Justin Trudeau dit qu’il accueillera à bras ouverts les propositions d’amendements des partis d’opposition sur le projet de loi qui vise à réformer les élections et les pratiques des formations politiques.

Réforme électorale: Trudeau se dit ouvert

OTTAWA — Justin Trudeau dit qu’il accueillera à bras ouverts les propositions d’amendements des partis d’opposition sur le projet de loi qui vise à réformer les élections et les pratiques des formations politiques.

Face aux demandes répétées des conservateurs, le premier ministre a martelé mardi qu’il était prêt à entendre leurs propositions pour modifier le projet de loi C-76 du gouvernement libéral.

L’opposition officielle demande au gouvernement d’encadrer les publicités gouvernementales et les dépenses des ministres, en plus de leur interdire de voyager pendant les trois mois précédant le déclenchement des élections.

M. Trudeau a réitéré ce message lorsque le chef conservateur, Andrew Scheer, a déploré que la loi n’interdise pas aux groupes militants d’utiliser des ressources étrangères en vue d’influencer les élections.

M. Scheer a toutefois remis en question la sincérité du premier ministre, soulignant que Justin Trudeau avait «ordonné» à Élections Canada d’implanter les modifications contenues dans le projet de loi, avant même qu’un débat ne se tienne sur le sujet.

Le chef conservateur a accusé le premier ministre Trudeau de «truquer les règles» à son avantage.

Le député néo-démocrate Nathan Cullen a pour sa part reproché au gouvernement «d’intimider» les partis d’opposition en les menaçant de couper court au débat.

Le projet de loi C-76 annulerait plusieurs réformes adoptées sous l’ancien gouvernement conservateur, dont la controversée Loi sur l’intégrité des élections.

Il limiterait notamment les dépenses des partis politiques et des groupes militants pendant les trois mois précédant le déclenchement des élections.

Mais si les dépenses et publicités gouvernementales ou les voyages ministériels ne sont pas interdits en parallèle, cela avantagera les libéraux au pouvoir et nuira aux partis d’opposition, avance M. Scheer.

«Ce qu’il fait, c’est de limiter la capacité des partis d’opposition d’entamer un dialogue avec les Canadiens, tout en refusant d’appliquer ces mêmes restrictions à son propre gouvernement», a-t-il décrié.

M. Trudeau a répondu en attaquant l’ancien gouvernement de Stephen Harper, qui avait selon lui imposé des réformes malgré le désaccord des partis d’opposition, du directeur général des élections et de la plupart des experts. Il a insisté pour dire que son gouvernement agira différemment.

«Nous encourageons les membres de l’opposition à proposer des amendements et des propositions, parce que contrairement à eux, lorsqu’ils étaient au pouvoir, nous sommes ouverts aux suggestions pour améliorer la démocratie au Canada», a-t-il rétorqué.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) prétend toutefois que M. Trudeau s’inspire de l’approche Harper. Les libéraux ont menacé d’imposer une limite de temps sur les débats et n’ont consulté les partis d’opposition ni sur le contenu du projet de loi ni sur la nomination de Stéphane Perrault comme nouveau directeur général des élections.

«Pourquoi les libéraux ne travaillent pas avec nous au lieu de nous intimider?», a lancé le député Nathan Cullen.