Le chef de l’opposition officielle Andrew Scheer en conférence de presse a Ottawa, mardi   
Le chef de l’opposition officielle Andrew Scheer en conférence de presse a Ottawa, mardi   

Trudeau et Scheer se défendent d’avoir défié les règles liées au coronavirus [VIDÉO]

OTTAWA - Tant le premier ministre que le chef de l’opposition officielle à Ottawa ont eu à expliquer pourquoi les règles strictes exigées à tous les Canadiens en temps de pandémie ne s’appliquaient pas à eux lors du congé pascal.

Justin Trudeau a passé Pâques en famille à la résidence secondaire du premier ministre au Lac Mousseau, au parc de la Gatineau, alors que les autorités demandent d’éviter de passer d’une province à une autre pour des déplacements non essentiels.

Questionné à ce sujet, mardi, M. Trudeau a soutenu que ce n’était pas une surprise qu’il ait décidé de s’y rendre.

«Ma famille vit là depuis trois semaines. C’est là où ma femme et mes enfants sont. Et comme je l’ai annoncé la semaine passée, je suis allé passer Pâques avec eux», a-t-il dit.

«Nous continuons de suivre toutes les instructions des autorités», a-t-il ajouté, sans mentionner lesquelles.

Andrew Scheer, lui, était accompagné de sa femme Jill et de leurs cinq enfants lorsqu’ils ont fait le voyage de Regina à Ottawa, la semaine dernière. M. Scheer a siégé à la Chambre des communes samedi pour adopter les subventions salariales aux entreprises.

Or, cet avion ne respectait pas les règles de distanciation sociale. La chef parlementaire du Parti vert, Elizabeth May, et la ministre libérale Carla Qualtrough étaient également à bord de cet avion de neuf places.

Mme May a confié à La Presse canadienne qu’elle avait accepté que M. Scheer voyage avec sa famille, malgré l’espace limité dans l’avion qui empêchait la distance recommandée de deux mètres entre individus.

Elle a dit qu’elle s’est sentie en sécurité pendant le vol.

La famille Scheer ne portait pas de masques, mais elle avait apporté des lingettes désinfectantes et s’abstenait de parler «de façon humide» aux autres passagers sur l’avion, a fait valoir M. Scheer mardi.

«L’idée que nous étions l’un par-dessus l’autre est juste ridicule», a affirmé le chef conservateur.

Il a aussi dit que sa famille avait eu un «choix» à faire entre continuer de vivre en Saskatchewan ou revenir vivre dans la résidence officielle du chef de l’opposition à Ottawa pour le reste de la session parlementaire.

Sa famille aurait pu prendre des vols commerciaux, mais ils auraient dû passer par trois aéroports différents pour se rendre à Ottawa, selon M. Scheer.

Mme May dit qu’elle n’était pas à l’aise avec l’idée que Jill Scheer voyage seule avec cinq enfants dans tous ces aéroports alors qu’ils ne peuvent rien toucher.

«Je ne peux pas être la personne qui dit non», a-t-elle dit.

Les agissements des chefs politiques ont suscité de vifs débats sur les réseaux sociaux, entre autres, menant à des échanges d’insultes.

Le sénateur conservateur Don Plett a notamment accusé M. Trudeau sur Twitter de croire que les règles de santé publique ne s’appliquent pas à lui et l’a accusé de faire preuve d’hypocrisie.

L’ancien député libéral Colin Fraser a répondu au sénateur sur le même réseau social que ce dernier se comportait comme un parfait idiot («complete dickhead»).

«Andrew Scheer est allé à Ottawa pour le travail, le PM est allé au chalet pour le week-end. L’un est un déplacement essentiel, l’autre pour le plaisir», a répliqué M. Plett.

À Québec, on est restés plus prudents. Le premier ministre François Legault et le Dr Horacio Arruda ont tous deux refusé de condamner les agissements de M. Trudeau.

«Je n’ai pas de commentaire», a simplement répondu M. Legault.

«Par contre, moi, je vais vous dire: des gens qui ne respectent pas nécessairement les consignes, il y en a. Il pourrait y en avoir d’autres aussi», a ajouté Dr Arruda qui espère que tous ceux qui défient les règles respecteront l’isolement obligatoire s’ils se sentent malades.

«C’est une situation à évaluer au cas par cas. Moi, je ne peux pas commenter sur le détail. Mais la meilleure réponse, c’est celle du premier ministre (Legault), c’est-à-dire: sans commentaire», a-t-il conclu.

À Québec, on est restés plus prudents. Le premier ministre François Legault et le Dr Horacio Arruda ont tous deux refusé de condamner les agissements de M. Trudeau.

«Je n’ai pas de commentaire», a simplement répondu M. Legault.

«Par contre, moi, je vais vous dire: des gens qui ne respectent pas nécessairement les consignes, il y en a. Il pourrait y en avoir d’autres aussi», a ajouté Dr Arruda qui espère que tous ceux qui défient les règles respecteront l’isolement obligatoire s’ils se sentent malades.

«C’est une situation à évaluer au cas par cas. Moi, je ne peux pas commenter sur le détail. Mais la meilleure réponse, c’est celle du premier ministre (Legault), c’est-à-dire: sans commentaire», a-t-il conclu.

Justin Trudeau et Sophie Grégoire-Trudeau, accompagnés de leurs enfants Xavier, Ella-Grace et Hadrien, à Montréal, en octobre dernier