Le crédit d’impôt prévu dans le budget 2018-2019 permettra à une entreprise de presse de bénéficier d’une aide fiscale pouvant atteindre un maximum de 7 millions $.

Québec réaffirme son engagement à soutenir la presse écrite

Reconnaissant que le marché est fragilisé par une importante diminution des revenus publicitaires, le gouvernement du Québec réaffirme son engagement à soutenir le secteur de la presse écrite.

Québec «va plus loin» en offrant un crédit d’impôt remboursable aux médias écrits qui poursuivent leur transition vers le numérique, estime la ministre de la Culture, Marie Montpetit. 

«J’ai été interpellée particulièrement par le message qui a été lancé par les médias sur les difficultés, sur la crise qui est vécue en ce moment à cause du déplacement des revenus publicitaires vers les grands joueurs» du Web, qui accaparent environ 65% du total des revenus publicitaires des journaux, a commenté mardi Mme Montpetit. 

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La ministre refuse toutefois d’interpeller directement son homologue à Ottawa, Mélanie Joly, pour que le gouvernement fédéral emprunte la même voie que celle annoncée par la province. 

«Le fédéral n’a pas pris cette voie, mais pour nous, c’était fondamental de soutenir la presse écrite», a réagi Mme Montpetit à l’annonce du budget 2018-2019.

Questionnée si elle entendait communiquer ses préoccupations à la ministre Joly après la sortie du budget, Marie Montpetit a répondu que son homologue à Ottawa sera «au courant» à la fin de la journée de mardi et «qu’elle pourra prendre les décisions en conséquence».

64,7 millions $ sur cinq ans  

Le crédit d’impôt prévu dans le budget 2018-2019 du gouvernement s’ajoute à d’autres mesures de soutien qui ont été annoncées dans les derniers mois. Une annonce en ce sens avait aussi été faite dans le budget du gouvernement pour l’année 2017. 

Le crédit, qui totalise un montant de 64,7 millions $ sur cinq ans, permettra à une entreprise de presse de bénéficier d’une aide fiscale pouvant atteindre un maximum de 7 millions $. Dans le détail, les dépenses admissibles d’un maximum de 20 millions $ pourront être remboursées à hauteur de 35%. Le crédit est remboursable, ce qui signifie qu’une entreprise, même si elle n’enregistre pas de revenus, peut quand même bénéficier de la mesure fiscale. 

Pour la ministre Montpetit, ce crédit représente une façon «de soutenir l’industrie de façon complètement indépendante», puisqu’elle s’applique à tous les médias admissibles qui en font la demande.

Groupe Capitales Médias satisfait

En réaction à la mesure prévue au budget, le président du Groupe Capitales Médias et éditeur du Soleil, Claude Gagnon, a salué l’initiative du gouvernement, le seul au pays à signifier clairement sa volonté à soutenir la presse écrite, juge-t-il. 

«Le gouvernement pose des bons gestes, et il reconnaît qu’on a besoin d’aide», a commenté M. Gagnon. «Ce serait bien si le fédéral exprimait une volonté similaire», a-t-il poursuivi. 

M. Gagnon a signifié son désir de prendre le temps d’analyser les détails du crédit d’impôt annoncé avant de commenter davantage. «On va voir avec le ministère comment tout ça va s’opérer», a-t-il conclu.

Dans un communiqué, Le Devoir exprime avoir accueilli favorablement la mesure annoncée par le gouvernement. «Ce programme place le Québec à l’avant-garde des nations qui ont compris l’importance de soutenir le virage numérique des médias. Les dépenses admissibles s’arrêtent au seuil des salles de rédaction. L’indépendance journalistique ne sera donc pas affectée», a commenté le directeur du Devoir, Brian Myles.