Le parlement d'Ottawa

Sept députés quittent le Bloc québécois

OTTAWA - Les sept députés dissidents du Bloc québécois claquent la porte et siégeront comme indépendants à la Chambre des communes. Celle dont ils contestaient le style de gestion, Martine Ouellet, a affirmé qu’elle comptait néanmoins rester à la barre du parti.

«Je reste en place. J’ai été élue par les membres du Bloc québécois», a tranché la leader bloquiste en point de presse, se disant «vraiment déçue» de la tournure des événements, notamment car les élus du Bloc «ont une responsabilité au-delà» de leurs «individus».

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Le Bloc au bord de l'implosion

La chef Ouellet a affirmé que la porte serait «toujours ouverte» pour les sept démissionnaires, plaidant au passage que son côté «orienté tâche» avait peut-être pris le dessus sur le «côté orienté personne» et que cela avait pu être un irritant.

«La journée d’aujourd’hui, ce n’est pas la fin du Bloc québécois», a offert Xavier Barsalou-Duval, l’un de ses trois alliés, lorsqu’il a pris la parole au même lutrin où ses députés étaient venus annoncer un peu plus tôt qu’ils abandonnaient le navire bloquiste.

«On a tout essayé»

Le doyen du Bloc québécois, Louis Plamondon, qui a lu la déclaration dans le foyer de la Chambre des communes, mercredi matin, n’a pu retenir ses larmes en annonçant l’éclatement du Bloc québécois, entouré des élus qui partent avec lui.

Son collègue Luc Thériault lui a posé la main sur l’épaule pour le réconforter avant de prendre la parole à son tour et affirmer que le caucus «ne pouvait plus continuer à se promener d’une crise à l’autre».

«On était devant deux choses, là, c’est bien bien clair: soit Mme Ouellet partait, ou soit nous, nous partions. Les Québécois méritent (...) qu’on se tienne debout pour eux et qu’on fasse notre job ici», a-t-il tranché.

Disant «trouver ça dur», il a ajouté que la «proposition de fonctionnement» que Martine Ouellet avait à faire aux sept élus dissidents lors de la réunion spéciale du caucus n’avait «rien de nouveau» et que cela témoignait d’un «déni inquiétant».

«Je veux que nos sympathisants, notre monde chez nous, comprennent qu’on a tout essayé (...) C’est le coeur meurtri qu’on sort aujourd’hui», a tranché M. Thériault.

De retour au micro, le député Plamondon a soutenu qu’il «quitte la chef», mais qu’il «ne quitte pas le Bloc québécois».

«J’ai eu plusieurs crises au Bloc québécois. C’est sans doute la plus profonde», a soufflé celui qui a été élu pour la première fois à la Chambre des communes en 1984.

À son arrivée au parlement, mercredi matin, avec les trois élus qui s’étaient rangés dans son camp (Marilène Gill, Xavier Barsalou-Duval et Mario Beaulieu), Martine Ouellet se disait prête à tendre la main aux sept députés dissidents et à travailler sur sa personnalité.

Les jeunes s’invitent

Mais en même temps, quelques heures auparavant, l’aile jeunesse de son parti avait lancé contre les élus mécontents (Louis Plamondon, Luc Thériault, Rhéal Fortin, Gabriel Ste-Marie, Monique Pauzé, Michel Boudrias et Simon Marcil) une véritable attaque en règle.

Le Forum jeunesse du Bloc québécois (FJBQ) présidé par l’ancienne attachée de presse de Mme Ouellet, Camille Goyette-Gingras, leur avait servi une mise en garde.

«Vous, chers députés, avez un choix à faire. Vous avez une responsabilité, une redevabilité envers le mouvement indépendantiste, le parti, les militants qui vous ont fait élire et les membres qui travaillent chaque jour à promouvoir le Bloc», disait le communiqué.

«Il serait FORT dommage qu’une fois de plus, vous vous placiez en porte-à-faux avec tous ces gens qui soutiennent le parti et qui soutiennent la cause. Vos actions susciteront véritablement des réactions et des conséquences qu’il faut à tout prix éviter», ajoutait-on.

Cette nouvelle crise, la deuxième depuis juin, a été déclenchée par la démission du député Gabriel Ste-Marie de son poste de leader parlementaire en Chambre, une semaine après le conseil général du parti où Martine Ouellet a prononcé un discours controversé.

Elle disait alors sentir de la résistance au sein de son parti et vouloir changer les «mêmes recettes qui sont là depuis 25 ans» pour remettre l’indépendance au centre des actions bloquistes.