François Legault a dit qu’il avait demandé à Doug Ford de revenir sur sa décision controversée, mais ce dernier n’a pas bronché, sous prétexte de renouer avec l’équilibre budgétaire.

Services aux francophones en Ontario: Legault a demandé à Ford de reculer

TORONTO — Le premier ministre François Legault a demandé à son homologue ontarien, Doug Ford, lundi, de battre en retraite sur sa décision de sabrer dans les services destinés aux francophones de sa province.

Lors d’une mêlée de presse, en marge de la première rencontre entre les deux premiers ministres, lundi, à Queen’s Park, M. Legault a dit qu’il avait demandé à M. Ford de revenir sur sa décision controversée, mais ce dernier n’a pas bronché, sous prétexte de renouer avec l’équilibre budgétaire.

«Pour l’instant, il n’est pas ouvert à ça», selon M. Legault.

Lors de sa mise à jour économique, jeudi, on apprenait que le gouvernement Ford avait procédé à deux décisions affectant les services aux francophones, soit l’abandon du projet de créer une université francophone à Toronto et l’abolition du Commissariat aux services en français.

L’annonce avait aussitôt soulevé la colère des francophones à travers le pays.

Peuples fondateurs

Se disant «déçu» de la décision du gouvernement ontarien, M. Legault a soutenu avoir rappelé à M. Ford que les francophones formaient un des deux peuples fondateurs du Canada et ne pouvaient, de ce fait, être traités sur le même pied que les autres minorités.

«J’ai pas aimé qu’on compare les francophones avec les Chinois», a commenté le premier ministre Legault, qui s’était rendu à Toronto pour vendre les surplus d’électricité du Québec à l’Ontario.

Dans un point de presse distinct, le premier ministre Doug Ford est resté ferme sur ses positions, soutenant que l’Ontario offrait déjà 300 cours aux francophones dans 10 collèges ou universités.

«Pas l’argent»

La ministre responsable, Caroline Mulroney, a affirmé de son côté que l’Ontario, aux prises avec un déficit de 15 milliards $, n’avait «pas l’argent pour financer ce projet» d’université francophone.

La tempête autour de l’avenir des Franco-Ontariens a jeté de l’ombre sur l’objectif initial de la rencontre Legault-Ford.

M. Legault n’a pas révélé quelle avait été la réponse de son homologue quand il lui a offert de préférer l’hydroélectricité québécoise au projet de rénovation des centrales nucléaires de l’Ontario.

Il s’est dit convaincu que l’Ontario pourrait faire des économies substantielles en achetant désormais son énergie du Québec, au lieu de continuer à miser sur le nucléaire.