Donald Trump et Justin Trudeau ne sont pas sur la même longueur d'onde en matière d'échanges commerciaux.

Quand Trump cause de chiffres avec Trudeau...

WASHINGTON — Donald Trump a régalé ses partisans lors d’un rassemblement en Floride vendredi soir en leur racontant un différend qu’il a eu avec le premier ministre Justin Trudeau, saupoudrant son récit de statistiques douteuses sur le commerce international.

Le président américain a raconté à la foule qu’il avait eu une discussion à huis clos avec Justin Trudeau au sujet de la balance commerciale des États-Unis avec le Mexique et le Canada.

Donald Trump s’est plaint que les États-Unis avaient un déficit commercial de 71 milliards $US avec le Mexique et qu’ils avaient également un déficit avec le Canada. 

«J’aime beaucoup le premier ministre. Le premier ministre Trudeau. Un gars très gentil. Un bon gars. Non, je l’aime bien. Mais nous avons eu cette réunion. Il a dit : ‘‘Non, non, vous avez un excédent commercial.’’ J’ai répondu : ‘‘Non, ce n’est pas le cas.’’ Il a répliqué : ‘‘Non, non, vous avez un excédent commercial’’.

«[M. Trudeau] a dit : ‘‘Je vous dis que le Canada a un déficit avec les États-Unis.’’ J’ai demandé à mes gens, devant beaucoup d’autres gens, j’ai dit : ‘‘Allez vérifier.’’

«[M. Trudeau] avait raison. Sauf qu’il avait oublié deux catégories : le bois d’œuvre et l’énergie. Sinon, il avait raison. Mais quand on additionne tout, nous avons en fait un déficit de 17 milliards $ avec le Canada.»

Ce n’est pas ce que disent les statistiques de son propre gouvernement. Les chiffres fournis sur le site du bureau des U.S. Trade Representatives, qui sont chargés de gérer les négociations pour l’ALÉNA, indiquent : «L’excédent commercial des États-Unis pour le commerce des marchandises et des services avec le Canada était de 12,5 milliards $US en 2016.»

M. Trump a plusieurs fois menacé de se retirer de l’ALÉNA afin d’exercer de la pression sur le Mexique et le Canada à la table des négociations. Vendredi, en Floride, il a déclaré : «Avec un peu de chance, nous allons conserver l’ALÉNA. Mais il y a une chance que nous ne le gardions pas. Et c’est correct.»