Le chef conservateur fédéral Andrew Scheer a profité de son passage à Lévis pour avoir une discussion avec le premier ministre François Legault concernant le troisième lien.

Scheer s’engage à être un partenaire du troisième lien

Le chef conservateur fédéral Andrew Scheer s’est engagé à être un partenaire de la construction d’un troisième lien à l’est entre Québec et Lévis.

Livrant un discours devant le public conquis de la Chambre de commerce de Lévis jeudi, M. Scheer a soutenu que la construction d’un pont ou d’un tunnel à l’est de Québec était «une excellente idée» et que s’il était porté au pouvoir, il y aurait certainement des enveloppes disponibles chez Chantiers Canada pour financer le projet.

«Il y a plusieurs façons pour le gouvernement fédéral d’appuyer ce projet […] On peut être là avec l’argent fédéral, c’est à vous [les villes et les provinces] de prioriser les projets», a-t-il soutenu.

Le troisième lien a également fait partie de la discussion que M. Scheer a eue en matinée avec le premier ministre du Québec François Legault, qui s’est déjà engagé à débuter sa construction d’ici 2022. «Il semble assez clair que le nouveau gouvernement québécois veut en faire une priorité, et ils trouveront un partenaire très réceptif à Ottawa en 2019 quand mon gouvernement sera en place», a déclaré M. Scheer.

Selon lui, il ne sert à rien de «mettre en opposition les automobilistes et les usagers du transport en commun». Son éventuel gouvernement voudra travailler sur les deux fronts, question d’améliorer la qualité de vie et la productivité des citoyens.

M. Scheer est aussi d’avis que la construction d’un troisième lien entre les deux rives, en plus d’être «important pour la croissance économique de la Ville de Québec», «c’est mieux pour l’environnement» que de voir de longues files de voitures prises dans les bouchons de circulation. C’est devant cette même chambre de commerce que François Legault avait dit, en mai dernier, que le troisième lien serait bon pour l’environnement.

Appelé à s’engager pour la peinture du pont de Québec, M. Scheer s’est fait plus prudent. «Un gouvernement conservateur en 2019 va être ouvert à régler cette situation.»

Main tendue à Labeaume

Après son discours, M. Scheer s’est rendu à l’hôtel de ville de Lévis pour une rencontre d’environ une heure avec le maire Gilles Lehouillier. Le maire croit qu’il n’y «a plus de tensions» dans la région et qu’un large consensus s’est formé autour de la nécessité de construire ce troisième lien routier. C’est la raison pour laquelle tous les partis politiques fédéraux devraient pouvoir s’engager à financer la future infrastructure selon lui.

M. Lehouillier croit que le maire de Québec Régis Labeaume est maintenant isolé sur cette question, et il lui tend la main. «Oublions l’an passé, la nouvelle est arrivée!» a-t-il lancé, en citant la chanson populaire.

Si le gouvernement actuel n’a pas besoin de l’accord de M. Labeaume pour procéder, M. Lehouillier espère quand même que son homologue de Québec donnera son appui au projet. «C’est certain que c’est le monde idéal», que la région au complet soit unie «pour réaliser nos projets de mobilité durable».

***

MAXIME BERNIER, C'EST QUI ÇA?

Andrew Scheer sera de retour dans la région samedi pour annoncer qu’il fait confiance à Richard Lehoux pour être candidat conservateur en Beauce à l’élection de 2019.

Déterminés à battre le député actuel Maxime Bernier, qui vient de quitter le Parti conservateur du Canada pour fonder son propre parti, le Parti populaire du Canada, les conservateurs misent sur l’ancien président de la Fédération des municipalités du Québec et ex-maire de Saint-Elzéar.

Lors d’un échange avec l’animateur du dîner de la Chambre de commerce de Lévis jeudi, M. Scheer s’est montré confiant de l’emporter en Beauce. Il a même lancé à la blague : Maxime Bernier, «c’est qui ça?»

Selon lui, M. Bernier ne divisera pas vraiment le vote. «Les gens restent avec nous et sont heureux d’être avec nous», croit M. Scheer. Le chef conservateur sera à Saint-Elzéar en Beauce samedi pour galvaniser ses députés québécois qui seront réunis en caucus.