La présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse Tamara Thermitus

PQ et CAQ veulent le départ de la présidente de la Commission des droits de la personne

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont tous deux réclamé, mardi, la démission de la présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Tamara Thermitus.

Ils ont fait cette annonce après que la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, eut rendu public un rapport indépendant sur la situation qui prévaut à la commission, à l’occasion de l’étude des crédits de son ministère.

La CDPDJ connaît plusieurs difficultés liées à la gouvernance, à la gestion des ressources humaines et aux communications.

Selon l’auteure du rapport, l’ancienne sous-ministre Lise Verreault, Mme Thermitus a un style de gestion qui «a tendance à créer de la résistance et de la démobilisation pour le personnel». Elle n’aurait pas la capacité ni les compétences pour apporter des changements et «redresser la situation».

C’est un rapport «très dur» et «non équivoque», a constaté la vice-chef du PQ, Véronique Hivon, qui, avec le député caquiste Simon Jolin-Barrette, a promptement demandé la démission de Mme Thermitus.

«Nous avons perdu toute confiance dans la personne de la présidente, a affirmé Mme Hivon. Nous jugeons que Mme Thermitus doit démissionner dès maintenant.

«Si elle ne démissionne pas aujourd’hui [mardi], il est de notre avis que l’Assemblée nationale va devoir retirer sa confiance à l’endroit de la présidente», a-t-elle ajouté. Il s’agirait là d’un geste sans précédent.

La ministre de la Justice a déposé le rapport Verreault au Salon bleu, mardi, afin que tous les députés puissent en prendre connaissance et en discuter. «Le statut de la présidence ne relève pas que de moi, mais de l’Assemblée nationale», a-t-elle soutenu.

Arrêt de travail

Tamara Thermitus a été nommée présidente de la CDPDJ en février 2017 par l’Assemblée nationale. Elle est en arrêt de travail depuis octobre dernier.

Le rapport Verreault dresse un portrait de la situation à l’automne 2017, et reconnaît plusieurs qualités à Mme Thermitus, dont son «excellente réputation en droit et de grandes compétences juridiques». Le rapport identifie néanmoins de sérieuses carences au niveau de la gestion du personnel.

«La façon dont la présidente gère son personnel a soulevé un nombre important de commentaires négatifs durant les entrevues. Le mécontentement est généralisé», peut-on y lire.

«Des allégations soulevées contre la présidente ont souvent rapport à des comportements contraires à l’éthique, à l’utilisation d’un langage inapproprié et à l’adoption de pratiques irrespectueuses», poursuit l’ex-sous-ministre dans son rapport, en ajoutant qu’une enquête de la Protectrice du citoyen est d’ailleurs toujours en cours.

Le rapport «apporte des recommandations importantes», a pour sa part réagi le président par intérim de la commission, Philippe-André Tessier.

«Nous allons examiner celles-ci avec sérieux et ouverture, a-t-il écrit dans un communiqué. Actuellement, améliorer la qualité de nos services est au coeur de toutes nos actions. C’est donc avec la plus grande attention que nous allons analyser ce rapport afin de profiter de cet avis externe sur le fonctionnement de notre institution.»

Concernant la gouvernance, la commission souligne que mis à part deux départs récents, tous les postes de membres de la Commission et de gestionnaires qui étaient vacants l’an dernier ont été comblés.

«Les employés de la commission sont engagés et professionnels. Ils ont poursuivi leur excellent travail malgré les récents changements au sein de la haute direction et regardent vers l’avant. Au-delà de la présidence, il y a toute une organisation qui assure le fonctionnement quotidien des opérations de la commission», a ajouté M. Tessier.

La CDPDJ a le mandat d’assurer le respect et la promotion des principes énoncés dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Elle assure aussi la protection de l’intérêt de l’enfant, ainsi que le respect et la promotion des droits qui lui sont reconnus par la Loi sur la protection de la jeunesse. Elle veille également à l’application de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics.