De son côté, l’UPA «s’explique mal» la sortie de M. Duval, selon un communiqué diffusé vendredi. Le président de l’Ordre «blâme maladroitement» les agriculteurs et l’UPA, de l’avis du président de l’UPA, Marcel Groleau.

Relations tendues entre l'UPA et l'Ordre des agronomes du Québec

Les relations sont tendues entre l’Ordre des agronomes du Québec et l’Union des producteurs agricoles (UPA): l’ordre professionnel accuse même les agriculteurs de ne pas respecter toutes les règles.

Les deux organisations croisent le fer, dans la foulée de l’affaire Louis Robert, cet agronome congédié par le ministère de l’Agriculture pour avoir voulu alerter l’opinion publique sur l’influence de l’industrie des pesticides. Cette affaire a lancé un vaste débat social sur l’usage des pesticides au Québec, qui pourrait aboutir à une commission parlementaire.

L’Ordre des agronomes condamne les propos récents du président de l’UPA, Marcel Groleau, sur les «agronomes liés», c’est-à-dire les agronomes à l’emploi des entreprises qui produisent des pesticides.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne vendredi, un porte-parole de l’Ordre a rappelé qu’il «représente tous les agronomes et que ses membres sont liés par un code de déontologie, et ce serait un lien trop facile d’accuser tous les agronomes liés par l’industrie en disant qu’ils n’ont que des intérêts financiers».

Le responsable de l’Ordre, qui a requis l’anonymat, a décrit les rapports avec le syndicat agricole comme une «relation amour-haine» plutôt «difficile» actuellement.

«On est obligé de travailler avec eux, on va se rasseoir avec eux concernant le dossier des pesticides», a-t-il poursuivi.

Dans une longue lettre ouverte parue jeudi, le président de l’Ordre, Michel Duval, reproche aux agriculteurs d’épandre des pesticides en bordure des cours d’eau et des fossés, malgré la réglementation et les études contraires. Au moindre ruissellement les pesticides aboutiraient ainsi dans le cours d’eau à proximité.

«L’ignorance et le manque de formation (des agriculteurs) ne peuvent être utilisés comme excuse pour une mauvaise gestion de l’utilisation des pesticides», écrit-il, en rappelant qu’il existe pourtant un grand nombre de journées de formation et de dépliants destinés aux agriculteurs.

Il accuse l’UPA d’être «en partie complice» du désengagement de l’État québécois dans le conseil aux producteurs agricoles, qui s’est traduit par une diminution de 33 pour cent du nombre d’agronomes à l’emploi du ministère de l’Agriculture, de 2010 à 2018.

De son côté, l’UPA «s’explique mal» la sortie de M. Duval, selon un communiqué diffusé vendredi. Le président de l’Ordre «blâme maladroitement» les agriculteurs et l’UPA, de l’avis du président de l’UPA, Marcel Groleau.

Rappelons que les députés ont reporté jeudi un vote sur la tenue d’une commission parlementaire sur les pesticides, faute d’avoir pu s’entendre sur la formulation du mandat. Ils se prononceront au retour de la relâche dans deux semaines.

Le député péquiste Sylvain Roy, à l’origine du mandat d’initiative demandé, voulait que la commission examine «les impacts sur la santé publique et l’environnement de l’utilisation de produits chimiques tels que les pesticides dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation».

L’Ordre des agronomes est en faveur de ces consultations sur les pesticides.