aux côtés des dirigeants de la Première Nation Tsilhqot’in lundi à Ottawa à la suite de la réhabilitation officielle.

Le cabinet du premier ministre a refusé de commenter l’affaire.