Pour Québec solidaire, le gouvernement devrait utiliser les 3,5 milliards $ de surplus pour «éteindre les feux allumés par les libéraux dans les services publics».

QS craint une autre vague d’austérité

Québec solidaire (QS) craint que les services publics ne subissent une autre vague d’austérité, même s’il y a des surplus dans les coffres de l’État.

«Pendant des années, on a justifié les coupures en parlant de déficit au Québec. Il n’y en a plus, de déficit, aujourd’hui. Il y a de l’argent dans les coffres. Alors, la Coalition avenir Québec [CAQ] est devant un choix : continuer l’austérité libérale sous un nouveau nom ou enfin prendre soin des gens», a exposé Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire, à la sortie du caucus de son parti mercredi.

Les 10 élus de QS se disent prêts à défendre les services, notamment en santé et en éducation, au cours de la session parlementaire qui débutera la semaine prochaine. Selon M. Nadeau-Dubois, les 3,5 milliards $ de surplus, «ça pourrait servir à rebâtir en partie nos écoles, ça pourrait donner du répit à nos infirmières, ça pourrait aussi soulager le fardeau tarifaire des gens». 

Au lieu de cela, il déplore que le premier ministre ait «demandé à presque tous ses ministères de faire une nouvelle ronde d’économies, donc de coupures de bout de chandelle pour financer ses priorités». 

Réuni avec son caucus à Gatineau, le premier ministre François Legault a confirmé qu’il avait demandé aux ministères de faire certains «gains d’efficacité», mais il a soutenu que ce resserrement des dépenses, déjà prévu au cadre financier de la CAQ en campagne électorale, ne touchera pas les services à la population. 

Pour Québec solidaire toutefois, c’est l’occasion d’utiliser les surplus pour «éteindre les feux allumés par les libéraux dans les services publics».

Trois idées environnementales

QS s’est également présenté en «bon joueur» mercredi en proposant au gouvernement Legault de piger dans ses propositions environnementales. Le parti a sélectionné trois idées de «gros bon sens» que le gouvernement pourrait appliquer rapidement et qui ne «coûtent pas cher». 

Il réclame d’abord, tout comme le Parti québécois, la création d’une loi-cadre sur le climat. Cette loi s’assurerait que le Québec s’attaque à la dette climatique qu’il laisse à ses enfants. 

QS propose également de réformer le Code de construction du Québec afin d’instaurer des «quotas» d’utilisation du bois d’œuvre dans les nouveaux bâtiments. Pour réduire les GES, le parti veut que 80 % des bâtiments non résidentiels soient construits avec des charpentes de bois, au lieu de 20 % présentement. Cette mesure aurait aussi pour effet d’assurer des emplois forestiers en région.  

Enfin, QS propose que le gouvernement s’assoie avec les municipalités pour ajouter dès que possible des autobus et des voies réservées aux autobus sur les grands axes routiers. 

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LE RACISME SYSTÉMIQUE ENCORE PRÉSENT, SELON MANON MASSÉ

Deux ans après l’attentat à la mosquée de Québec, les discours haineux envers les minorités n’ont pas diminué et la situation ne s’est pas améliorée au Québec, croit Manon Massé.

«Quand on parle de racisme systémique, il est présent au Québec et il faut se donner les moyens de le combattre», a soutenu mercredi la co-porte-parole de Québec solidaire, en marge du caucus de son parti. 

Dans son discours à la cérémonie de commémoration de l’attentat à la mosquée de Québec mardi soir, la politicienne a enjoint les Québécois à combattre leurs «démons». 

«Il faut que collectivement on se dise que des prises de parole qui suscitent la peur de l’autre, qui suscitent le fait de rejeter l’autre sans le connaître, que ces discours-là, il faut être prudents», a-t-elle expliqué le lendemain. 

Même si les statistiques officielles démontrent une diminution du nombre de crimes haineux, Mme Massé estime que «la pression n’a pas descendu» envers les minorités visibles.