Justin Trudeau et les libéraux demeurent toutefois assez clairement favoris pour gagner les élections de cette année, analyse l’ex-ministre libéral et président de la division québécoise de Mainstreet Luc Fortin.

Sondage Mainstreet: Trudeau perd des plumes

À quelques mois du scrutin fédéral de l’automne prochain, l’avance des libéraux fédéraux sur le Parti conservateur a fondu à seulement deux points, alors qu’elle était encore de cinq points en novembre dernier, révèle un sondage Mainstreet.

Le coup de sonde accorde 37 % de la faveur populaire aux troupes de Justin Trudeau, contre 35 % pour celles d’Andrew Scheer, après répartition des indécis. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) suit loin derrière avec seulement 11,5 % des intentions de vote. Au Québec, le PLC obtient 42 % d’appui, loin devant le PCC (19 %), le Bloc québécois (13,5 %) et le NPD (9 %).

Ce sondage Mainstreet a été effectué par appels automatisés du 12 au 17 janvier derniers. Son échantillon de 7941 répondants donne une marge d’erreur de ± 1,1 %, 19 fois sur 20 — mais les marges d’erreur sont plus grandes dans les sous-échantillons provinciaux.

Les libéraux demeurent toutefois assez clairement favoris pour gagner les élections de cette année, analyse l’ex-ministre libéral et président de la division québécoise de Mainstreet Luc Fortin, en partie parce que les appuis des conservateurs sont concentrés en Alberta (60 %) et dans les Prairies (50 %), où ils atteignent des niveaux qui ne se traduisent pas en sièges supplémentaires. Et en partie parce qu’«une autre chose à souligner, ajoute M. Fortin, c’est qu’il n’y a pas eu une forte hausse des appuis conservateurs depuis novembre dernier. C’est surtout à cause d’une montée du NPD dans certaines provinces qui a fait reculer le Parti libéral».

En Ontario en particulier, les progrès du NPD ont fait fondre l’avance libérale de 11 à 6 % sur les conservateurs depuis novembre. Et en Colombie-Britannique, c’est même maintenant le PCC qui est en avance (35 à 33 %). Mais malgré ces récents progrès, les appuis néo-démocrates se situent toujours bien en dessous de leurs niveaux de l’élection de 2015 — par presque 10 points en Colombie-Britannique et par une bonne quinzaine de points au Québec.

Dans la Belle Province en particulier, analyse M. Fortin, «ces chiffres-là montrent une progression de sept points pour les libéraux comparé à 2015, alors qu’ils avaient gagné 40 sièges. Alors on peut penser qu’avec des appuis comme ceux de ce mois-ci, ils feraient plus de gains encore. Ça veut dire que le Québec est encore plus important pour le gouvernement Trudeau, et on comprend pourquoi il met beaucoup d’énergie au Québec : parce que sa majorité en dépend.»

Par ailleurs, en plus des intentions de vote, Mainstreet a également mesuré l’optimisme de la population à l’égard de l’économie canadienne pour la prochaine année et de leurs finances personnelles. «Généralement, explique M. Fortin, quand les gens sont satisfaits de la performance économique, ils ont tendance à voter pour le gouvernement. Et ils se disent plutôt optimistes dans notre sondage.»

En effet, 55 % des sondés se sont dits «très» ou «assez optimistes» quant à la tenue prochaine de l’économie canadienne, contre 36 % de «très» ou «assez pessimistes». La tendance est encore plus nette en ce qui concerne les finances personnelles, où Mainstreet a obtenu 61 % de réponses optimistes et 31 % de pessimistes.

«C’est une bonne nouvelle pour le gouvernement en place, cela démontre que les gens ne ressentent pas d’insécurité financière, et c’est un déterminant important du vote», indique M. Fortin.