Dans son allocution, Steven Guilbeault a dépassé le strict cadre de l’écologie pour aborder la question de la défense des droits des minorités - qu’il a identifiée comme l’autre raison pour laquelle il fait le saut en politique.

Steven Guilbeault se joint aux libéraux... et demeure contre TransMountain [VIDÉO]

MONTRÉAL — L’écologiste bien connu Steven Guilbeault a officialisé son intérêt pour devenir candidat pour le Parti libéral du Canada dans Laurier-Sainte-Marie, vendredi. En plus d’avoir réitéré l’importance des questions écologiques à ses yeux, il s’est dit opposé à la loi sur la laïcité de l’État du gouvernement du Québec.

Loin de voir son saut aux côtés de Justin Trudeau comme un geste opportuniste ou carriériste, comme ses détracteurs l’ont qualifié au cours des derniers jours, il y voit au contraire une suite logique à son engagement pour lutter contre les changements climatiques chez Équiterre et Greenpeace.

«Je ne pense pas qu’on se lance en politique pour être populaire, pas plus qu’on devient écologiste pour l’être non plus. Depuis des années, pour certains je suis trop vert, pas assez vert, vert pâle, vert foncé. Je ne fais pas ça pour plaire à tout le monde. Je fais ce geste-là pour continuer mon action engagée», a-t-il lancé.

Militant écologiste depuis 25 ans, il continue de s’opposer au pipeline TransMountain et se refusera donc à le défendre pour le gouvernement Trudeau.

Il affirme qu’aucun gouvernement n’en a autant fait pour l’environnement que celui de Justin Trudeau: électrification des transports, tarification du carbone, tramway de Québec, investissements dans les infrastructures vertes, prolongement de la ligne bleue du métro à Montréal. Et il a peur de voir les conservateurs revenir au pouvoir et miner les progrès qui ont été faits, a-t-il expliqué au cours d’une rencontre avec la presse, au beau milieu du parc Lafontaine à Montréal.

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Contre la loi sur la laïcité

Dans son allocution, il a dépassé le strict cadre de l’écologie pour aborder la question de la défense des droits des minorités - qu’il a identifiée comme l’autre raison pour laquelle il fait le saut en politique.

«Je n’aime pas le vent de populisme qui déferle sur nos démocraties, y compris chez nous au Canada. Ce mouvement prêche le repli sur soi, le règlement des conflits par la confrontation, le mépris des différences et la dislocation du tissu social, au bénéfice financier de quelques-uns. Je veux maintenant joindre celles et ceux qui unissent plutôt que divisent et qui voient la diversité - comme on la retrouve ici dans Laurier-Sainte-Marie - comme une richesse pour notre société», a-t-il affirmé.

Il s’est également dit «très inquiet de la montée des intolérances, aux États-Unis comme au Canada, notamment en ce qui concerne les droits des minorités et ceux des femmes».

Interrogé spécifiquement sur sa position face à la loi sur la laïcité de l’État, au Québec, il a dit se rallier à la position du gouvernement Trudeau, donc s’y opposer.

Quand on lui a demandé s’il croyait que le gouvernement fédéral devrait participer à la contestation de la loi québécoise devant les tribunaux, il n’a pas voulu s’engager sur cette question délicate et nous a recommandés au ministre fédéral de la Justice et au Procureur général du Canada, David Lametti.

Laurier-Sainte-Marie, la circonscription de l’Est montréalais qu’il convoite pour le PLC, a déjà été représentée par le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe et a aussi eu comme représentant le libéral Jean-Claude Malépart. Elle est présentement représentée par Hélène Laverdière, du Nouveau parti démocratique, qui a déjà fait savoir qu’elle ne solliciterait pas de nouveau mandat.