Luc Fortin a été élu comme député de Sherbrooke en 2014, où il a succédé au péquiste Serge Cardin. Il a été nommé ministre de la Famille en 2017, après avoir été notamment titulaire de la Culture et des Communications, et ministre délégué au Loisir et au Sport.

Trêve politique pour Luc Fortin

Passionné de politique depuis qu’il est jeune, Luc Fortin n’entend pas s’y replonger « à court et moyen terme ». Celui qui avait représenté les couleurs du Parti libéral du Canada (PLC) en 2006 dans Montcalm n’entend donc pas se retrouver sur la scène fédérale l’an prochain, alors que les Canadiens seront appelés aux urnes.

« C’était mon rêve d’être élu. J’ai été ministre, j’ai occupé trois ministères. C’est un rêve professionnel que j’ai atteint et qu’on ne pourra jamais m’enlever. Ceci étant dit, la politique a toujours été très présente dans ma vie, je milite depuis 1998, depuis que j’ai 16 ans, j’ai travaillé dans des cabinets ministériels, j’ai conseillé un premier ministre, j’ai été élu, c’est certain qu’un jour la politique reviendra dans ma vie. Je ne pense pas que ça soit à court ou à moyen terme. Lorsque j’ai décidé de me représenter pour un deuxième mandat, j’étais pas mal certain qu’il n’y aurait pas de troisième campagne électorale, parce que déjà les enfants ont donné beaucoup. Je m’étais dit que deux mandats ça allait commencer à faire beaucoup; il faut quand même que je sois là aussi pour eux et pour mon épouse. Les élections fédérales sont très prochainement. Pour moi, ça, c’est pas mal dans le court terme. En tout cas, ça ne fait pas partie du plan, ça c’est très clair. Je cherche davantage une stabilité, pour ma famille, pour moi-même. »

Passer plus de temps avec ses quatre enfants et sa conjointe est le principal élément positif de cette défaite, souligne-t-il. « Une partie de moi était très triste, mais en même temps, mon cœur de papa était heureux... »

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« « Une partie de moi était très triste, mais en même temps, mon cœur de papa était heureux... » »
Luc Fortin

Luc Fortin a été élu comme député de Sherbrooke en 2014, où il a succédé au péquiste Serge Cardin. Il a été nommé ministre de la Famille en 2017, après avoir été notamment titulaire de la Culture et des Communications, et ministre délégué au Loisir et au Sport. Il était également ministre responsable de la région de l’Estrie.

Luc Fortin avait vécu une défaite sur la scène fédérale en 2006, à l’époque où il habitait à Mascouche. C’était la période du scandale des commandites, rappelle-t-il. « Ça avait été un dur moment », lance-t-il en riant.

« Je savais que j’embarquais dans une aventure où il n’y avait pas de possibilité de gagner sa vie. C’est une expérience que je voulais vivre. Ça a été hyper enrichissant... J’ai milité beaucoup en politique fédérale. Quand j’ai été à l’université, à un certain moment, j’ai milité davantage au fédéral. L’intérêt pour la politique fédérale est là, mais pour en faire à court terme, c’est une autre chose. »

C’est durant cette période qu’il se lie d’amitié avec le commentateur et politicien Jean Lapierre, décédé dans un accident d’avion en 2016. C’est ce dernier qui lui avait demandé de se présenter. 

Au cours de ce mandat, on ne compte plus les fois où on a lui a demandé s’il entendait briguer la mairie de Sherbrooke, un scénario qu’il avait écarté. Qu’en est-il pour 2021? Est-ce une avenue qui pourrait le tenter? « Pas à court ou moyen terme, pas au moment où on se parle. On a un maire qui fait de l’excellent travail. Steve Lussier a tout mon appui pour mener à bien les affaires de la Ville de Sherbrooke. Le retour en politique, je le vois plus loin que ça », dit-il en ajoutant qu’il serait cependant prêt à s’impliquer ou à donner un coup de main.  

La reconstruction du PLQ

Le soir de sa défaite, il indiquait qu’il faudra amorcer la reconstruction du parti. La Tribune a rencontré M. Fortin mercredi matin, avant de connaître la décision du premier ministre Philippe Couillard de rester ou non à la tête du PLQ. « Qu’il quitte ou qu’il reste, il y a vraiment une reconstruction du parti à faire. Ça, c’est très clair. Il y a un grand questionnement. L’élection a beaucoup changé l’échiquier politique, pas juste à l’égard de notre parti. J’ai trouvé que les Québécois étaient beaucoup à la recherche d’une nouvelle offre politique. Si c’était juste nous qui avions eu une dure soirée, ça aurait été tel que tel, mais le Parti québécois qui n’est plus un parti reconnu à l’Assemblée nationale (...) ce n’est quand même pas rien. » 

Luc Fortin croit que le PLQ va « survivre aisément » à cette période, mais elle doit servir à un moment de réflexion. « Il faut retourner aux sources, retourner beaucoup sur le terrain partout au Québec, reconnecter avec les Québécois, et notamment avec les Québécois francophones. On l’a vu dans les intentions de vote francophones, et dans l’urne lundi soir : il y a une relation de confiance à établir. » 

« Je pense que M. Couillard a fait un excellent travail (...) S’il décidait de quitter, je pense qu’il n’y a pas d’urgence pour notre parti à se trouver un nouveau chef. L’élection est seulement dans quatre ans. »

Pour le moment, il entend prendre du temps pour lui et sa famille. S’il est ouvert aux différentes opportunités, il souligne qu’il ne se mettra pas à la recherche d’un emploi avant janvier. Installé à Sherbrooke depuis l’élection de 2014, il entend demeurer ici avec sa famille.